Les lectures oubliées de 2013 : les LDVELH

Je me rends compte qu’un certain nombre de lectures de cette année n’ont pas eu le droit à une chronique. Alors plutôt que de ne pas en parler, ou d’écrire dans un futur indéterminé une hypothétique chronique, je vais faire de rapides retours de lectures.

Premiers à y passer, logiquement, les LDVELH lus ces derniers mois.

imageLe Repaire des Morts Vivants, par Dave Morris et Jamie Thomson

Le dernier que j’ai lu. J’en gardais un bon souvenir, puisqu’il m’avait inspiré des noms de lieux et de personnages dans la première mouture de L’éclat de Miriel Ithil. Ah, le Général Gurkon ! En le rejouant, j’ai retrouvé cette ambiance qui m’avait plu à l’époque. Manque de chance pour moi, j’ai choisi sans le savoir la route plus simple et directe. Du coup, je l’ai emporté du premier coup en ratant de chouettes rencontres. Peu importe, le potentiel de rejouabilité est excellent entre les divers chemins possibles et les différents moyens de venir à bout du grand méchant. Sans oublier les mini-quêtes facultatives. Un kill the sorcerer pas si classique que ça.

imageLe Talisman de la Mort, par Mark Smith et Jamie Thomson

J’avais lu beaucoup de bien de ce titre, que je n’avais jamais eu ou lu auparavant. Première remarque : je n’ai pas réussi encore à le terminer. J’étais arrivé très loin dans ma progression avant de me faire laminer dans un combat que je ne pouvais pas gagner tant j’étais affaibli par la route qui m’avait amené là. Je le reprendrai cependant avec plaisir car il est d’une grande richesse dans les situations que l’on aborde. De l’infiltration pour récupérer un objet, aux choix moraux (est-ce que j’aide le bijoutier ou les braqueurs), de l’exploration aux combats, il y a un peu de tout. Originalité dans la situation de départ puisque nous jouons un humain venu de notre monde qui se retrouve propulsé dans le monde d’Orb (celui que les auteurs développeront dans la série La Voie du Tigre). Un très bon titre, une excellente entrée dans l’univers des LDVELH par sa richesse et sa difficulté tout à fait abordable.

02_foret_maledictionLa Forêt de la Malédiction, par Ian Livingstone

Aventure sympathique et forestière, qui invite à l’exploration. Une structure amusante qui permet de refaire l’exploration de la forêt jusqu’à obtenir tous les morceaux du marteau que l’on doit retrouver. Je le reconnais, il m’a fallu tricher une fois pour en venir à bout, à cause d’un jet de dé que je n’aurais pas réussi sinon. Le plus drôle, c’est qu’au bout d’un moment, on se balade avec une brouette d’objets, puis une remorque… Mais que le personnage n’en ai pas pénalisé. Pas très réaliste, mais une aventure assez fun avec de nombreuses péripéties. Un bon moment de lecture-jeu, même s’il y a un manque certain d’originalité et d’aspect héroïque.

07_ile_du_roi_lezardL’Île du Roi-Lézard, par Ian Livingstone

Une autre aventure que j’ai terminée du premier coup, en prenant par hasard le chemin optimal. Avec de la chance aux dés à la création du personnage, tout s’est passé plutôt tranquillement. J’ai passé un moment plaisant, sur cette île où l’on croise toutes sortes de créatures plus ou moins mutantes. Peut-être parce que j’ai peu galéré pour le terminer, ce titre m’a laissé un peu sur ma faim et m’a moins marqué que mes autres lectures depuis cet été. Pas un mauvais titre en soi, mais quand le challenge se trouve autant réduit par les objets récupérés au passage, il manque quelques palpitations lors de l’affrontement final.

Enfin, la série Sorcellerie !, par Steve Jackson (UK)

Cette série mériterait à elle seule de nombreux articles pour en parler en détail. Elle fourmille de trouvailles géniales et se révèle clairement à la hauteur de sa réputation d’être une des meilleures séries de LDVELH, si ce n’est la meilleure pour certains. Mais je vais faire au plus court, puisque je sens que sinon je vais encore rester plusieurs mois sans retour de lecture la concernant… Partons sans tarder en quête de la Couronne des Rois qui a été dérobées par l’infâme Archimage de la Citadelle de Mampang.

01_collines_malefiques_ed1Tout débute avec Les Collines Maléfiques. On nous charge de la mission et après charge à nous de nous rendre jusqu’à la cité de Kharé, première étape de notre périple. Globalement, ce premier tome est une mise en jambe presque bucolique. Il n’y a pas de réel passage obligé et de nombreux chemins mèneront à la destination finale. Bien entendu, chaque chemin proposera son lot de rencontres et d’objets utiles pour la suite de l’aventure. C’est la premier point fort de la série : la cohérence sur la durée. Un objet trouvé dans ce premier tome ne servira peut-être qu’à jeter un sort dans le dernier tome. Là on se familiarise avec la magie, on mémorise les sorts essentiels, on tire conséquence de certaines erreurs (notamment lorsque l’on ne peut pas posséder le bon ingrédient pour lancer un sort). Seul le combat final m’a semblé difficile, en décalage avec la simplicité globale de cet apéritif aventureux. On finit par atteindre les portes de Kharé.

02_cite_pieges_ed1Nous arrivons ainsi à La Cité des Pièges. Changement d’ambiance. Exit la promenade en pleine nature, et bienvenue dans les ruelles nauséabondes et dangereuses de Kharé. Notre mission est simple : découvrir les vers qui formeront le message permettant d’ouvrir les portes à l’autre bout de la cité. Plus facile à dire qu’à faire honnêtement. La Cité des Pièges mérite bien son nom et il faudra faire preuve d’astuce, de prudence et de bon sens pour s’extraire vivant des rues poisseuses de danger, et avoir la chance de son côté par moment aussi. La difficulté est relativement élevée avec un grand nombre de points de passage obligatoire. Jusqu’au dernier moment, on ne sait pas si on va s’en sortir. Parvenir au terme donne vraiment l’impression d’avoir relevé un bon challenge. Comme dans le 1er tome, il faudra faire des choix judicieux pour obtenir des bonus pour l’aventure suivante.

03_sept_serpents_ed1Une fois franchie la porte permettant de quitter Kharé, nos ennuis sont loin d’être terminés. En effet, Les Sept Serpents sont partis en direction de Mampang pour avertir l’Archimage de notre mission et de notre arrivée prochaine (si on s’en sort et que l’on parvient à sa citadelle, ce qui semble loin d’être gagné à ce moment de l’aventure). Maintenant, c’est simple (enfin pas tant que ça) : il faut stopper les Sept Nazgûls… euh Serpents avant qu’ils n’atteignent Mampang. Ouais, ben c’est loin d’être simple parce qu’il faudra 1) Les débusquer en ayant pris soin 2) de trouver auparavant leurs points faibles. Là on sent l’OTP monstrueux. Tellement monstrueux que je crois me souvenir n’avoir trouvé que 2 ou 3 des Serpents. Ce qui n’empêche pas (heureusement) d’atteindre Mampang. Mais avec un effet de surprise quelque peu compromis… À savoir que, selon le nombre de Serpents tués, votre personnage que vous avez incarnés pendant déjà trois aventures récoltera malus ou bonus qui pourraient être d’un grand secours (ou un sacré boulet) pour la suite. Autre trouvaille géniale car cela s’apparente à un système d’expérience qui permet de faire progresser ou régresser le personnage selon son degré de réussite. Il va sans dire que ce tome a un potentiel de rejouabilité énorme et que je le rejouerai avec un grand plaisir jusqu’à trouver la route menant aux Sept Serpents.

04_couronne_roisMais nous voici parvenus à Mampang, plus ou moins en bon état, et il est temps d’entrer dans la citadelle pour récupérer La Couronne des Rois. Entrer dans la citadelle, c’est un peu vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué puisque nous sommes juste au pied de la montagne où elle se dresse. L’occasion de rencontres mémorables, si l’on ne tombe pas dans un nouveau piège en cours de chemin. On finira par entrer dans Mampang bien sûr, et là encore Steve Jackson nous montre qu’il n’est pas le père des LDVELH pour rien. Les trouvailles sont nombreuses, les rencontres amies ou ennemies également et il faudra beaucoup de chance et de jugeotte pour parvenir à déjouer les innombrables pièges de la série et parvenir jusqu’à l’Archimage pour se retrouver face à… ce qui m’est apparu comme l’idée la plus géniale de la série, mais aussi la plus terrible potentiellement. Je n’en dit pas plus, j’ai suffisamment évoqué sur ce blog à quel point je regrettais d’avoir triché (sans le vouloir en prime) et d’avoir loupé tout cet aspect du récit.

Vous l’aurez compris, cette série est formidable et mérite plus qu’amplement sa réputation. Si vous ne devez jouer que quelques LDVELH dans votre vie, placez ces quatre tomes en bonne position sur votre liste, vous vous ferez plaisir. Mais attention aux crises de nerfs parce que la difficulté est gratinée par moment et il ne faudra pas avoir peur de s’y reprendre à plusieurs reprises (juste pour info, il m’a fallu plus d’une quarantaine d’essais si je me souviens bien pour finir La Couronne des Rois, et sans prendre la route attendue à cause d’un bug que je n’ai pas senti sur le moment).

Voilà pour le premier des bilans lectures de 2013. À bientôt pour la suite, avec les lectures numériques de cette année dont je n’ai pas parlé.

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De la triche dans les LDVELH

Qui dit LDVELH, dit pièges mortels, choix peu judicieux, curiosité malvenue menant au trépas et dés malveillants provoquant notre malchance. Et une fin d’aventure prématurée. La tentation est alors forte de recourir à divers subterfuges et la résistance du lecteur peut être sérieusement entamée alors qu’il essuie un énième revers. Il finit par céder au chant des sirènes. Il triche !

Ne regardez pas vos pieds d’un air gêné, on est tous passé par là au moins une quelques fois. Certes, un village d’irréductibles lecteurs parvient encore à résister à la tentation avec panache, mais globalement on y a cédé plus ou moins régulièrement. Et je ne suis pas le dernier concerné.

16_defis_sanglants_oceanEn toute honnêteté, je me lance toujours dans une aventure à la régulière, sans envie de me gâcher la lecture en trichant. La seule entorse que je me permets, c’est lors du tirage des caractéristiques. Par exemple, si j’attaque un des Défis Fantastiques, au lieu de jeter un dé pour mon HABILETÉ, deux autres pour l’ENDURANCE et enfin un dernier pour la CHANCE, je jette quatre dés en même temps et les repartis selon mon bon vouloir.

À partir de là, j’ouvre un compteur de tentatives pour savoir combien d’essais il m’a fallu pour l’emporter. Mes 10 ou 15 premières tentatives (un peu moins dans les premiers volumes que j’ai ouvert cet été, mais maintenant je m’y tiens), j’essaie de ne pas recourir aux subterfuges que je vais décrire ci-après. D’ailleurs, si je tire des caractéristiques bien moisies, j’utilise cet essai pour explorer des chemins un peu différents. J’ai testé pas mal de chemins de Défis sanglants sur l’océan avec des personnages kamikazes aux caractéristiques ne permettant pas de survivre très longtemps (même si j’ai parfois été surpris).

Et puis vient l’échec de trop. Souvent à cause d’un mauvais choix de ma part (du style je suis allé à gauche a un lieu de droite et je suis tombé dans un piège que rien ne laissait présager) ou pire encore, d’un jet de dés fatal. Rien n’est plus frustrant que de perdre sur un lancer malchanceux (et là je ne parle pas de tenter ma chance). J’enclenche alors le premier niveau de triche : les « points de sauvegarde ». Je reprends l’aventure à partir d’un moment clé, sans reprendre depuis le début. Et j’ajoute un bâton supplémentaire au nombre de tentatives. Par la suite, je reste sur cette stratégie, choisissant après chaque nouvel échec un paragraphe qui me permette de reprendre à un moment « intéressant ». Parfois, mais pas systématiquement, je remets ma feuille d’aventure dans l’état dans lequel elle était à mon premier passage à ce paragraphe. Tout en continuant à comptabiliser chaque nouvelle tentative bien sûr.

Arrivé à un certain nombre d’échecs, je passe au niveau 2 de triche, celui qui rend le jeu bien moins palpitant et qui marque un début de lassitude face à la répétition des revers : le grand classique du doigt qui reste entre deux pages alors que je vais voir ce qui se passe aux divers paragraphes possibles et en choisissant la meilleure solution.

Il reste également l’épineux problème des jets de chance ratés parce qu’il ne nous en reste que 4 points et que la fin se rapproche. Que passer à la suite de l’aventure passe par la réussite obligatoire à ce jet-là. Aussi bizarre que ça puisse paraître, je ne passe jamais au paragraphe suivant en considérant que j’ai réussi le jet. Non. Je renouvelle le jet jusqu’à le réussir et je poursuis le compte des essais (quand même). Je l’ai fait également pour un combat, celui contre la Manticore des Collines Maléfiques (mais je n’ai pas fait le compte de mes tentatives pour ce livre, dommage).

07_ile_roi_lezardÀ titre d’exemples, il m’a fallu 5 tentatives pour terminer La Cité des Pièges, 2 tentatives pour Les Sept Serpents, 39 (!!!) pour La Couronne des Rois, 40 pour Défis sanglants sur l’océan (sans atteindre la victoire en plus) et 1 seule tentative pour L’Île du Roi Lézard (et sans tricher !).

La dernière façon de tricher que j’ai employée depuis que j’ai rouvert des LDVELH, c’est de ne pas effacer la mémoire du personnage en recommençant l’aventure, que ce soit depuis le début ou en repartant d’un paragraphe de mon choix. C’est l’aspect que je trouve le plus délicat à gérer. C’est ainsi que j’ai bouclé La Cité des Pièges au terme de ma 5e tentative seulement. J’ai gardé en mémoire les indices qui sont obligatoires à récolter, même si le nouveau trajet emprunté ne me permettait pas de les apprendre de nouveau. J’avoue qu’avec le recul, je me suis bien gâché le plaisir en trichant ainsi. Le challenge est devenu moins relevé ainsi.

04_couronne_roisMais je crois que le pire moment de triche, celui qui a tué tout l’intérêt du final tel qu’il aurait dû avoir lieu, c’est dans La Couronne des Rois que je l’ai vécu. Dans la série Sorcellerie !, il y a un sortilège légendaire et sa bonne utilisation est une des clés de l’ultime tome. Et en trichant, je suis totalement passé à côté de tout l’aspect génial développé autour de ce sort. De quoi vous dégoûter de recourir à la triche finalement… D’ailleurs, je compte limiter de plus en plus les moments où je vais me laisser tenter. Trop triste de se gâcher le plaisir comme cela. Il vaut mieux laisser son bouquin de côté et d’en jouer un autre le temps d’évacuer la frustration, et le reprendre calmement. Et surtout, tenir une trace du chemin parcouru. Mais ça c’est une autre histoire…

Et vous, comment trich(i)ez-vous ? Avouez-nous tout sans tabou.

La Folie des LDVELH

Je l’évoquais il y a quelques jours, un vent de folie s’est abattu sur moi cet été. Son nom tient en quelques lettres, quelques mots. LDVELH. Livres dont VOUS Êtes le Héros.

Tout est parti d’une envie simple : lire la série Sorcellerie !, écrite par Steve Jackson l’un des papas de ces livres-jeu et considérée comme l’une des toutes meilleures publiées.

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Je possédais déjà les 2 premiers tomes, me manquaient les 2 suivants. Le 4e, La Couronne des Rois, je l’ai trouvé début juillet dans une bouquinerie.

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Restait donc à trouver l’unique tome me manquant. Là je me dis : « Pourquoi ne pas regarder sur le Bon Coin ? ». Hop, ni une, ni deux, je me rends au 235 et tape LDVELH. Et bam. Plusieurs dizaines de réponses. Je trouve Les Sept Serpents, passe la commande et me prépare à attaquer les deux premiers Sorcellerie !

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Mais la graine était plantée. On se sépare de ses LDVELH et on les met en vente sur Internet. Et pire encore, la simple lecture des règles des Collines Maléfiques réveille subitement ce qui m’a scotché gamin/ado sur ma petite dizaine de LDVELH de l’époque, plus ceux prêtés par les copains. Et pour couronner le tout, voilà que se profile l’annuelle Nuit du Livre de Bécherel, que je suis à seulement une heure et demie de route de là-bas à ce moment-là. Donc… j’y vais avec un but en tête : trouver ces petits livres à la tranche reconnaissable entre toutes.

tranches-ldvelh

Une vingtaine de librairies d’occasions (et oui c’est ça la magie de Bécherel, outre son aspect de village de charme à ne pas rater), je contemple mon butin. 11 livres, en me restreignant pour ne pas en prendre davantage.

J’en trouve deux autres le lendemain, puis 8 les deux jours suivants. Tout ça en me concentrant sur certaines séries seulement (faudra que je fasse un article séparé pour parler de certaines de ces séries d’ailleurs et de pourquoi je veux les lire). Certes, c’est aussi pour de la documentation et me replonger dedans avant d’en écrire, mais je pense que c’est le réveil d’une vieille passion restée latente et secouée dans son sommeil par les parutions de Walrus.

Et donc, voilà où j’en suis. L’envie d’écrire un/des LDVELH est plus forte que jamais, celle d’en lire également. J’ai déjà matière à faire, et d’autres arriveront sous peu, grâce aux généreux dons de ceux qui ont suivi la montée progressive de cette folie au cours de l’été. Merci à eux.

En toute logique, attendez-vous à beaucoup entendre parler de ces lectures dans les semaines et mois à venir !