NaNo 2012

Le NaNoWriMo et moi c’est comment dire… une histoire compliquée. Frustrante. Aucune des éditions auxquelles j’ai participé ne s’est soldée par un succès (à part celle de 2009 où j’avais relativement bien avancé, sans atteindre le but fixé).

Cette année, c’est simple : pas de NaNo de mon côté. Et je pense que c’est une décision valable pour les prochaines sessions également. Pourquoi ? Simplement parce que ce n’est pas ma façon de travailler. Le duo écriture/lecture est une passion qui n’occupe au quotidien que le temps d’un simple loisir, mon quotidien étant déjà bien chargé au niveau professionnel. On pourra me dire que c’est une simple question d’organisation, et on aurait certainement raison.

Mais l’essentiel, c’est que je ne peux pas me forcer à écrire. Durant le mois de novembre comme à tout autre moment de l’année. Lors de mes tentatives, j’ai plus vécu ce moment comme une écriture sous contrainte (ce qui me hérisse l’échine) au lieu d’une écriture avec contrainte (ce qui est stimulant). Et ça, ça ne passe plus. Ce n’est pas pour une question de qualité de ce qui en ressort. C’est la règle du jeu et de toute façon qui proposerait un premier jet à l’édition ? En plus, je trouve ce moment convivial et important pour l’aspect émulation qui peut en ressortir pour certains.

Non, c’est une question de réalisme au bout de la route. Quand tu finis ton mois avec 800 mots au compteur comme l’an passé, que tu penses avoir quand même avancé en ayant des idées et qu’au bout du compte tu n’en fais rien, c’est pas franchement motivant pour la suite. Surtout quand ça se répète d’année en année. Quand je pense à Passé en otage… 10 000 mots durant ce mois de novembre 2009, rien depuis. Mais c’est amusant parce que, quand je relis cet article écrit un an après ce fameux NaNo 2009, je me rends compte que ce roman de fantasy cybernétique avait une barrière pour que je puisse me concentrer de nouveau dessus : apporter un point final à La Larme Noire. Tiens donc. Ne serais-je pas toujours en train de travailler dessus ?

Bref, ce n’est pas fait pour moi ce mois de « compétition ». Ce n’est compatible ni avec mon rythme d’écriture, ni avec ma façon d’aborder un texte. Bien entendu, je vais continuer de plancher sur La Larme Noire, notamment en écrivant une version totalement alternative du premier épisode pour voir ce que rend une idée qui me trotte dans la tête depuis longtemps et que ma lecture récente de La Horde du Contrevent m’a convaincu de tester.

Mais ça c’est une autre histoire, dont je vous parlerai les jours prochains !

Et vous, vous vous lancez dans le NaNo cette année ? Avec quel(s) projet(s) ?

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Mener deux projets de front pour mieux avancer ?

Je lisais cet après-midi le bilan que Jean-Basile Boutak tirait de la réécriture qu’il a entreprise. Il s’est lancé dans la reprise d’un texte dont le premier jet a été écrit en 2005. Il a reçu ses premiers retours de bêta-lecture après ce lourd travail. Je vous laisse prendre connaissance de ce dont il retourne directement sur son blog (n’hésitez pas à faire un tour approfondi sur celui-ci, il y a des tas d »articles intéressant à lire).

Ce qui m’a fait réagir, entre autres, c’est qu’il faut absolument que je fasse en sorte de ne pas sombrer dans une certaine forme de lassitude face à un texte qui m’a suivi pendant 16 ans (la moitié de ma vie donc) et que je connais trop bien dans son déroulement.

Du coup, travailler un autre projet en parallèle me semble être une façon de ne pas s’enfermer dans cette seule réécriture et, ainsi, m’éloigner d’une démotivation. Réécrire, ce n’est pas créer. Du moins pas directement. Alors j’ai deux solutions : reprendre un texte du Projet CF et le poursuivre, par exemple Passé en otage (avec des extraits ici et ), qui garde toujours la même aura stimulante ; ou bien me lancer dans une nouvelle pour un appel à textes, celui d’Argemmios par exemple (Berceaux, Vies et Tombeaux) me tente bien. Dans ces deux derniers cas, l’aspect recherche historique/mythologique me botte bien, et ça fait un peu de temps que je ne l’ai plus fait.

Dans premier temps, je vais déjà lire quelques articles sur Babylone et Gilgamesh, histoire de voir si je me lance sur cette piste. Juste que mai 2013, c’est peut-être un peu loin pour être stimulé sur le moment. Il faut aussi que je regarde les AT se terminant en août.

Où le Projet CF repointe le bout de son nez

Pour faire suite à mes tergiversations d’hier, et histoire de proposer un peu de contenu inédit (ouais !!!), aujourd’hui ce sera un extrait de Passé en otage, début de roman cyber-fantasy commis durant le NaNo 2009. C’est LE projet qui m’attend une fois que la Larme Noire aura connu son point final et ne risquera plus d’empiéter sur ma concentration.

Dans ce passage réapparait un de mes personnages fétiches : l’assassin An Anaon, « héros » de la nouvelle du même nom (à lire dans Itinéraires #3). Pas de blabla, je vous laisse à votre lecture !

Siège du Gouvernement Hégémonique Mondial, Olympus Island, 98e jour de l’année 2307

Le garde n’avait pas eu le temps de prononcer un seul mot avant de s’effondrer, un deuxième sourire béant sur sa gorge. L’entaille était profonde, tranchée avec rage. Aussi silencieux qu’une ombre malgré la haine qui l’habitait, l’assassin avança dans le couloir aux dalles synthétiques, d’un rouge agressif. Sa silhouette maladive se détachait sur les murs, un filigrane mortel.

Il lui avait fallu du temps pour préparer son infiltration dans le complexe le plus sécurisée au monde. Entrer en contact avec les meilleurs hackers n’avaient pas été bien compliqué, son réseau étant très étendu. On n’était pas un tueur à gages aussi renommé sans que les personnes qui vous étaient redevables soient nombreuses. Parmi celles-ci, les chefs yakuzas étaient légion. Il avait pu réunir cinq des pirates les plus talentueux pour percer les protections du siège du G.H.M. et situer la pièce où il retenait la jeune femme captive. Et maintenant An Anaon était dans la place, à proximité de celle qu’il venait libérer.

L’assassin était d’une minceur extrême, presque cadavérique. Ses traits ne permettaient pas au premier abord de décider s’ils étaient masculins ou féminins. Et pour cause. La nature, capricieuse ou moqueuse, lui avait offert les attributs des deux sexes, le faisant naître hermaphrodite. Toute sa vie, il avait essuyé les quolibets et la haine des autres face à sa différence et à sa faiblesse apparente. Sa volonté et divers implants cybernétiques en avaient fait le plus redoutable des tueurs à gages.

Ses employeurs, des Voyageurs du temps dissidents, n’avaient eu aucun mal à le convaincre de se joindre à eux. Pour une telle mission, il aurait même travaillé à l’œil. Heureusement, il lui avait proposé davantage qu’un simple salaire. L’assurance d’être en sécurité et de se voir offrir une nouvelle vie au cas où leur plan échouerait. Avec ces garanties, l’assassin avait accepté sans hésiter. Les missions de libération n’étaient pas dans ses habitudes. On ne l’avait pas surnommé la Faucheuse, dans une époque passée, pour rien. Il donnerait le meilleur de lui-même pour libérer la jeune femme. Tout ceux qui se dresserait entre eux seraient éliminés.

De toutes les étapes délicates de son infiltration, celle à venir serait la plus ardue. Franchir la dernière porte. La porte qui était gardé par trois trolls intégralement câblés et muselés par une puce de contrôle comportemental. Le tueur à gages se plaqua contre le mur. Il n’aurait qu’un instant pour agir avant que les créatures n’entrent à leur tour en action. L’androgyne exacerba la perception qu’il avait de son organisme. En combinant ses implants cybernétiques et les exercices de concentration qu’il avait élevés au rang d’art au cours de son existence, il parvenait à une pleine connaissance de son être, de chaque particule, naturelle ou synthétique, qui le composait. Il n’avait pas besoin de toucher le katana glissé dans le saya en travers de son dos. Il le sentait frémir contre son échine. L’arme millénaire et lui ne faisaient qu’un. L’assassin saisit la poignée lassée de soie dans sa main gauche. Sans un seul bruit, il fit glisser le sabre hors de son fourreau. De la droite, il se saisit du wakizashi qui complétait son daishō. Les deux lames vibraient d’un chant silencieux que lui seul pouvait entendre. Elles étaient prêtes à l’accompagner au combat. L’androgyne prit une ultime inspiration et jaillit dans le couloir.

L’ange de mort fondit sur le plus proche des trolls. Son katana lui trancha une jambe tandis que la lame du wakizashi traversait le visage du second troll et ressortait par l’oreille. L’assassin se redressa dans le même geste, son corps répondant sans hésitation aux impulsions de ses câblages de rapidité. La première créature touchée se roula au sol, grognant de douleur. Le dernier cerbère se tourna vers l’assaillant, surpris par cette irruption sanglante. Quand le katana fendit une nouvelle fois l’air, il se protégea de son bras et la lame mordit dedans, tranchant net chair et os.

Le troll rugit et abattit son second poing sur l’androgyne. L’adrénaline et ses prothèses le rendaient plus rapide qu’il ne le paraissait au premier regard. Alors que l’assassin tentait d’esquiver, la gigantesque main frappa son épaule, le faisant chanceler sous l’impact. Il posa le genou au sol. Du coin de l’œil, il constata que sa situation ne s’améliorait pas. Le premier troll essayait de se relever, tandis que sa jambe se reformait au bout du moignon sanguinolent.

Le tueur à gages déglutit. Les choses ne se déroulaient plus comme prévu. Nulle information n’avait filtré sur les modifications génétiques des trois derniers gardiens. S’il avait su qu’on leur avait implanté de l’A.D.N. d’Hydre. Un bref regard sur celui qui avait le wakizashi planté dans le visage l’assura qu’au moins un des trolls ne se relevaient pas.

Son épaule était douloureuse après le coup qu’il avait reçu. Il sentait du sang couler le long de son omoplate. Sûrement une fracture ouverte. Il commanda mentalement une décharge d’adrénaline à son organisme.

Les deux cerbères survivants, qui récupéraient de leurs amputations respectives à vue d’œil, approchaient de l’assassin. Il paraissait soudainement chétif face aux deux masses musculeuses. Il se redressa en reculant de deux pas, serrant la poignée de son katana bien plus fort que nécessaire entre ses mains. En voyant l’une des énormes masses à cinq doigts s’abattre vers un bouton d’alarme, au mur, il ne réfléchit pas plus d’une fraction de seconde. Il jeta son arme comme une lance. La larme traversa la main du troll en la déviant de sa trajectoire. Le sabre finit planté dans le mur, tirant en arrière et bloquant le bras de la créature. Son comparse marqua un instant de surprise. Tout s’était passé un peu trop vite pour lui.

Sans lui laisser le temps de comprendre, l’androgyne bondit sur lui, enserra sa tête entre ses bras malingres mais d’une force surnaturelle. D’un simple geste, il brisa net la nuque du garde. Le corps ne s’était pas encore totalement affaissé qu’il s’en était dégagé. Tout comme le dernier troll l’avait fait avec le katana. Il tenait maintenant l’arme en main, maladroitement, mais une simple rencontre avec la lame affûtée à l’extrême serait fatale.

L’assassin, d’une simple impulsion mentale, libéra les dix lames qui étaient implantées sous ses ongles. Chacune mesurait un pouce de long. Pas assez d’allonge si son adversaire se montrait plus rapide que lui. Dans le cas contraire, il aurait le dessus sur le Résurgent. Le poison que relâcheraient les griffes métalliques l’achèverait. Le moindre muscle d’An Anaon était prêt pour passer à l’action. Le troll poussa un cri féroce et chargea. L’androgyne esquiva sans difficulté l’attaque et lacéra le dos de la créature. Un rugissement de douleur répondit à l’apparition des cinq traces profondes et sanglantes. Un instant plus tard, le dernier gardien encore debout s’effondra face contre terre, la bouche écumante.

An Anaon regretta de ne pas avoir emporté de substance inflammable pour se débarrasser des trois cadavres qui risquaient de se régénérer à tout moment. Il ne perdit pas un instant. Il récupéra son daishō et ouvrit la porte grâce au code qu’un des hackers avait piraté. Il se retrouva face à une jeune femme d’une vingtaine d’année, d’une étrange beauté. Ses traits possédaient une grâce surhumaine. Son corps aurait atteint une perfection au-delà de l’entendement si deux ailes écailleuses, d’un rouge sombre, ne s’étendaient dans son dos. Des écailles de la même teinte formaient des plaques sur son visage, dans son cou, sur ses cuisses. Son cuir chevelu laissait également entrevoir des plaques squameuses, bleues turquoise. Ses yeux avaient des iris doré, deux larmes verticales sur lesquelles se refermaient deux paires de paupières, comme chez les reptiles. Un croissant de lune écarlate, formé de corne, se détachait sur le front de la jeune femme. La marque de naissance des Clairvoyants. Elle se tourna vers l’assassin.

NaNo 2010

C’est décidé, je me lance à ma façon dans la course annuelle à la productivité littéraire : le NaNoWriMo (lien vers Twitter, le site officiel ayant un peu de mal en ce moment). A ma façon car je ne vais pas avoir le temps et la volonté nécessaire pour viser 50 000 mots (pour souvenir, l’an passé j’avais laborieusement atteint… euh c’est trop le bordel dans mes dossiers je retrouve plus la dernière version… mais j’avais dépassé 10 000 mots).

Pour cette session 2010, ce sera encore plus modeste car si je vise la barre des 50 000 ce sera pour le nombre signes (espace compris en prime…). Pas de centralisation sur un unique projet cette fois-ci, mais de la dispersion en regroupant le total écrit (vive la clarté de mes explications, parfois je me dis que je vais finir par ne plus me comprendre moi-même). Concrètement, ça veut dire avancer dans les aventures de Klarg et dans la Larme Noire et essayer d’entamer une nouvelle pour l’AT 19 de Nocturne. Bref, essayer de profiter du train en marche pour faire redémarrer une partie de mes projets.

Allez, je m’y mets, avec le chant 39 de la Geste : L’assaut insensé !

Première relecture

Et voilà, j’ai enfin effectué la première relecture de ce que j’avais écrit lors du NaNo 2009, à savoir le début de Passé en otage, initialement destiné à être nouvelle, puis novella, et maintenant en passe de devenir offciellement un projet de premier roman. Je suis plutôt satisfait du résultat de ces premières pages, même si je sens trop que nombre de scènes sont trop brèves, mériteraient d’être développées pour gagner en intensité. En bref, il y a du potentiel et j’ai pleinement envie de l’exploiter ! Mais avant ça, je me verrai bien retourner faire une excursion en Noghaard, et redonner vie à Baldwulf et ses compagnons, histoire de voir où ils vont vouloir aller, à la suite de ce qui est déjà écrit…