Ray’s Day 2014 : c’est parti !

Edit du 25 août : Le Ray’s Day est terminé pour cette année, avec deux jours de prolongation pour les propres textes. Désormais les liens ne sont plus accessibles, mais les textes que j’avais proposés vont continuer à vivre naturellement. À commencer par La Larme Noire dont je vais poursuivre la réécriture dans les mois qui viennent. On se donne rendez-vous le 22 août 2015 pour un second Ray’s Day ?

Et voilà, c’est le grand jour du Ray’s Day ! Comme promis, je vous offre aujourd’hui de la lecture (les textes seront disponibles jusqu’à dimanche).

Je commence par l’inédit Âme en Peine, une nouvelle fantastique que je considère comme fondamentale dans mon parcours d’écrivain car elle m’a permis, en le poussant à son paroxysme, de développer la part la plus hyperbolique de mon style.

À télécharger : en epub (toutes liseuses et tablettes) | en mobi (pour Kindle) | en PDF

À l’occasion de ce premier Ray’s Day, je remets également à disposition les textes proposés sur Feedbooks jusqu’à récemment encore. L’occasion de redécouvrir notamment les nouvelles introduisant mon univers de fantasy cybernétiques : Anima, et surtout An Anaon et La Traque. Le tout complété par une nouvelle de light fantasy, Entre-mondes, une fanfic dans l’univers de Lancedragon, Une histoire de… kender ? et un recueil de poèmes. Cliquez sur les couvertures pour les télécharger gratuitement sur Feedbooks.

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Et puis bien sûr, le fabuleux bonus que représente la version de travail de La Larme Noire et dont je parlais hier ! L’occasion de (re)découvrir ce roman de fantasy qui lors de sa publication en épisodes a fait les beaux jours des diverses incarnations de ce blog et qui avait connu un nombre flatteur de téléchargements (pour combien de lectures au final ?) sur Feedbooks.

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À télécharger : en epub (toutes liseuses et tablettes) | en mobi (pour Kindle) | en PDF

N’hésitez pas à me transmettre vos sentiments sur les textes que vous aurez lus (en commentaire de cet article ou via la page Contact de ce site par exemple), à partager cet article pour que vos amis puissent les découvrir et à vous rendre sur le site du Ray’s Day pour parcourir les diverses participations à l’occasion de cette grande célébration de la lecture !

Le 22 août, fêtons la lecture avec le Ray’s Day

banniere-ebook-1024x293À l’initiative de Neil Jomunsi, le 22 août prochain sera une journée à célébrer la lecture, les lecteurs et les auteurs. La lecture sous toutes ses formes. Pourquoi cette date ? Parce que c’est celle qui célèbre la naissance d’un grand amoureux des livres qui nous a quitté il y a un peu plus de deux ans : Ray Bradbury.

À mon tour, j’ai aussi proposé ma participation à cette belle journée dédiée à la lecture en mettant plusieurs textes à disposition durant cette journée.

Déjà les six textes que j’avais mis en ligne sur Feedbooks par le passé : les nouvelles Une histoire de… kender ? ; Entre-Mondes ; Anima ; An Anaon et La Traque ; ainsi que le recueil Poèmes mythologiques.

Et puis vous pourrez télécharger ici-même une nouvelle inédite dans sa version retravaillée : Âme en peine. Elle sera disponible en epub et en mobi. J’en profite d’ailleurs pour vous livrer en exclusivité (mondiale !) sa couverture.

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Les participations seront très diverses, et sont déjà nombreuses (voir cette page du site du Ray’s Day, actualisée au fil des jours). N’hésitez pas à découvrir tout ce qui se déroulera, et n’hésitez pas à proposer quelque chose vous aussi, que vous soyez lecteur ou auteur ! Et surtout, relayez autour de vous ce hashtag et cette date :

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Bannières du Ray’s Day par Neil Jomunsi,
sous licence Creative Commons CC-BY

Mots & Légendes 8 : Femme dans tous ses états

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Le numéro 8 de Mots & Légendes sur le thème « Femme dans tous ses états » est disponible depuis peu au téléchargement.

Vous pouvez le lire en version PDF, Epub ou Mobi en suivant l’un des liens ci-dessous :
Télécharger la version PDF
Télécharger la version Epub
Télécharger la version Mobi

Au sommaire de ce huitième opus :
Une couverture (excellente) de Martine Fassier
2 galeries d’univers graphiques :
Martine Fassier
Cyril Barreaux
7 nouvelles :
Initiation d’Anne Rossi (elle est partout en ce moment !), illustré par Gwenran
La chose qui pensait de Didier Reboussin, illustré par Marine Karmowski (géniale illustratrice de La Geste de Klarg le Troll !)
La ménestrel des steppes de Loïc Henry, illustré par Jonathan Fievet
Parfum de femme de Thomas Spok, illustré par AbigailDream
Nouveau départ d’Alice Mazuay, illustré par Sedenta Kernan
Retour aux sources de Grégory Covin, illustré par Mickael Martins
Les lamentations du désert de Dana B. Chalys, illustré par Yvan Villeneuve
1 article :
Les femmes dans le cycle arthurien de Kevin Kiffer

À découvrir sans plus tarder !

La Boîte de Schrödinger, Expérience 1 ~ Michael Roch

9782363761798Qu’y a-t-il dans la Boîte ? Dans celle de Michael Roch, il y a de vieux inspecteurs de police en prise avec des forces occultes et mystérieuses, il y a des asiles d’aliénés qui cachent des secrets impossibles à révéler. Il y a aussi des visions, certainement provoquées par des soirées arrosées mais… les visions ont-elles l’habitude de mordre si fort ? Ici des paysages souterrains et urbains se peuplent de créatures terrifiantes et de peurs ancestrales. Sortir le soir d’Halloween ? Pourquoi pas, si vous aimez les monstres hargneux… De fait, il y a toutes sortes de choses dans la Boîte. Oserez-vous l’ouvrir ?

Nouvelle découverte via Adopte un Auteur, voici un autre recueil de la collection la Boîte de Schrödinger, après celui de Jacques Fuentealba, publié par Walrus. Les “Expériences” sont plus courtes que les saisons (environ le tiers de la longueur). C’est donc Michael Roch que j’ai choisi d’adopter, un choix que je ne regrette aucunement.

Son recueil, et c’est suffisamment rare pour être relevé, présente huit nouvelles qui m’ont presque toutes vraiment emballé à la lecture. Est-ce dû au format court du recueil qui limite le nombre de textes ? Peut-être un peu, car les genres abordés sont moins variés, mais c’est surtout lié au style très fluide dont fait preuve l’auteur.

Le triptyque d’ouverture nous permet de suivre les aventures d’André Despérine, personnages qui aurait pu mériter un plein recueil de nouvelles tant il m’a paru sympathique. Des enquêtes qui ne manquent pas d’humour d’ailleurs. Il va s’en dire que ces trois nouvelles se suivent et sont liées entre elles. J’ai beaucoup apprécié ces enquêtes complètement décalées. Une superbe réussite d’entrée.

Dans la seconde partie du recueil, intitulée Antériorités, deux nouvelles dont un chouette Pathologie, jouant autour du thème classique de la surenchère entre amis se racontant des histoires. Et Deux francs, bien que l’on comprenne rapidement ce qui se passe, est tellement bien menée que je lui pardonne sa conclusion téléphonée.

La troisième partie du recueil, Urbanités, s’ouvre sur Du sang, et de la salive, qui nous place aux côtés de Gaspard, un gars avide de violence qui doit rejoindre sa famille pour le réveillon. Une nouvelle très courte, mais au style direct pas désagréable. La nouvelle suivante, Sous la ville, est l’un des moments qui m’ont le plus enthousiasmé du recueil (juste après les d’ores et déjà indispensables enquête d’André Despérine bien sûr). Tout commence par une soirée d’Halloween, et se termine par… Je vous laisse le découvrir. J’ai beaucoup aimé la façon dont est mené le récit. Ces allers-retours entre les deux temps où il se déroule intriguent et donnent constamment envie de poursuivre sa lecture. La gradation vers le fantastique et l’horreur est bien gérée. Une belle réussite en partant d’une situation initiale peu emballante (mais c’est là le propre d’un bon auteur que de partir d’un thème banal et de le mener de façon originale). La dernière nouvelle Le gnome de Mexico marque peu après ce voyage sous la ville, peut-être la nouvelle qui m’a un peu moins plu que les autres sans pour autant être désagréable à lire.

Adopte un Auteur se révèle une fois de plus être un excellent biais pour découvrir de nouveaux auteurs. Que ce soit Jacques Fuentealba ou ici Michael Roch, ce sont deux belles découvertes que je viens de faire. Leurs autres titres seront forcément attractifs après ce premier contact. N”hésitez pas à les découvrir vous aussi !

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Michael Roch, un auteur à adopter

La Boîte de Schrödinger, Saison 2 ~ Jacques Fuentealba

Cela faisait pas mal de temps que je souhaitais lire un ouvrage de Jacques Fuentealba, diverses critiques de son Émile Delcroix et l’ombre sur Paris m’ayant intrigué, tout comme ses micro-nouvelles que l’on peut lire au gré des réseaux sociaux ou dans La Fabrique de Littérature Microscopique. Le tout nouveau concept d’Adopte un auteur m’a donné l’occasion rêvée de me plonger de ce recueil de nouvelles fantastiques publié par Walrus.

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Vous ne trouvez pas qu’il y a dans l’air comme une odeur de fantômes, de monstres, de bizarreries, de vampires et d’apocalypses en tous genres? Oui, c’est bien ce que je me disais! Voici donc la nouvelle saison de l’OVNI littéraire made in Walrus: la Boîte de Schrödinger est de retour pour une nouvelle saison, avec aux manettes le formidable auteur d’ « Émile Delcroix » précédemment publié chez Walrus, Jacques Fuentealba.

« La Boîte de Schrödinger » se veut devenir, toute proportion gardée, l’équivalent textuel de ce que « La Quatrième Dimension » fut pour la télévision il y a quelques dizaines d’années, à savoir un formidable laboratoire de scénaristes, de conteurs, d’auteurs et d’inventeurs. Des auteurs aussi célèbres que Richard Matheson, entre autres, ont travaillé d’arrache-pied à faire de cette série télé la référence en matière de Fantastique. La Boîte de Schrödinger, à sa hauteur, veut prolonger l’héritage, et offre donc aux auteurs désireux d’en être la possibilité de travailler à leur propre saison, avec leurs propres épisodes, dont chacun portera sa patte, son univers propre. En donnant un nouvel éclairage à ce genre injustement boudé qu’est la nouvelle, nous espérons ouvrir la voie à de nombreuses suites. La seule contrainte: proposer au lecteur des univers étranges, décalés, bancals, où le fantastique, la peur et l’extraordinaire surgissent dans notre quotidien pour ne plus jamais nous laisser en paix!

Comme toujours, même lorsqu’un seul auteur tient la plume, la critique d’un recueil de nouvelles est un exercice très particulier, et je vais faire de mon mieux.

Parmi les 21 nouvelles de cette Boîte de Schrödinger, il y a celles qui marquent indéniablement.

L’École de la vie déjà, certes à la thématique pas très originale, mais dont le style accroche rapidement le lecteur. Et puis l’évolution de la nouvelle n’est pas inintéressante.

Les Pluies du crépuscule, qui offre un traitement original au récit de super-héros.

L’Appel du cor, avec son aspect très progressif (quasiment au sens musical du terme) qui nous entraine aux côtés du narrateur jusque dans une folle cavalcade.

Indicible, l’une de mes nouvelles favorites du recueil, qui met en scène des versions francisées des plus fameux auteurs d’horreur anglo-saxons. Savoureuse.

Les Monstres, autre récit de super-héros se déroulant dans le même univers que Les Pluies du crépuscule (à quand un texte plus long dans celui-ci Jacques ?), avec une infiltration nerveuse à l’esprit très cyberpunk.

L’Ermite, au final savoureux de dérision.

Le métadragon, là aussi hilarante. L’idée est tout bonnement géniale. Une belle façon de tourner en dérision l’un des classiques du récit héroïque.

Trop de paperasse ! Sympathique nouvelle de SF à la conclusion pleine d’humour noir.

L’Accordeur de Miroirs revisite l’image du vampire et ses origines, à la façon d’un récit mythologique. J’adore.

Et puis La Troisième Voie, et sa structure poétique. Superbe ouverture de la cinquième partie du recueil, consacrée aux Apocalypses. Certainement la partie qui m’a le plus emballé, l’apothéose du recueil. La Puissance destructrice du mythe est une quête de la vérité, face à la régression de l’humanité, ouvrant sur une terrible révélation. Sous des cieux de flammes et de cendres… voit la Terre se consumer littéralement, envahie par des créatures de feu.  Les moins qu’humains, malgré quelques poncifs dans les noms des personnages, nous présente une humanité au-delà de l’agonie. Sera-t-elle finalement sauvée ?

Et se conclure par ce génial Épilogue qui m’a instantanément fait penser à la série Thursday Next de Jasper Fforde. Superbe façon d’en finir avec ce recueil, avec une nouvelle qui parlera aux lecteurs et aux auteurs.

Le reste du recueil est de bonne facture, malgré deux ou trois nouvelles peu marquantes, et le style de Jacques Fuentealba nous aide à nous délecter de ces textes. Un bémol cependant pour la nouvelle qui ouvre ce recueil, Ghost Dance, dont la thématique est intéressante mais avec un traitement que j’ai trouvé trop longuet, et une certaine lourdeur inhérente à un récit mettant en jeu des Indiens, avec des noms à rallonge qui surchargent la lecture. Mais il était difficile de faire autrement en même temps. Il faudra juste que le lecteur ne s’arrête pas à cette entame de recueil, car il raterait de bien bons moments par la suite.

Au final, un très bon recueil de nouvelles fantastiques, varié aussi bien dans les styles que dans les genres, avec des textes majoritairement marquants. À découvrir sans hésitation.

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Jacques Fuentealba, un auteur à adopter.

Trois lectures 100% numériques

Le vendredi, sur les réseaux sociaux, c’est le jour de VendrediLecture, excellente initiative vous proposant de gagner des livres en partageant vos lectures. Alors quel meilleur jour dans la semaine pour vous parler de mes dernières lectures (pas toujours les plus récentes) ?

Pour cette deuxième édition, ce sera du 100% numérique avec du légendaire, du bébé zombie et encore du zombie (mais pas que…).

Mélanie au Crépuscule ~ Sozuka Sun

melanie-au-crepuscule-sozuka-sunLa vie n’est pas facile pour Mélanie.

Pourtant, celle de la petite Crépuscule est pire : bannie du Jardin des Dieux à cause d’une sombre prophétie.

Mais quand deux destins contrariés s’entrechoquent, il en ressort parfois quelques éclats de talent !

Voici ma première lecture de Sozuka Sun, sympathique auteur de SFFF rencontré sur Twitter.

Cette nouvelle, l’auteur me l’a gentiment offerte. Ceci étant posé, je peux vous donner mon avis en toute sincérité.

J’ai bien aimé ce texte, qui mêle deux récits qui finissent par fusionner : celui de Mélanie, jeune femme souffrant de diabète et qui ne parvient pas à reprendre son corps en main, et celui de Crépuscule, exclue par les siens car une prophétie la désignait comme source de malheur pour le Jardin des Dieux. Cette partie de la nouvelle est d’ailleurs celle qui m’a le plus convaincu, elle qui est déclamée à la façon des textes mythologiques.

Une lecture agréable (avec cette conclusion !) qui me donne envie de découvrir davantage la plume de son auteur avec les autres nouvelles qu’il a publiées.

Moi Bobby Bébé Zombie ~ Neil Jomunsi

moi-booby-bebe-zombieLe petit Bobby est un bébé tout ce qu’il y a de plus bête: rien ne le prédestinait à devenir une légende.

Pourtant, terrassé par la piqure d’un moustique mutant, le voilà devenu le premier bébé zombie de l’Histoire !

Avec Papa d’abord, puis avec Maman, l’épidémie s’étend… et si la petite famille allait déjeuner en ville ?

Je savais déjà que Neil Jomunsi était un grand malade, mais là il fallait oser. Raconter une histoire construite comme un album illustré pour enfant, mais nous relatant une épidémie à la mode zombie. Je regretterais essentiellement la brièveté de l’ensemble avec seulement 22 pages en mode album illustré, donc peu de texte.

J’ai bien aimé le concept. L’ensemble s’il est sympathique, presque mignon dans cette originale vision du récit de zombie, manque quand même de contenu et est à prendre pour ce qu’il est : une expérience littéraire qui pourrait ne pas vous laisser indifférent. Malgré tout, appréciant le talent et la créativité de Neil (il faudra vraiment que je vous parle de son Jésus contre Hitler lors d’un prochain numéro des Lectures), je reste un peu sur ma faim…

Toxic – Épisode 1 : Homo-putridus ~ Stéphane Désienne

9782363761880Si seulement les morts-vivants avaient été le seul problème de l’humanité… La race humaine tente vaille que vaille de survivre au sein de poches de résistance dispersées. La Terre n’est plus qu’un vaste champ de ruines aux ressources de plus en plus rares. Pour en arriver à un tel cauchemar, notre monde aura dû affronter deux fléaux: un virus inconnu et dévastateur a d’abord décimé la population — la transformant en hordes de zombies — puis débarquèrent des étoiles ceux qui auraient pu être les sauveurs : une armada extra-terrestre. Hélas, pour ces aliens, les hommes ne sont que du bétail dont la chair est un mets des plus appréciés outre-espace… à condition qu’ils ne soient pas contaminés! Car transformés en morts-vivants, les humains n’ont plus aucune valeur. Depuis son Q.G. de Dubaï, Naakrit dirige les opérations qui feront de lui un alien riche : collecter des humains sains et en gérer l’exportation pour ses clients. Mais avant d’amasser sa fortune, il devra composer avec deux problèmes épineux: Jave, un émissaire venu surveiller son activité, et la prolifération du virus zombie qui menace ses capacités d’approvisionnement. Pendant ce temps, un groupe d’humains cherche à échapper aux zombies et aux extraterrestres. Bien malgré elle, Elaine, une infirmière au caractère bien trempée, endosse le rôle de meneur. Autour d’elle, des hommes et des femmes perdus dans un monde sans repère: Masters est un colonel de l’armée US, Alva une ex-starlette. Bruce est étudiant en biologie, et Hector un ancien dealer colombien tout juste sorti de prison. Et puis, il y a Dew. Un adolescent muet — peut-être autiste — dont personne ne sait rien. Tous sont bien décidés à reprendre le destin de leur planète en mains. Mais quel espoir peut bien guider ceux qui survivent au milieu de cet enfer ?

Wahou ! Quel pitch !

Ce premier épisode signe une bien bonne entrée en matière. J’ai beaucoup aimé la partie SF et ses potentiels enjeux. La gestion des aliens et du problème plus qu’épineux que constitue la contamination des humains est excellente, et présage du meilleur pour la suite de la série !

La partie survival-horror, si elle reste sympathique à lire, m’a moins entrainé. Au moment de lire ct épisode, j’étais un peu novice sur ce type de récit et j’avais l’impression de lire des scènes “classiques” du genre.

Avec le recul (et quelques épisodes de The Walking Dead dans les mirettes), je nuance un peu. Certaines scènes sont vraiment chouettes a posteriori car sortent un peu de l’ordinaire finalement. J’attends néanmoins plus à ce niveau pour la suite (mais je suis persuadé que l’auteur nous prépare de belles surprises en la matière). Après tout c’est un épisode d’exposition.

À noter : ce premier épisode est gratuit dans toues les librairies numériques ! Alors n’hésitez pas à découvrir. L’épisode 2 est déjà paru et attend dans ma tablette que je trouve le temps de le lire. J’entends gratter et grogner à chaque fois que je passe à proximité d’elle…

Et en ce vendredi plein de Follow Friday sur Twitter, je vous invite à suivre les auteurs de ces textes : Sozuka Sun / @sozukasun ; Neil Jomunsi /@NeilJomunsi et Stéphane Désienne / @DesienneAuteur, ainsi que Walrus /@studiowalrus qui publie Neil et Stéphane.

Et vous, que lisez-vous en ce vendredi ? Partagez donc votre lecture sur les réseaux sociaux dans le cadre de VendrediLecture !

Mots & Légendes n°7 : Catacombes et fonds marins

Le numéro 7 de Mots & Légendes sur le thème « Catacombes et fonds marins » est enfin disponible au téléchargement.

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Au sommaire de ce nouveau numéro, vous trouverez pas moins de 6 nouvelles :

  • Noyer le poison de Marie-Anne Cleden, illustré par Pascal Vitte
  • Le parfum du pouvoir de Hans Delrue, illustré par Florent Daniel
  • Centon des carrières du Val-de-Grâce de Gilles Thomas, illustré par Misti
  • Le gardien au fond du puits de Geoffrey Legrand, illustré par Virginie Jaydem
  • Le dernier palier de Grégory Covin, illustré par Vaelyane
  • Lettre à l’humanité de Florent Lenhardt, illustré par Gilles Brauneisen

A découvrir sans tarder en PDF ou en ePub en cliquant sur la chouette couverture de Didier Normand !

Le montreur de bêtes (Partie 2)

Edit : Ce texte a été initialement mis en ligne le 22 octobre 2006.

Partie 1

« Je repris conscience au bout d’un temps que je ne saurais évaluer. J’étais attaché, nu et couvert de sang comme un nourrisson tout juste sorti de la maternelle matrice, à un pilier. La pénombre régnait. Je ne voyais qu’à quelques pieds de distance. Autour de moi, les hommes de mon voisinage. Eux aussi dans le plus simple appareil, ligotés à des colonnes de pierre froide, où directement à des anneaux solidaires des dalles du sol. Nous étions dans une sorte de temple, d’une conception qui n’est pas la nôtre. Au centre, les ombres recouvraient tout. Nous pouvions entendre des gémissements étouffés, des bruits de frottement, de temps à autre un grognement ou un petit cri. Le son de ma respiration et de mon cœur, dont les battements désordonnés cognaient à mes tempes, résonnaient dans mon crâne.

« Une mélopée démoniaque monta soudain, dominant tout. L’intonation du flûtiau était effrayante, comme une exhortation à l’immoralité. Un claquement de mains retentit, tel un glas de chair. Des flammes apparurent, suspendues par magie au-dessus du centre de ce temple. Une vision abjecte, la plus horrible et malsaine qu’il me fut donné de contempler se révéla. Je voulais détourner mon regard, mais une force invisible me poussait à observer. La lumière dansante du brasier flottant se posa sur une masse grouillante de chair et de fourrure. Des silhouettes se déhanchaient, se frottaient, comme atteintes d’une immonde fièvre libidineuse. Des créatures monstrueuses, à face de loup et corps de femme, se mêlaient, se caressaient. Elles se livraient à des jeux que ma raison ne souhaitait pas comprendre. Leurs soupirs de plaisir, leurs respirations de plus en plus saccadées, les tremblements extatiques de leurs chairs suintant de sueur me dégoûtaient.

« Un cri de femme, empreint des sonorités de la jouissance, s’imposa par dessus tous les sons répugnants de cette orgie contre nature. Malgré moi, mon regard se posa sur cette femme. La mienne. Mon épouse si douce et réservée habituellement ne formait plus qu’une entité avec une créature démesurée à mi-chemin entre l’ours et l’homme. Son visage dont je connaissais chaque trait était déformé par une intense extase. Des larmes montèrent à mes yeux, se répandirent sur mes joues. Je voulais hurler son nom, la ramener à la raison. J’étais muet devant cette vile représentation de débauche. J’aurais souhaité être aveugle et sourd. L’odeur des corps ruisselant de désir faisait naître une irrésistible nausée au sein de mon être. C’est alors que cette femme qui m’était devenue une inconnue tourna son regard vers moi. La folie et la soif de vice régnaient dans ces deux perles d’un gris froid. Un sourire cruel travestit son faciès en un masque de perversion. Et elle me le destinait. Je parvins alors à hurler, un hurlement au bord de la démence.

« L’instant d’après, j’étais de nouveau dans la rue principale du visage, étendu dans la boue, sur le sol. Les autres hommes du village étaient allongés autour de moi. Tous se relevaient péniblement, le visage fripé comme après une nuit de débauche. Un voisin me tendit la main pour m’aider à me redresser. Nous semblions tous quelque peu assommés. Nul n’osait parler, mais nous savions tous que nous avions vu la même scène sordide. Chacun rentra lentement, en silence, chez lui.

« Comme je l’appris plus tard, nous avions tous retrouvé nos femmes paisiblement endormies dans nos lits. Malgré mon soulagement, je ne pus m’empêcher de contempler ma propre épouse, avec son doux visage serein. Je baissais quelque peu la couverture et sa chemise de nuit. Son corps ne portait aucune des marques de griffures que j’avais pu entrevoir dans ce temple. Tout se passait comme si nous nous étions enivrés toute la nuit durant, et avions vécu la même hallucination.

« Ce souvenir me hante depuis de longues années. Et maintenant que mon épouse n’est plus, je voudrais savoir. Comment expliquez-vous cela maître ?
Je pris le soin de peser soigneusement mes mots. Ce n’était pas la première fois que ce genre de fait parvenait à mes oreilles.

« J’ai déjà entendu parler de certains esprits qui se manifestaient d’eux-mêmes pour protéger les femmes dont l’honneur risquaient d’être bafoué. De ton récit, je déduis que toi et les autres hommes de ton village aimiez vous livrer à l’ivresse. Vous arrivait-il de vous montrer violent ou insultant avec vos épouses quand les démons de l’alcool envahissaient vos esprits ?

L’homme allait répliquer, mais baissa les yeux, confus. Il acquiesça dans un souffle. Je remarquai alors un ornement d’ivoire dans ses cheveux blancs. Une broche pour empêcher l’homme d’être fertile et le protéger des maladies. Elle était suffisamment décolorée pour savoir qu’il la possédait depuis longtemps. Souvent, ce genre de broche était offerte par l’épouse à son mari qu’elle soupçonnait de visiter d’autres couches.

« Qu’aviez-vous prévu tes compagnons et toi-même pour prolonger votre nuit ? Avant que le montreur de bêtes ne viennent ?

L’homme rougit, de plus en plus embarrassé.

« L’esprit n’était venu que vous mettre en garde en vous renvoyant un reflet de vos propres péchés. Par son intervention, il vous a dissuadé d’aller rendre visite aux filles de joie du hameau voisin. Et vous a libéré de toute tentation d’y retourner. Sois heureux que tout ceci ne fut que vision. D’autres villages ayant sombré dans la dépravation n’ont pas eu cette chance.

Il planta ses yeux, écarquillés d’horreur, dans les miens. Son visage devint d’une pâleur cadavérique. Il bredouilla de vagues remerciements avant de partir précipitamment, non sans porter à plusieurs reprises la main à la broche d’ivoire.

Le montreur de bêtes – Partie 2
Par Baldwulf
Le 22 octobre 2006

Le montreur de bêtes (Partie 1)

Edit : Ce texte a été initialement mis en ligne le 9 octobre 2006.

Un jour d’automne, ensoleillé par un astre aux doux rayons, vint à moi un homme portant la sombre mise du deuil. Il avait le nez long et les yeux légèrement en amande, les lèvres pincés et les joues creuses. Son menton proéminent devançait toute sa personne, toute en os et peau parcheminée. Le fardeau des âges le faisait ployer.

L’homme s’approcha de moi, le dos courbé par la peine et la timidité. Il leva un regard fuyant vers moi, avant de baisser la tête et de marmonner pour lui-même. Il semblait vouloir se donner quelque contenance. Par respect pour cet homme, je ne le poussais pas à me livrer céans la raison de sa visite. Je patientais donc en attendant qu’il s’adresse à moi.

Ce qu’il fit au bout de quelque temps, non sans avoir dégluti et toussoté à maintes reprises. Lorsque enfin sa voix éraillée me fut destinée, elle s’exprima en ces termes :

« Je suis venu vous voir pour conter mon histoire. Mon nom n’a que trop peu d’intérêt. Seule votre sagesse revêt de l’importance. Il vous suffit de savoir que je fus durant de longues années le forgeron de mon village. Ma vie était prospère et heureuse, la Providence m’ayant accordé la joie de connaître une douce femme qui m’offrit deux fils de solide constitution. L’un d’eux devint chasseur, l’autre, Gardien Sacré de l’Orbe Rouge. De cela, je ne puis qu’être fier.

« Quand nos fils eurent quitté notre opulente demeure, mon épouse et moi filèrent une vie tout aussi heureuse. Jusqu’à ce jour où les feuilles des arbres commencèrent à roussir.

« En ce jour maudit entre tous, un montreur de bêtes vint jouer les saltimbanques dans notre paisible village. Il se dandinait dans les rues, jouant d’un curieux flûtiau à six tubes, son étrange pelisse à franges écarlates tourbillonnant en cadence. Une meute de loups gris, tachetés de noir et de brun, l’entourait, semblant danser autour de l’homme. Des fouines et des furets se glissaient entre leurs pas, grimpait et courraient sur leurs dos. Un ours au pelage fauve fermait la marche, imitant de façon grotesque la danse de son maître. Les villageois étaient étonnés, subjugués, terrifiés par ce spectacle, mais nul ne demeurait impassible.

« Mon épouse faisait partie de ceux qui étaient littéralement hypnotisés par les danses et le chant de la flûte. Pendant un court moment, je détournais mon regard pour observer un voisin dont le visage portait le masque de la plus intense horreur. Je vis toute couleur quitter ses traits, ses cheveux dépérir et virer à un ton crayeux des plus effrayant. Il tourna de l’œil et s’effondra au sol. Plusieurs autres hommes firent de même. L’instant d’après, je me tournais vers mon épouse pour lui confier la vision que je venais d’avoir. Je me rendis compte qu’elle n’était plus là. En fait, je prenais conscience avec effroi que toutes les femmes du village semblaient avoir disparu. De même que le montreur de bêtes. Une angoisse irrépressible m’envahit. Je crois qu’à cet instant je sombrai.

À suivre…

Le montreur de bêtes – Partie 1
Par Baldwulf
Le 2 octobre 2006

Nouvelle inédite : L’instinct du prédateur

Une chose que je ne fais plus sur ce blog (la dernière fois c’était en février 2011, mais ce n’est plus en ligne, et pour cause puisque c’était le final de La Larme Noire V1), c’est de proposer des textes. Alors aujourd’hui, ce sera une courte nouvelle que j’ai terminé d’écrire en 2006, totalement inédite (là je suis comme deux ronds de flan, parce que trouver un texte inédit sur mon disque dur, je n’y croyais plus). En fait, j’avais juste publié son début suite au refus qu’elle a essuyé lors du premier appel à textes auquel j’avais participé.

Et si vous préférez la lire sur votre liseuse, je vous propose les versions ePub et Kindle.

Bonne lecture !

L’instinct du prédateur

J’entre dans la pièce avec un soupçon d’appréhension. La nuit est totalement opaque, un impénétrable rideau de ténèbres. Un léger courant d’air caresse ma peau couverte de sueur, me hérissant l’échine. Chaque parcelle de mon être vibre en parfaite harmonie avec tout cet environnement a priori hostile. Une cabane au milieu d’une forêt inconnue, la demeure de quelque trappeur qu’un ours affamé a sûrement dévoré pour son petit déjeuner, tel est le lieu où je cherche refuge pour la nuit. Le sommeil, la faim sont si forts. Je ne peux plus y résister. Pas de lumière. L’obscurité m’a envahi quelques instants auparavant. Je souffre de la morsure du froid sur ma chair tuméfiée. Que m’est-il donc arrivé ?

Je me souviens avec peine de bribes incohérentes des dernières heures. Tout s’entremêle. Une route. Un animal. Choc. Bruit. Puis plus rien. Ou plutôt si. La pluie. Partout. Omniprésente, oppressante. Et la nuit, les arbres, partout autour de moi. La douleur. Le sang qui ruisselle sur mon corps meurtri. Un éclair. Le tonnerre. Des craquements. La douleur. Si vive, obstruant le corridor de mes pensées pour n’y laisser que l’empreinte indélébile de la souffrance. Puis un cri, dans le lointain. J’essaie de progresser dans sa direction approximative. Là encore je sens poindre la douleur, manifestation primaire d’un être conscient qui cherche à obtenir une quelconque aide de la part d’un de ses semblables.

J’approche toujours et encore du lieu d’agonie de cet être de souffrance qui revendique de toute la force de sa voix son droit à l’algie. Peut-être déciderai-je d’abréger sa peine, peut-être augmenterai-je celle-ci. Je ne le sais pas encore. Néanmoins je continue d’avancer, presque mécaniquement, en prenant peu à peu conscience du fait que mon entêtement à vouloir en savoir plus ne vient que de cet instinct immanent à l’animal et qui le pousse à affronter avec une satisfaction presque morbide la douleur de ses semblables.

Aussi subitement qu’il avait brisé le silence nocturne, le cri se tarit, se tût complètement. Mon unique point de repère venait de s’éteindre. C’est alors que commence à monter la peur, cette terreur ancestrale inscrite dans l’inconscient collectif, la peur qui étreint le solitaire lorsqu’il se retrouve pris au piège d’un lieu inconnu, cette phobie incoercible que je n’ai jamais pu réfréner.

Une vague odeur de sang me parvient. Elle devient mon nouveau point d’ancrage dans ce monde que je ne reconnais qu’avec peine. Je la suis, et plus je m’approche de sa source, plus elle m’enivre, me revigore, m’offre le réconfort de savoir qu’une chose connue et maintes fois rencontrée m’environne. La mort. Je la sens présente partout autour de moi, comme une compagne qui marcherait dans mes pas, de peur de se perdre sur la route menant au lieu où elle doit accomplir sa tâche.

L’odeur est de plus en plus forte, une odeur de souffrance, d’agonie, de peur. Je vois une cabane à quelques pas de moi, dans une clairière. C’est de là que me provient cet espoir macabre de voir de nouveau la mort face à face.

Un nouvel éclair, qui vient s’abattre sur un arbre à mes côtés. La foudre embrase le bois pourtant humide avec une telle facilité. Tout s’illumine. Des étincelles volent en tout sens, brûlent ma chair. Des cendres virevoltent devant mes yeux, brûlent mes oculaires. La nature me ravit la vue, tandis que je hurle ma douleur à ce monde qui ne semble pas vouloir l’entendre. Je ne parviens pas à reconnaître ma voix, elle paraît si éraillée. La souffrance est insoutenable.

Vient de nouveau la peur. Toujours la même. Pourquoi sommes-nous si effrayé par ce que nous ne connaissons pas ? Pourquoi la perte subite d’un sens nous angoisse-t-elle ainsi ? Je n’ai aucune réponse.

Mon ouïe m’a abandonné elle aussi, quittant le navire en plein naufrage avant que toutes les chaloupes ne soient hors de portée. Tout ce que je peux percevoir, c’est la douleur qui me dévore, qui se rassasie de ma chair léchée par les flammes, qui m’enserre, me presse contre son corps aux écailles saillantes qui me pénètrent en une étreinte quasi extatique.

Le sang. Son odeur me parvient encore. Toute terreur me quitte, je sais ce que je dois faire. Le moindre de mes gestes, chacun de mes pas est guidé par mon instinct. Trouver un abri. Il est si proche, mon oasis au milieu de ce désert où la souffrance a la consistance de ce sable qui traverse les vêtements, s’incruste dans la peau, la mord, transperce les yeux.

Je le sens, petite tanière de bois abandonnée par la vie. Me voici entrant en ce sanctuaire de la mort, les douces fragrances du sang me parvenant avec une vigueur renouvelée. Je franchis le seuil, mais quelque chose me retient. L’arôme de la souffrance embaume l’atmosphère confinée des lieux. Il couvre les émanations de peur et de sang. Mais si la mort plane ici, elle ne s’est pas encore arrêtée dans cette cahute. Le bruit du tonnerre me parvient encore avec régularité, telle la pulsation d’un myocarde divin. Un autre son résonne subitement, tout proche. Un râle d’agonie, quelque part par terre. Je m’approche, accueillant avec délectation la renaissance subite de mes perceptions.

Il y a là un homme étendu, sa belle robe blanche tâchée d’écarlate. Il porte une longue barbe d’un blond cendré, aux pointes poisseuses d’un épais fluide vermeil. Un pendentif attaché à son cou par une fine chaîne d’argent attire mon regard, alors qu’il se balance, suspendu dans le vide. Ses reflets jouent sur mes rétines, hypnotiques. Une chimère, fusion terrifiante d’un dragon, d’un loup, d’une raie et d’un scorpion, orne la chaîne. Air, terre, eau et feu. Les quatre éléments primordiaux combinés en une unique créature. Un druide de l’Ordre Animain, les métamorphes. Je ressens respect et peur face à cet homme qui, même agonisant, continue d’impressionner.

Il tourne avec difficulté sa tête vers moi, plonge son regard encore vigoureux dans le mien. Et me parle, d’une voix éraillée, presque un simple souffle. J’approche mon oreille de sa bouche pour comprendre ses paroles.

— Pauvre créature. Toi aussi tu t’es égarée dans cette forêt maudite. Tu n’es pas le premier être qui parvienne jusqu’à ma demeure pour y vivre mon agonie. Ainsi en est-il du cycle de mon existence. Les dieux se sont montrés capricieux avec le vieil homme qui te parle. Mais je ne leur en veux pas. La nature n’est qu’éternelle répétition, et la vie, la mort, ne sont que des transitions entre deux étapes de ce cycle. Seul un être rongé par la souffrance peut assister à mon dernier tourment, lui seul peut me trouver. Et te voilà.

« Je t’aurais imaginé différent cette fois-ci. Peu importe. Tu seras le dépositaire de ma mémoire. Le héraut qui la propagera pour chaque créature qui vit en ces bois damnés, pour chaque végétal qui suce à travers ses racines l’essence même de la vie qu’abritait autrefois la forêt, pour chaque minéral qui s’effrite quand déferle ce vent vorace.

Sa voix est de plus en plus faible. L’odeur de la mort chaque instant plus tenace. Elle est si proche maintenant que je sens presque son souffle sur mon visage. Pourtant il ne souhaite pas s’arrêter de parler, bien que je n’entende rien à ses dires. Une impression étrange, que je n’arrive pas à nommer, me submerge en prenant conscience qu’il ne se sera bientôt plus que charogne.

— Je te sens affamé, et tu es blessé. Je vais mourir. Ainsi seulement puis-je renaître. Repais-toi de ma chair, et partage mon souvenir avec les êtres qui m’ont connu. N’hésite pas. Fais-le.

Et la vie le quitta à cet instant précis, quand il eut fini de prononcer ces mots, en expirant son ultime souffle. Mû par un instinct plus ancien que l’homme, rien ne m’empêche d’accomplir sa dernière volonté. Bien au contraire. Je la satisfais avec un appétit et un enthousiasme dont je ne me serais jamais cru capable. Sa chair est douce, chaude, tendre, gorgée d’un sang encore fluide qui me revigore à chaque lambeau que j’avale. Je savoure chaque bouchée, laissant le goût cuivré s’approprier mes papilles avec délectation. Mais cela ne me comble pas pleinement.

Je quitte la tanière du druide, laissant sa dépouille à l’avidité des mouches qui ne tarderont pas à y élire domicile. Je hume l’atmosphère, en quête d’une proie. Mon estomac est rassasié, mais mon corps appelle de toutes ses forces le plaisir de la chasse. Et je le sens, ce petit animal craintif qui espère m’échapper.

Je m’élance dans sa direction, prenant cette posture quadrupède qui m’offre de meilleurs appuis, j’accélère de plus en plus fort. Le vent fouette mon visage et mon corps sur lesquels ruissellent pluie, sang et boue mêlés. Son odeur effrayée me parvient avec clarté. Il ne peut m’échapper. Il détale, avec quelques pas d’avance sur moi, mais je le rattrape inéluctablement. Je suis plus puissant, plus rapide que lui. Des branchages, des racines, des ronces mordent ma chair sur mon passage, mais je ne m’en soucis pas. Seule importe l’ivresse de la chasse.

Mon sang bouillonne avec vigueur dans mes veines, cogne à mes tempes. Jubilation paroxystique quand ma mâchoire se referme sur la gorge de ma proie et que mes ongles fouissent ses entrailles brûlantes. Je déchire sa fourrure et la recrache au loin, avant de m’abreuver de son sang et de sa chair. Je me sens revivre.

Ma frénésie sanguinaire laisse place à un doux apaisement, celui de faire corps avec mon être, de me sentir en parfaite osmose avec ma nature profonde. Je regarde autour de moi. Cette forêt hideuse, je la sens en résonance avec mon âme. Je la comprends. Chacune de ses paroles m’est clairement intelligible désormais. Nous sommes frère et sœur de sang dès cet instant. Je m’entaille les épaules et les cuisses, laisse quelques larmes écarlates imbiber mon nouveau domaine. Qui soupire d’extase en m’accueillant en son sein.

Il me reste une dernière tâche à accomplir pour y être pleinement accepté. Je cours pendant de longues minutes entre les arbres qui murmurent suavement à mes oreilles, les plantes qui me crachent leur haine, les insectes qui partagent avec moi leur sagesse. Je me précipite, guidé par le chant de mes frères, jusqu’à parvenir à la lisière de la forêt. En ce lieu qui n’attendait que moi.

J’escalade avec souplesse les parois du piton rocheux, et me tiens avec fierté à son sommet. Je savoure quelques instants la douceur des rayons de la lune à son zénith, me baignant dans sa clarté régénératrice. Je prends alors conscience de ce pelage qui enrobe mon corps. Depuis quand ? Je regarde autour de moi, toute la meute est là, patientant, attentive, guettant mes premières paroles.

Alors que l’astre nocturne m’inonde d’une onctueuse chaleur, je comprends tout. Ces dernières heures m’apparaissent avec limpidité. A ma demande, nous entamons une longue plainte inscrite dans notre subconscient depuis la nuit des temps, une prière pour l’âme de notre frère, prisonnier de mon corps d’homme, expirant au bord d’une route, quelque part. Nous nous recueillons ensuite quelques instants en silence, avant qu’ils ne s’éloignent pour me laisser seul sur le pic. Je prends une grande inspiration, avant de lancer un long hurlement, contant à toutes les créatures de la forêt l’histoire et le savoir de mon père, celui qui m’enfanta par sa magie et ses paroles.

Quand l’aube arrivera, son souvenir vibrera encore dans l’air avec les échos de ma voix. Nul ne l’oubliera, ainsi pourra-t-il renaître de ses cendres.