Les 10 livres que vous aimeriez lire cet été ~ Été 2014

L’été approche à grands pas et comme les deux dernières années, l’heure est venue de présenter ma PàL estivale. Cette année, nouveauté : je ne vais pas me contenter de lectures papier puisque ma nouvelle liseuse (l’excellente Kobo Aura) n’a aucun problème d’écran trop photosensible et gère parfaitement la lecture en extérieur, même en plein soleil !

Bref, voici la liste des 10 pour cet été, avec notamment un revenant de l’an passé.

Au programme, de la fantasy, de la fantasy, de la fantasy, de l’inclassable, de la SF, des pirates et, forcément, des LDVELH !

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Défis Fantastiques 16 : Défis sanglants sur l’Océan

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Située à l’extrême nord de la Mer Intérieure, la cité de Tak, repaire de coupe-jarrets, de forbans, de flibustiers de la pire espèce, jouit d’une effroyable réputation. Parmi tous les pirates qui hantent ce port, vous êtes reconnu comme le plus redoutable. Mais vous partagez avec Abdul le Sanguinaire ce sombre honneur. Un partage qui n’est pas fait pour vous plaire, à l’un comme à l’autre. Aussi avez-vous décidé d’un pari : le premier de vous deux qui ralliera l’île de Nippur, dans la Mer du Sud, en ayant amassé le trésor le plus considérable, sera sacré Roi des Pirates. Pillages, abordages, brigandages… tout est permis ! Hissez sans tarder les voiles de la Terrifiante, et bon vent !

Deux dés, un crayon et une gomme sont les seuls accessoires dont vous aurez besoin pour vivre cette aventure. VOUS seul déciderez de la route à suivre, des risques à courir et des créatures à combattre. Alors, bonne chance…

Je vous avais prévenu, il va y avoir beaucoup d’articles en lien avec les LDVELH à partir de maintenant, notamment des retours de lectures.

Commençons par le dernier que j’ai refermé : Défis Sanglants sur l’Océan, seizième aventure dans la série historique : Défis Fantastiques. Il est écrit par Andrew Chapman, à qui l’on doit seulement 5 LDVELH.

Première remarque : on incarne un pirate sanguinaire, prêt à toutes les exactions pour accumuler le maximum de richesse, ça nous change des héros au cœur pur qui sont destinés à sauver le monde !

Deuxième remarque : la liberté d’action est assez colossale, puisque nous pouvons choisir (moyennant les propositions de l’auteur quand même) l’ordre dans lequel on va explorer chaque lieu. Là on atteint déjà une des premières contraintes pour pouvoir l’emporter dans ce LDVELH : trouver une route optimisée pour que le voyage tienne dans les 50 jours qui nous sont impartis. En soi, ce n’est déjà pas évident. De nombreux lieux n’apportent rien de positif et font perdre un temps déjà précieux.

Bien entendu, cette voyage sera l’occasion de retrouver la plupart des thématiques attendues dans un récit de pirates : abordages, explorations d’épaves, rencontres avec de vieilles connaissances qui ne nous ont pas oublié, pillages… Globalement l’ambiance est bien rendue, même si chaque étape est nécessairement trop courte avec la contrainte des 400 paragraphes.

On récupérera des objets magiques en cours de route, mais attention car suivant vos choix, certains bonus a priori causeront votre perte en fin de compte !

Niveau système de jeu, on retrouve les règles classiques des Défis Fantastiques, mais avec deux caractéristiques supplémentaires : la Combativité et la Force d’équipage qui servent pour les combats de groupe (comme les abordages), mais aussi pour déterminer si votre équipage manœuvre le navire avec efficacité. Il va sans dire que la compétence Force d’équipage est essentielle, et que la préserver est une des priorités de l’aventure.

J’ai cependant trouvé dommage que les règles ne permettent pas d’épargner un adversaire pour le vendre comme esclave ou de pouvoir utiliser ses prisonniers pour remplacer l’équipage disparu. Ce dernier point étant crucial car les possibilités d’acheter de l’équipage sont seulement au nombre de deux (vers le début et vers la fin de l’aventure) et obligeront à ponctionner largement dans son butin.

J’ai retraversé le livre à de nombreuses reprises (une bonne vingtaine de fois) sans parvenir à trouver le chemin optimal. On se rend compte au final que sous couvert d’une très grande liberté, l’auteur a écrit un bon vieil OTP (One True Path = un chemin unique pour mener à la victoire) des familles. Ce qui au final est assez frustrant car il y a beaucoup d’éléments à réunir pour parcourir ce chemin.

En effet, trop de contraintes sont à relever pour parvenir à la victoire sur Abdul le Sanguinaire : moins de 50 jours, réunir au moins 800 pièces d’or de  butin, le tout en préservant non seulement son endurance pour le combat final (Excellent en soi puisque entièrement narratif, sans aucun jet de dé. Une des réussites de ce LDVELH.) mais aussi son équipage. Si celui-ci n’est pas au-delà d’un certain seuil, il est quasiment impossible de boucler l’aventure.

Du coup les échecs sont nombreux, même en allant au terme du voyage. J’y suis parvenu deux fois, mais jamais avec un butin suffisant. Je pense que c’est là un des écueils du livre. Il y a un fort risque de lassitude et de découragement car dans l’ensemble, il est assez difficile et les paragraphes conduisant à votre mort ou à la perte de votre navire, souvent sur le résultat d’un jet de dés, sont légions.

Ajoutant à cela l’absence presque totale de paragraphes permettant de regagner de l’Endurance, de la Force d’équipage et de la Chance (j’ai dû croiser au maximum deux paragraphes de chaque au fil de mes tentatives), et l’on se rend compte de l’extrême difficulté à l’emporter. Surtout que certaines rencontres enrichissantes se font selon le nombre de jours écoulés, suivant qu’il est pair ou impair. Cela fait beaucoup de hasard quand même.

Mais au final, l’aventure est vraiment agréable, avec une ambiance bien retranscrite et un challenge ardu à remporter. Parvenir à la victoire doit procurer un indéniable plaisir car il faut la mériter celle-ci !

En conclusion : Difficulté 18/20 et Intérêt : 15/20.

Edit du 30 août 2013 : Je viens de lire divers retours d’autres joueurs. En réalité, ce n’est pas un OTP et plusieurs chemins permettent d’amasser le butin nécessaire dans le délai de 50 jours. Me voilà rassuré. Du coup : Intérêt 17/20.

Les 10 livres que vous aimeriez lire cet été

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L’été approche à grands pas et comme l’an passé, l’heure est venue de présenter ma PàL estivale. Comme l’été dernier (souviens-toi…), mon choix se porte exclusivement sur des formats papiers, ma jolie liseuse restant toujours aussi photosensible (toute la zone de l’écran où se pose le soleil n’apparait pas au changement de page, ou plutôt elle est trop pale pour être lisible) et pas question d’emmener la tablette en camping, si camping il y a cet été. Il y aura quand même un bon chargement numérique dans le téléphone, mais ce n’est pas le même confort de lecture.

Bref, voici la liste des 10 pour cet été, avec notamment un revenant de l’an passé.

  1. La Route, par Cormac Mc Carthy
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    L’accroche : L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie.
    Pourquoi je veux le lire : Parce que ces derniers temps, j’ai eu envie de lire quelques récits de survival horror avec des zombies, et que l’on retrouve tous les thèmes de ces récits dans ce roman qui a décroché le Pulitzer en 2007. Parce que j’ai vu le film il y a quelques jours, que j’ai bien aimé et que le livre est a priori plus intéressant à lire. Parce qu’il était déjà dans ma PàL avant de voir ce film, et que ça n’a que confirmé mon envie de le lire.
  2. A Game of Thrones – A Song of Ice and Fire, Book 1, par G.R.R. Martin
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  3. A Clash of Kings – A Song of Ice and Fire, Book 2, par G.R.R. Martin
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  4. A Storm of Swords – A Song of Ice and Fire, Book 3, par G.R.R. Martin
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  5. A Feast for Crows – A Song of Ice and Fire, Book 4, par G.R.R. Martin
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    L’accroche (pour les 4) : On la connait. Westeros. Des prétendants au trône à ne plus pouvoir les compter. Intrigues. Menaces. Affrontements. Morts. Est-il encore besoin de présenter la saga ?
    Pourquoi je veux les lire : Parce qu’il serait enfin temps de le faire. Parce que je ne veux plus me contenter d’une série TV d’excellente facture certes, mais qui ne pourra jamais approcher la richesse de pavés de 1000 pages. Parce que les annonces sur le découpage de ces pavés pour les besoins de la série commencent à m’inquiéter un peu. Parce que les mauvaises surprises, ça passe quand même mieux à la lecture qu’en les voyant (en tout cas pour moi). Parce que j’ai besoin d’une loooooonnnngue saga de fantasy qui ne soit pas ancrée dans l’héritage heroic tolkienique de celle-ci.
  6. Le Puits des Mémoires 1 : La Traque, par Gabriel Katz
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    L’accroche : Trois hommes se réveillent dans les débris d’un chariot accidenté en pleine montagne. Aucun d’eux n’a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venus de l’autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire.
    Pourquoi je veux le lire : Parce que je l’ai gagné lors d’un concours, et que c’est cool, mais aussi parce que j’ai lu des avis plutôt positifs le concernant, enfin pour son pitch séduisant. Parce qu’il était déjà dans la liste des 10 de l’été dernier. Parce que depuis un an, les avis le concernant m’ont confirmé que c’était un excellent récit, et que deux autres tomes sont sortis entre temps.
  7. La Zone du Dehors, par Alain Damasio
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    L’accroche : 2084. Orwell est loin désormais. Le totalitarisme a pris les traits bonhommes de la social-démocratie. Souriez, vous êtes gérés ! Le citoyen ne s’opprime plus : il se fabrique. A la pâte à norme, au confort, au consensus. Copie qu’on forme, tout simplement. Au coeur de cette glu, un mouvement, une force de frappe, des fous : la Volte. Le Dehors est leur espace, subvertir leur seule arme. Emmenés par Capt, philosophe et stratège, le peintre Kamio et le fulgurant Slift que rien ne bloque ni ne borne, ils iront au bout de leur volution. En perdant beaucoup. En gagnant tout. Premier roman, ici réécrit, La Zone du Dehors est un livre de combat contre nos sociétés de contrôle. Celles que nos gouvernements, nos multinationales, nos technologies et nos médias nous tissent aux fibres, tranquillement. Avec notre plus complice consentement. Peut-être est-il temps d’apprendre à boxer chaos debout contre le swing de la norme?
    Pourquoi je veux le lire : Parce que La Horde du Contrevent est tout simplement une de mes grosses grosses claques de 2012, une pure expérience de lecture et une belle leçon d’écriture.
  8. Sorceleur, par Andrzej Sapkowski
    sorceleur
    L’accroche : En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contres ces menaces, un tueur à gages exceptionnel, un mutant devenu le parfait assassin grâce à la magie et à un long entraînement : Geralt de Riv.
    Fidèle aux règles de la corporation maudite des sorceleurs, il assume sa mission sans faillir dans un monde hostile et corrompu qui ne laisse aucune place à l’espoir. Héros solitaire, il n’en fera pas moins d’étonnantes rencontres au cours de ses aventures : une magicienne capricieuse aux charmes vénéneux, un troubadour paillard au grand cœur… et enfin la petite Ciri, l’enfant élue. Geralt cessera-t-il un jour de fuir devant la mort pour affronter son véritable destin ?

    Pourquoi je veux le lire : Parce que je me suis attaché à ce personnage qu’est Geralt de Riv, ainsi qu’à ses compagnons, au travers des deux sublimes adaptations de ses aventures en jeu vidéo (à cette occasion, lisez donc l’analyse que David Osmay fait du scénario de The Witcher 2, c’est passionnant et précis, mais gare aux spoilers). Parce que c’est de la Dark Fantasy, et que le Côté Obscur a toujours quelque chose de séduisant. Parce que la littérature imaginaire de l’Europe de l’Est n’est pas toujours présente sur les étals de nos librairies, à plus forte raison quand elle est d’origine polonaise, et qu’il y aura peut-être une façon un peu neuve de voir les choses (là je crois que je fonde trop d’espoir en Sapkowski quand même). Parce que je m’attends plutôt à quelque chose d’une certaine légèreté malgré tout, un peu comme l’esprit des jeux.
  9. Le Sang des 7 Rois, par Régis Goddyn
    sang-7-rois
    L’accroche : 25 juillet 806
    Deuxième jour de traque. Depuis le départ du château, la pluie n’a pas cessé de tomber. Je profite d’une roche en surplomb pour abriter le journal et écrire ce premier compte-rendu. Arrivés sur les alpages, nous avons suivi la crête pour trouver des indices. Rien ne nous avait préparés à ce que nous avons trouvé là. Un autre campement avait été édifié à cinquante pas à vol d’oiseau du premier et tout indique qu’alors que nous pensions notre retard considérable,ses occupants s’en étaient allés quelques heures auparavant.
    Pourquoi je veux le lire : Parce que c’est aussi un récit que j’ai gagné grâce à L’Atalante et que c’est toujours aussi cool. Parce que les premiers retours  de lecteurs sont très positifs, que ça semble correspondre à ce que je recherche comme lecture en ce moment. Parce que j’aurais voulu l’attaquer dès que je l’ai reçu, mais que ça n’a pas été possible (mais je me suis rattrapé avec Étoiles perdues, dans lequel je me suis plongé dès réception et que j’ai terminé hier).
  10. D’or, de rêves et de sang : L’épopée de la flibuste (1494-1588), par Michel Le Bris
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    L’accroche : Piet Heyn, qui captura la flotte de l’Or, l’Ollonais qui faisait, dit-on, manger le cœur de ses victimes, Laurent de Graff, le forban mélomane, Morgan, habile au double jeu, Hawkins, sur son Jesus of Lubeck, El Dragon , Francis Drake : ils n’en finissent pas de nous fasciner. Abordages sanglants, pillages, orgies, tortures : d’où vient que la flibuste ait pu nourrir tant de récits, de films, de chants tant de mythes ? Peut-être de ceci, qu’en elle et pour une part obscure de nous-mêmes, nous nous reconnaissons : le monde qui nait dans ces années de feu, de démesure, d’extravagantes dépenses et de dévastations monstrueuses est le nôtre… La flibuste ? Une fabuleuse histoire à découvrir, par delà les clichés et les affabulations. Ainsi, sait-on qu’elle nait un siècle plus tôt qu’on ne le croit, dans le tumulte des guerres de religion ? Qu’elle fut d’abord française et protestante – théâtre d’un affrontement philosophique fondamental ? Ici, dans un fulgurant raccourci se donne à lire tout à la fois la naissance et la fin des utopies modernes : ces brutes féroces étaient aussi des révoltés, rêvant de paradis… Avec D’or, de rêves et de sang, Michel Le Bris renouvelle radicalement notre vision de la flibuste. Voici, donc, racontée comme jamais on ne l’avait fait, l’histoire des origines de la piraterie.
    Pourquoi je veux le lire : Parce que ça fait longtemps que je me suis plongé dans un ouvrage parlant de nos bons vieux flibustiers. Parce que j’ai dans l’idée de lancer un nouveau projet de la saga mettant en scène la famille Dothiriel en 2014 et que ce sera un bon moyen de mettre en place quelques idées neuves. Parce que je l’ai acheté dans la phase préparation d’Esprits Racines (ou celle de Par-delà l’océan ? J’ai un doute finalement).

Et ce n’est que la partie papier du programme. Il y aura certainement quelques lectures numériques entre deux.

Et vous quelles lectures envisagez-vous pour cet été ?

Les Spectres-Pirates

image Brève chronique de ce court roman fantastique de William Hope Hodgson, publié en 1909 et traduit pour la première fois en 1928.

Jessop décide d’embarquer à bord d’un voilier à San Francisco. Un voilier qui, lors du précédent voyage, a été abandonné par tous les matelots sauf un. Que s’est-il réellement passé ? Jessop ne le sait pas encore mais il va être le témoin d’événements particulièrement étranges, terribles et hors de tout contrôle.

C’est un très bon récit fantastique, bien mené. La pression monte crescendo jusqu’au final pas loin d’être épique (ça ne m’étonnerait pas qu’il ait inspiré une certaine scène du Retour du Roi…). Certaines scènes sont formidables, notamment celles se passant le long des mâts, mémorables. Malgré son « grand âge », le texte garde une certaine modernité dans le style (du moins pour cette traduction de 1928) et la précision avec laquelle l’auteur dépeint chaque partie du navire au fil du récit est très immersive. Ses huit années dans la marine maritime se ressentent fortement à la lecture et c’est tant mieux.

En conclusion, une bien belle découverte et un auteur dont j’ai envie de connaître davantage l’œuvre. Lovecraft ne tarit d’ailleurs pas d’éloges à son sujet dans son Épouvante et surnaturel en Littérature. Clark Ashton Smith et Jean Ray avaient également été fortement marqués par certains aspects de l’œuvre de W. H. Hodgson. Deux de ses romans sont considérés comme des chefs d’œuvres, le premier en fantastique, le second en SF (dont il est même considéré comme un des précurseurs avec ce monde futuriste où le soleil est mort) : La maison au bord du monde (1908) et Le pays de la nuit (1912). Malheureusement, je n’en ai pas encore trouvé de version numérique en français (mais on peut trouver des intégrales en anglais par contre).

Accessoirement, cette édition que l’on doit à Numeriklivres propose en bonus un extrait de Par-delà l’océan (toute la première partie, correspondant à la nouvelle Esprits Racines).

Ma note sur Livraddict : 16/20

Le Déchronologue

Cette lecture entre dans la liste des 10 livres que je voulais lire cet été. Pour que chaque roman ait sa chronique, les retours seront aussi synthétiques que possible.

Le Déchronologue par Stéphane Beauverger, publié initialement chez La Volte, en poche chez Folio SF.

L’accroche est la suivante :

Au XVIIe siècle, sur la mer des Caraïbes, le capitaine Henri Villon et son équipage de pirates luttent pour préserver leur liberté dans un monde déchiré par d’impitoyables perturbations temporelles, Leur arme: le Déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps. Qu’espérait Villon en quittant Port-Margot pour donner la chasse à un galion espagnol? Mettre la main, peut-être, sur une maravilla, une des merveilles secrètes, si rares, qui apparaissent quelquefois aux abords du Nouveau Monde. Assurément pas croiser l’impensable: un Léviathan de fer glissant dans l’orage, capable de cracher la foudre et d’abattre la mort ! Lorsque des personnages hauts en couleur, au verbe fleuri ou au rugueux parler des îles, croisent objets et intrus venus du futur, un souffle picaresque et original confronte le récit d’aventures maritimes à la science-fiction. De quoi être précipité sur ces rivages lointains où l’Histoire éventrée fait continûment naufrage, où les marins affrontent tous les temps. Car avec eux, on sait: qu’importe de vaincre ou de sombrer, puisque l’important est de se battre !

Un de mes coups de cœur de cet été, indéniablement. Une lecture dont je suis ressorti les jambes un peu flageolantes, tant le final est ébouriffant, avec tout qui se met en place. J’adore !

Le Déchronologue, ce n’est pas une lecture comme les autres. Les chapitres ne sont pas proposés dans un ordre linéaire et du coup si on lit le roman tel qu’il se présente (ce que j’ai fait), on ne suis pas l’action dans l’ordre chronologique. Du coup on connait les conséquences de certains actes sans savoir ce qu’il s’est passé auparavant, ou au contraire on sait ce qui se passe sans en voir les conséquences dans l’immédiat.

Forcément, le choix d’un capitaine pirate comme voix pour conter ce récit a fait mouche chez moi, grâce à un style fleuri, fluide et efficace, qui place Stéphane Beauverger dans la liste des auteurs que je vais suivre à l’avenir. Les trouvailles fourmillent, et voir des objets qui nous sont familiers à travers l’œil d’un habitant du XVIIe siècle est délectable.

Les personnages sont hauts en couleur, à commencer par le Capitaine Villon. Ceux qui croiseront sa route ne sont pas en reste, que ce soit le grand Fèfè de Dieppe, au langage si singulier ; le Baptiste, maître canonnier de plus en plus mystérieux au fil du récit ; Sévère, unique femme à bord du Déchronologue ; Mendoza, le « méchant » à l’évolution frappante. Sans oublier les Targui, mystérieux pourvoyeurs des maravillas.

Le mélange récit d’aventure et SF est une réussite complète. Et si les premières lignes pourraient être considérées comme désamorçant tout suspense, il n’en est rien et on suit avec un intérêt toujours grandissant l’odyssée de Villon et ses compagnons.

Ma note sur Livraddict : 10/10

La Malédiction d’Old Haven

imagePremière lecture de ma série 100 % SFFF Francophone de l’été (mais qui n’est pas dans la liste des 10 puisque j’étais déjà plongé dedans) avec ce roman jeunesse de Fabrice Colin.

L’auteur, je l’avais découvert par ses interventions dans Casus Belli, puis par ses premiers romans, fort sombres (Neuvième Cercle et Les Cantiques de Mercure). J’avais continué de le suivre dans le diptyque Arcadia, puis dans sa saga de Fantasy, Winterheim. Puis sont venues les années 2000 et j’ai un peu perdu de vue le travail de Fabrice Colin, alors que celui-ci gagnait en visibilité au fil des années.

L’accroche de ce roman est la suivante :

1723, Gotham. Mary Wickford, jeune orpheline à la beauté flamboyante, quitte le couvent et les soeurs qui l’ont recueillie dix-sept ans plus tôt. En route vers l’est, la jeune fille s’arrête dans le vieux village d’Old Haven où règne une atmosphère lourde de secrets. Sans jamais être venue, elle connaît ces paysages de brumes et de ténèbres… C’est ici que fut brûlée vive, jadis, une sorcière du nom de Lisbeth Wickford…

C’est donc un roman de sorcières… Mais pas que. On y trouve pêle-mêle du roman de pirates, du roman fantastique, du roman initiatique, de l’horreur lovecraftienne, un soupçon de steampunk et d’uchronie, tout cela dans un mélange plutôt réussi. C’est là que je comprends ce que Fabrice Colin évoquait en interview quand il disait que la littérature jeunesse permettait une liberté que l’on n’a pas forcément en littérature adulte. Ici, pas besoin de chercher à être catalogué dans un style particulier, condition trop souvent limitante dans la littérature dite adulte. C’est de l’Imaginaire. Point barre.

Et j’ai beaucoup aimé cet aspect du roman, tout comme le style fluide développé au fil des pages. Sentir la liberté de l’auteur à suivre toutes ses idées pour écrire un texte est savoureux. Les emprunts à Lovecraft sont une des charnières du récit, ce qui était vraiment inattendu en début de lecture, début un peu laborieux quand même. Je suis entré petit à petit dans le texte, poursuivant ma lecture avec plaisir.

Seule ombre au tableau, passé les premières pages, la partie initiatique de la quête de Mary, qui tombe en plein milieu de l’histoire et casse le rythme qui s’était mis en place. J’ai trouvé cela un peu dommage, même si c’est justifié.

Le final est de toute beauté, avec (spoilons un tout petit peu) la libération d’un Grand Ancien sur la ville de Gotham. Les références à Lovecraft et au Mythe sont nombreuses et font partie intégrantes du récit de toute façon.

Alors un roman qui met en scène des Grands Anciens et des dragons, forcément j’ai beaucoup aimé ! À noter le roman Le Maître des dragons, qui présente la même histoire, mais du point de vue d’un autre personnage. Les avis le concernant sont assez partagés, mais je pense que je me plongerai dedans après l’été.

Ma note : 7/10 (à cause du rythme brisé en cours de route)

Hannibal Meriadec et les larmes d’Odin (tomes 1 à 3)

Chronique des trois premiers tomes de la série Hannibal Meriadec et les larmes d’Odin, bande-dessinée dérivée de la formidable série Le Sang du Dragon. Ces aventures se déroulent plusieurs années auparavant et mettent en scène le Capitaine Hannibal Meriadec et une bonne partie de l’équipage du Mac Lir. On retrouve le cocktail si appréciable de récit historique, de pirates et de fantasy qui m’avait pris dans ses rets dans Le Sang du Dragon.

L’accroche de ce cycle (prévu en 5 ou 6 tomes il me semble) est la suivante :

Hannibal Meriadec le capitaine du Mac Lir, pirate et sorcier, convoite 7 diamants d’une taille improbable. La légende raconte qu’Odin, le père des dieux, lorsqu’il perdit sa fille, pleura 7 larmes. Ces 7 larmes échappées des yeux du titan tombèrent sur la terre et devinrent 7 diamants d’une pureté jamais égalée. Un ancêtre d’Hannibal témoigne dans un manuscrit de l’existence de ces pierres précieuses. Mais ces dernières sont également recherchées par un ordre ancien, secret : l’ordre des cendres. Un ordre prêt à tout pour mettre la main sur ce trésor. Et si l’équipage de Meriadec se voit déjà riche, Hannibal destine ce bien à un tout autre objectif. Car l’amour de sa vie voyage avec lui… Sélina… Le souvenir de sa beauté le hante, alors qu’aujourd’hui, sa silhouette masquée arpente le Mac Lir.

L’intrigue est prenante et s’étoffe au fil de ces trois premiers tomes menés à un rythme suffisant pour qu’on n’ait pas le temps de s’ennuyer. Jean-Luc Istin est rompu à l’écriture de scénarios accrocheurs dans cet univers qu’il maîtrise à merveille, et cela ne se dément pas dans cette première moitié de la quête d’Hannibal Meriadec pour sauver sa moitié.

Le tome 2 est un véritable hommage, pleinement assumé dès les remerciements en début d’ouvrage, aux récits de zombies, Evil Dead en tête. Peut-être que l’on pourrait regretter que l’intrigue s’attarde si longtemps autour de cet aspect. Personnellement, ça ne me dérange pas.

Le duo Stéphane Créty (dessin) / Sandrine Cordurié (couleurs et encrages) nous offre des planches dynamiques lors des scènes d’action (Ah ! Cette pleine double page de poursuite entre les navires !). Le trait est relativement fin, les couleurs n’agressent pas. J’aime vraiment beaucoup l’ensemble.

Le troisième tome poursuit la quête des larmes d’Odin et nous emmènent en pleine montagne. Une fois de plus, le travail graphique est somptueux et permet une immersion (sans mauvais jeu de mots) de tous les moments. Certaines vignettes proposent des vues montagnardes assez vertigineuses.

L’intrigue repart de plus belle et l’on en découvre davantage sur le sort de Sélina. Les dernières planches, sublimes, nous plongent dans l’ambiance du prochain tome (À paraître quand ? Istin lui-même reconnaissait en mai avoir pris un peu de retard sur l’écriture du scénario). Ah ! Venise !

Pour conclure, un début de série qui ravira les amateurs du Sang du Dragon, du capitaine Hannibal Meriadec et des pirates qui l’accompagnent, mais aussi les amateurs de récits de pirates mêlés de fantastique et tirant sur la fantasy (par ses thématiques notamment). À noter : une intégrale de ces trois tomes est parue en octobre 2011.

Et puis les crayonnés de Stéphane Créty pour le tome 6 du Sang du Dragon et ceux-là aussi (série qu’il a logiquement repris au dessin depuis le tome 5, après le départ de Guy Michel) laissent dans attente fébrile pour retrouver le Mac Lir et son équipage.