Antarktos ~ Paul Adrien Jellsen

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1958.

La Seconde Guerre Mondiale est terminée depuis sept ans et le Reich ne s’est écroulé qu’au prix d’une guerre nucléaire et bactériologique dévastatrice. Le monde vit maintenant dans une paix relative, mais tendue. Depuis deux ans, d’étranges engins volants de forme circulaire ont été aperçus du ciel de l’Ouest américain jusqu’au Pôle Sud. Personne ne connait l’origine de ces soucoupes volantes mais l’on redoute qu’une résistance nazie ait pu survivre à l’abri des regards. Une expédition est alors dépêchée en Antarctique pour découvrir la vérité dissimulée derrière ces étranges appareils.

Vous incarnez un ancien pilote de bombardier nucléaire en poste en Antarctique. Engagé dans une aventure qui vous dépasse, vous allez explorer les tréfonds d’une base mystérieuse prise dans les glaces du Pôle, peuplée de menaces terrifiantes et innommables.

Parviendrez-vous à sauver vos compagnons d’infortune et à fuir cet enfer blanc ?

Après la déception confirmée par la relecture du LDVELH Le Vaisseau du Temps, je me suis replongé dans cette autre production de Walrus que j’avais bien aimée à ma première lecture, mais que je n’avais pas trouvé le temps de chroniquer ensuite. Il est donc grand temps de m’y mettre, surtout que je viens de le relire.

D’emblée, l’introduction peut se dérouler de deux façons différentes. Autant dire que la sensation de liberté est tout de suite présente. On arrive dans les deux cas au même point, mais en n’ayant pas fait les mêmes rencontres. Une fois notre bonne vieille Martha décollée, bien sûr, les ennuis vont commencer.

Par la suite, on a la possibilité de se comporter courageusement et d’avancer toujours plus loin dans l’aventure, mais on peut également choisir d’être le pire des couards et aboutir à des fins non mortelles vantant notre ô combien pitoyable attitude. L’une des celles-ci m’a d’ailleurs bien fait rire puisque l’auteur nous propose soit d’accepter cette fin pitoyable et de refermer le livre, soit de reprendre à un point qu’il a choisi. Car l’auteur a pensé à placer deux ou trois « points de sauvegarde » permettant de ne pas reprendre l’aventure depuis son tout début. Très bonne idée de sa part puisqu’il y a des paragraphes par lesquels on passera forcément à un moment donné.

Quand nous sommes dans la mystérieuse base, j’ai été sincèrement surpris car là aussi les chemins sont multiples pour explorer ce donjon moderne. Car c’est un peu de cela qu’il s’agit. Mourir criblé de balles, reprendre au moment de l’arrivée à la base, choisir un chemin alternatif, se terrer, fuir, errer, progresser sur une voie totalement différente pour retrouver un des moments déjà vécu lors d’un trajet totalement autre est grisant je trouve. Les pièges sont nombreux, les surprises également. Plusieurs scènes m’étaient restées en mémoire et les revivre m’a fait penser « Ah oui, c’était dans lui cette scène-là ! ». Celle de ma cuisine par exemple. La dernière partie de l’exploration est vraiment excellente, avec une ambiance horrifique bien rendue.

Le style est efficace et l’auteur n’hésite pas à user du second degré pour se moquer gentiment de nous dans certaines situations (les fins pitoyables en sont un bon exemple).

Un léger bémol cependant car si on trouve des petites illustrations dans le corps de certains paragraphes, elles ne sont pas assez nombreuses à mon goût et il manque des illustrations pleines pages pour parfaire l’immersion déjà très réussies. Quand je vois le résultat dans Plongée sur R’lyeh, je me dis que ça en vaut vraiment la peine.

J’ai passé un excellent moment à rejouer cette aventure, qui propose une bonne rejouabilité, ce qui accroît aussi bien le plaisir de jeu-lecture que la durée de vie de ce LDVELH. En prime, il se termine d’une façon qui laisse penser qu’il y aura une suite. Je serai de ceux qui la joueront !

Verdict : Difficulté 13/20 (plusieurs situations mortelles, mais avec un peu de jugeote on peut les éviter) et Intérêt : 16/20 (notamment pour le final !).

Antarktos par Paul Adrien Jellsen, chez Walrus

4,99€ et sans DRM dans toutes les bonnes librairies numériques

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Le Vaisseau du Temps ~ Cyril Amourette

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Dans « Le Vaisseau du temps », vous incarnez le major Briggs, envoyé avec une équipe de secours sur l’ISS Leviathan. Ce gigantesque vaisseau, en orbite stationnaire autour de la Terre depuis son retour de mission, ne donne plus signe de vie: l’équipage semble s’être évanoui, et la radio ne donne plus aucune nouvelle. Il va vous falloir, à la tête de l’expédition internationale en charge de l’exploration du vaisseau, percer cet inquiétant mystère. Mais la mission ne se passera pas exactement comme vous l’aviez souhaité, et ce que vous allez découvrir à l’intérieur de cette cathédrale flottante risque de remettre en cause vos certitudes militaires… et celles de l’humanité toute entière.

Le Vaisseau du Temps a été mon troisième LDVELH de chez Walrus, c’est aussi le troisième qui avait été publié par cette excellente maison d’édition 100% numérique. Du coup ça peut sembler étrange d’en parler seulement maintenant, alors que je l’ai acheté en mai 2012 très peu de temps après sa sortie. À l’époque, je me suis jeté dessus à peine téléchargé (je m’en souviens encore, je l’avais lu-joué sur mon smartphone) et j’ai fait quelques tentatives non couronnées de succès, l’impression de ne pas avancer, de tourner en rond pour trouver ce foutu élévateur que je ne trouvai jamais. Le tout accompagné d’une sensation de peu de liberté. J’avais vite (trop vite ?) abandonné à ce moment, très vite refroidi.

Il faut dire que je sortais à l’époque de Dead Space 2 et que je m’attendais à retrouver l’ambiance survival horror du jeu. Et qu’il n’en était rien pour ce que j’avais pu voir.

Et puis, il y a eu cette volonté croissante depuis bientôt un an d’écrire un LDVELH, couplée à ma “redécouverte” estivale du genre. Du coup, je reprends aussi les LDVELH numériques que j’ai achetés chez Walrus. Je m’étais bien amusé à refaire quelques uns des nombreux chemins possibles de Menu Cthulhu. Je m’apprête d’ici peu à me perdre une fois de plus dans le dédale de La Bibliothèque Infernale et à retenter une Plongée sur R’lyeh. Autant d’excellentes expériences qui ont contribué à relancer mon intérêt pour les récits interactifs. Mais il y avait ce Vaisseau du Temps qui me regardait toujours d’un drôle d’air malheureux dans son coin. Alors je lui ai redonné sa chance et me suis rendu de nouveau dans les entrailles de l’ISS Léviathan.

Donc m’y revoilà. Même début linéaire, ne proposant pas beaucoup d’originalité et ne se révélant pas très palpitant. Retour au passage où il faut trouver ce fichu élévateur… Plus attentif que lors de ma lecture passée, je me suis vite dépêtré de ce mini labyrinthe pour trouver l’accès aux autres étages.

Là, ça commence à devenir plus intéressant car une ambiance commence à se mettre en place. L’ISS Léviathan commence à se révéler comme un lieu mystérieux et on commence à se prendre à l’histoire. Vraiment. Me voilà heureux d’avoir redonné sa chance à cette aventure. Mais très vite, les défauts reprennent le dessus et nous font même oublier les bons passages de l’aventure (pourtant je suis sûr qu’il y en a eu, mais qui ont été remplacés dans ma mémoire par les aspects négatifs).

L’aventure est excessivement linéaire. Lorsque des choix multiples sont proposés au lecteur-joueur, soit il s’agit de choisir (je caricature à peine) entre aller à droite ou à gauche, soit les paragraphes nous permettent d’explorer tous les choix. La notion même de choix perd alors tout sens. Pire encore, il n’est pas rare d’enchainer une dizaine de paragraphes sans que le récit nous offre la moindre alternative. La descente du puits est un modèle du genre… terriblement frustrant. Je ne parle même pas du paragraphe 201 qui se réduit à “…allez au 175”, le dit paragraphe 175 nous offrant un laconique “…allez au 60”. Ok c’est pour faire un effet de suspense ici, mais après les innombrables sessions où l’on demeure sur des rails, ça tombe à l’eau.

Et il reste un aspect qui tue totalement le principe même du LDVELH : la fin. Là encore, l’intention de l’auteur (même si elle est hyper téléphonée) est louable, mais dans tout LDVELH (en tout cas je n’en ai pas encore rencontré qui déroge à la règle), on atteint nécessairement, au pire, une meilleure fin possible (comme dans Menu Cthulhu où l’on meurt forcément, mais une des fins permet quand même de sauver l’humanité en retour). Là, rien de tout ça. Il n’y a aucun paragraphe de fin (j’ai vérifié). Frustrant.

Dernière critique : il n’y a aucune illustration. C’est très dommageable à l’immersion. Je pense que certains passages auraient été plus marquant en étant illustrés. Quand j’ouvre un de mes vieux LDVELH après quinze ans, les illustrations me sautent aux yeux et m’arrachent un sourire ému accompagné d’un “Ah ! Mais oui. Je m’en rappelle.” des plus nostalgiques. Les illustrations sont partie intégrante des LDVELH. Leur absence est perturbante.

Pourtant, il y a de bonnes idées dans ce LDVELH, je ne le nie pas. Le découpage en chapitres qui peuvent s’apparenter à autant de niveau que le lecteur-joueur va devoir franchir est bien pensé. Il apporte la possibilité notable que lorsque l’on meurt dans un chapitre, le “allez au” renvoie au début de ce chapitre et pas au début de l’aventure. C’est tout à fait appréciable, surtout qu’ici il n’y a pas d’équipement, pas d’information utile pour la suite, juste l’exploration du Vaisseau et la découverte strate après strate des évènements qui l’ont conduit jusqu’à l’orbite terrestre.

Les flashbacks du personnage que l’on incarne étoffent celui-ci ainsi qu’une partie du background de l’histoire terrestre. C’est plaisant car ces aspects sont généralement peu exploités dans les LDVELH.

Et puis la nature même de l’ISS Léviathan et de son hôte laissait entrevoir de si formidables possibilités mais, comme pour ma lecture de L’Homme au Cheval de Brume, je trouve que le traitement choisi pour l’intrigue se serait prêté davantage à un récit classique et non interactif. Il y avait du potentiel, mais les idées (elles sont pourtant bien là, j’insiste là-dessus) sont trop vite exploitées et ne laissent pas de place à l’interactivité.

Tout ceci me faisant clairement prendre conscience de la difficulté de l’exercice consistant à écrire un LDVELH…

Verdict : Difficulté : 10/20 (la principale difficulté étant de ne pas décrocher du récit…) et Intérêt : 6/20 (j’espère néanmoins que Cyril Amourette nous proposera d’autres aventures, j’ai vu qu’un univers de sa création avait été récompensé par une publication dans Casus Belli n°6, un bon cadre pour un futur LDVELH ?).

La Boîte de Schrödinger, Expérience 1 ~ Michael Roch

9782363761798Qu’y a-t-il dans la Boîte ? Dans celle de Michael Roch, il y a de vieux inspecteurs de police en prise avec des forces occultes et mystérieuses, il y a des asiles d’aliénés qui cachent des secrets impossibles à révéler. Il y a aussi des visions, certainement provoquées par des soirées arrosées mais… les visions ont-elles l’habitude de mordre si fort ? Ici des paysages souterrains et urbains se peuplent de créatures terrifiantes et de peurs ancestrales. Sortir le soir d’Halloween ? Pourquoi pas, si vous aimez les monstres hargneux… De fait, il y a toutes sortes de choses dans la Boîte. Oserez-vous l’ouvrir ?

Nouvelle découverte via Adopte un Auteur, voici un autre recueil de la collection la Boîte de Schrödinger, après celui de Jacques Fuentealba, publié par Walrus. Les “Expériences” sont plus courtes que les saisons (environ le tiers de la longueur). C’est donc Michael Roch que j’ai choisi d’adopter, un choix que je ne regrette aucunement.

Son recueil, et c’est suffisamment rare pour être relevé, présente huit nouvelles qui m’ont presque toutes vraiment emballé à la lecture. Est-ce dû au format court du recueil qui limite le nombre de textes ? Peut-être un peu, car les genres abordés sont moins variés, mais c’est surtout lié au style très fluide dont fait preuve l’auteur.

Le triptyque d’ouverture nous permet de suivre les aventures d’André Despérine, personnages qui aurait pu mériter un plein recueil de nouvelles tant il m’a paru sympathique. Des enquêtes qui ne manquent pas d’humour d’ailleurs. Il va s’en dire que ces trois nouvelles se suivent et sont liées entre elles. J’ai beaucoup apprécié ces enquêtes complètement décalées. Une superbe réussite d’entrée.

Dans la seconde partie du recueil, intitulée Antériorités, deux nouvelles dont un chouette Pathologie, jouant autour du thème classique de la surenchère entre amis se racontant des histoires. Et Deux francs, bien que l’on comprenne rapidement ce qui se passe, est tellement bien menée que je lui pardonne sa conclusion téléphonée.

La troisième partie du recueil, Urbanités, s’ouvre sur Du sang, et de la salive, qui nous place aux côtés de Gaspard, un gars avide de violence qui doit rejoindre sa famille pour le réveillon. Une nouvelle très courte, mais au style direct pas désagréable. La nouvelle suivante, Sous la ville, est l’un des moments qui m’ont le plus enthousiasmé du recueil (juste après les d’ores et déjà indispensables enquête d’André Despérine bien sûr). Tout commence par une soirée d’Halloween, et se termine par… Je vous laisse le découvrir. J’ai beaucoup aimé la façon dont est mené le récit. Ces allers-retours entre les deux temps où il se déroule intriguent et donnent constamment envie de poursuivre sa lecture. La gradation vers le fantastique et l’horreur est bien gérée. Une belle réussite en partant d’une situation initiale peu emballante (mais c’est là le propre d’un bon auteur que de partir d’un thème banal et de le mener de façon originale). La dernière nouvelle Le gnome de Mexico marque peu après ce voyage sous la ville, peut-être la nouvelle qui m’a un peu moins plu que les autres sans pour autant être désagréable à lire.

Adopte un Auteur se révèle une fois de plus être un excellent biais pour découvrir de nouveaux auteurs. Que ce soit Jacques Fuentealba ou ici Michael Roch, ce sont deux belles découvertes que je viens de faire. Leurs autres titres seront forcément attractifs après ce premier contact. N”hésitez pas à les découvrir vous aussi !

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Michael Roch, un auteur à adopter

La Boîte de Schrödinger, Saison 2 ~ Jacques Fuentealba

Cela faisait pas mal de temps que je souhaitais lire un ouvrage de Jacques Fuentealba, diverses critiques de son Émile Delcroix et l’ombre sur Paris m’ayant intrigué, tout comme ses micro-nouvelles que l’on peut lire au gré des réseaux sociaux ou dans La Fabrique de Littérature Microscopique. Le tout nouveau concept d’Adopte un auteur m’a donné l’occasion rêvée de me plonger de ce recueil de nouvelles fantastiques publié par Walrus.

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Vous ne trouvez pas qu’il y a dans l’air comme une odeur de fantômes, de monstres, de bizarreries, de vampires et d’apocalypses en tous genres? Oui, c’est bien ce que je me disais! Voici donc la nouvelle saison de l’OVNI littéraire made in Walrus: la Boîte de Schrödinger est de retour pour une nouvelle saison, avec aux manettes le formidable auteur d’ « Émile Delcroix » précédemment publié chez Walrus, Jacques Fuentealba.

« La Boîte de Schrödinger » se veut devenir, toute proportion gardée, l’équivalent textuel de ce que « La Quatrième Dimension » fut pour la télévision il y a quelques dizaines d’années, à savoir un formidable laboratoire de scénaristes, de conteurs, d’auteurs et d’inventeurs. Des auteurs aussi célèbres que Richard Matheson, entre autres, ont travaillé d’arrache-pied à faire de cette série télé la référence en matière de Fantastique. La Boîte de Schrödinger, à sa hauteur, veut prolonger l’héritage, et offre donc aux auteurs désireux d’en être la possibilité de travailler à leur propre saison, avec leurs propres épisodes, dont chacun portera sa patte, son univers propre. En donnant un nouvel éclairage à ce genre injustement boudé qu’est la nouvelle, nous espérons ouvrir la voie à de nombreuses suites. La seule contrainte: proposer au lecteur des univers étranges, décalés, bancals, où le fantastique, la peur et l’extraordinaire surgissent dans notre quotidien pour ne plus jamais nous laisser en paix!

Comme toujours, même lorsqu’un seul auteur tient la plume, la critique d’un recueil de nouvelles est un exercice très particulier, et je vais faire de mon mieux.

Parmi les 21 nouvelles de cette Boîte de Schrödinger, il y a celles qui marquent indéniablement.

L’École de la vie déjà, certes à la thématique pas très originale, mais dont le style accroche rapidement le lecteur. Et puis l’évolution de la nouvelle n’est pas inintéressante.

Les Pluies du crépuscule, qui offre un traitement original au récit de super-héros.

L’Appel du cor, avec son aspect très progressif (quasiment au sens musical du terme) qui nous entraine aux côtés du narrateur jusque dans une folle cavalcade.

Indicible, l’une de mes nouvelles favorites du recueil, qui met en scène des versions francisées des plus fameux auteurs d’horreur anglo-saxons. Savoureuse.

Les Monstres, autre récit de super-héros se déroulant dans le même univers que Les Pluies du crépuscule (à quand un texte plus long dans celui-ci Jacques ?), avec une infiltration nerveuse à l’esprit très cyberpunk.

L’Ermite, au final savoureux de dérision.

Le métadragon, là aussi hilarante. L’idée est tout bonnement géniale. Une belle façon de tourner en dérision l’un des classiques du récit héroïque.

Trop de paperasse ! Sympathique nouvelle de SF à la conclusion pleine d’humour noir.

L’Accordeur de Miroirs revisite l’image du vampire et ses origines, à la façon d’un récit mythologique. J’adore.

Et puis La Troisième Voie, et sa structure poétique. Superbe ouverture de la cinquième partie du recueil, consacrée aux Apocalypses. Certainement la partie qui m’a le plus emballé, l’apothéose du recueil. La Puissance destructrice du mythe est une quête de la vérité, face à la régression de l’humanité, ouvrant sur une terrible révélation. Sous des cieux de flammes et de cendres… voit la Terre se consumer littéralement, envahie par des créatures de feu.  Les moins qu’humains, malgré quelques poncifs dans les noms des personnages, nous présente une humanité au-delà de l’agonie. Sera-t-elle finalement sauvée ?

Et se conclure par ce génial Épilogue qui m’a instantanément fait penser à la série Thursday Next de Jasper Fforde. Superbe façon d’en finir avec ce recueil, avec une nouvelle qui parlera aux lecteurs et aux auteurs.

Le reste du recueil est de bonne facture, malgré deux ou trois nouvelles peu marquantes, et le style de Jacques Fuentealba nous aide à nous délecter de ces textes. Un bémol cependant pour la nouvelle qui ouvre ce recueil, Ghost Dance, dont la thématique est intéressante mais avec un traitement que j’ai trouvé trop longuet, et une certaine lourdeur inhérente à un récit mettant en jeu des Indiens, avec des noms à rallonge qui surchargent la lecture. Mais il était difficile de faire autrement en même temps. Il faudra juste que le lecteur ne s’arrête pas à cette entame de recueil, car il raterait de bien bons moments par la suite.

Au final, un très bon recueil de nouvelles fantastiques, varié aussi bien dans les styles que dans les genres, avec des textes majoritairement marquants. À découvrir sans hésitation.

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Jacques Fuentealba, un auteur à adopter.

Jésus contre Hitler, épisodes 1 à 3 ~ Neil Jomunsi

Le vendredi, sur les réseaux sociaux, c’est le jour de VendrediLecture, excellente initiative vous proposant de gagner des livres en partageant vos lectures. Alors quel meilleur jour dans la semaine pour vous parler de mes dernières lectures (pas toujours les plus récentes) ?

Cette semaine, je vais vous présenter une série que j’ai lue lors de la seconde moitié de 2012 et dont j’ai parlé régulièrement sur ce blog sans jamais la chroniquer : Jésus contre Hitler, écrite par Neil Jomunsi (à qui l’on doit notamment La Bilbliothèque Infernale et Menu Cthulhu, les deux Livres dont Vous Êtes le Héros qui ont remis le genre au goût du jour dans l’édition numérique, ainsi que Moi Bobby Bébé Zombie). 3 épisodes sont parus à ce jour et constituent la première saison de cette série publiée par Walrus.

Épisode 1 : Zombies nazis en Sibérie

jesus-contre-hitler-01Sibérie, fin des années 60. Grâce à la magie noire, le sinistre Adolf Hitler est de retour, plus dément que jamais. Son plan? Ressusciter le plus de cadavres possible et constituer une armée de zombies nazis invincibles! Pour certains, il s’agirait de la Fin du Monde. Pour d’autres, c’est simplement le début d’une nouvelle journée de travail. Car John J. Christ, chef de l’Agence B, connait bien le problème: il a plus d’une fois affronté le petit moustachu hystérique et sait comment déjouer ses plans démoniaques.

À l’aide de son nouveau coéquipier David Goldstein, qui se demande bien pourquoi on a absolument tenu à l’incorporer dans cette unité délirante, John va faire ce qu’il sait faire de mieux: botter les fesses des créatures de cauchemar, des monstres des abysses, des esprits frappeurs et autres méchants en tout genre. Ha oui, on ne vous avait pas dit? John J. Christ n’est autre que Jésus, le seul, le vrai, l’unique. Et il est en colère.

Vous l’aurez compris, ce n’est pas un récit qui va se prendre au sérieux. Et ça fait du bien ! C’est bien écrit, ça va vite, très vite. Une ambiance de série B assumée, avec des dialogues qui font mouche et des personnages bien campés. Ce premier épisode est l’occasion de poser les bases de la série, de faire connaissance avec l’Agence B, David, John et même un certain “petit moustachu hystérique”. L’occasion de rappeler que l’on peut rire de tout.

L’action est au rendez-vous et la part belle est réservée à l’humour… noir bien entendu ! Une lecture à ne surtout pas prendre au premier degré (de toute façon comment pourrait-on le faire ?) et rien ne vous retiendra de découvrir cette série, puisque ce premier épisode délirant est GRATUIT ! Et puis ce final… Bref, on en redemande et ça tombe bien pour ceux qui découvrirait aujourd’hui car il y a encore 2 épisodes derrière.

Épisode 2 : Tentacules en folie

jesus-contre-hitler-02Vous connaissez Cthulhu ? Pour vous, il ne s’agit peut-être que d’une création imaginaire de H.P. Lovecraft. Mais John J. Christ, lui, le connait bien : c’est une vieille connaissance. Alors, lorsque le démoniaque dieu poulpe décide de se réveiller pour semer la terreur sur la planète, il faut agir et vite ! David Goldstein, le fidèle bras droit de John, ne le sait que trop bien: depuis peu, les rêves du militaire sont peuplés de créatures de cauchemar. Y aurait-il un lien avec l’Apocalypse à tentacules en préparation ? C’est ce que nos deux comparses découvriront. Mais pour mener à bien cette mission, il leur faudra de l’aide. De l’aide hautement qualifiée…

Ce deuxième épisode c’est, comment dire… mon préféré des 3 ! Déjà pour le sujet, le ton employé et pour les idées qui foisonnent dedans (cette aide “hautement qualifiée” et son environnement, j’adore). On y retrouve la sauce cocktail au bon goût de série B du premier épisode, mais en plus développé, prenant un peu plus le temps de poser les choses. Il faut dire que ce second épisode est deux fois plus long que le premier.

Là aussi on dévore le récit sans se prendre la tête, toujours accompagné par l’humour pas toujours du meilleur goût, mais tellement délectable, inhérent à ce type d’histoire. Il va sans dire que si le premier épisode vous avait convaincu, celui-ci vous confirmera votre attachement à la série. Sinon, cette autre façon d’aborder le conflit entre Jésus et Hitler (car on se doute qu’il finira par faire son apparition), respectant malgré ses délires l’esprit des récits lovecraftiens (dont Neil est un grand fan), pourra vous accrocher. Surtout que dans mon souvenir (lu en octobre dernier, ça commence à dater), il y avait un peu moins de passages nawak dans cet épisode-ci.

Bref, on continue à en redemander et ça tombe bien parce que…

Épisode 3 : Heil Yéti !

jesus-contre-hitler-03Le Tibet est une terre pleine de mystères et Lhassa — sa capitale — une ville qui renferme de lourds secrets. Et c’est un véritable nid de vipères qui attend John J. Christ et David Goldstein à leur arrivée: il leur faudra aussi bien composer avec les troupes chinoises qu’avec des créatures beaucoup plus coriaces… et poilues! Car ici, au pied des imposantes montagnes de l’Himalaya, le Yéti n’est pas qu’une vieille légende servie aux touristes en mal de sensations fortes.

Le troisième épisode des aventures de John J. Christ et David Goldstein entraîne nos héros sur les traces d’une conspiration ésotérique dont les conséquences pourraient bien être catastrophiques. Et il va de soi que lorsqu’il est question d’Apocalypse, Adolf Hitler n’est jamais loin. Les deux hommes d’action de l’Agence B devront déjouer tous les pièges tendus, éviter les embûches et les cadavres, jusqu’au final à couper le souffle!

Nouvelle Apocalypse en vue ! Et cette fois-ci, c’est au Tibet que John et David vont devoir se rendre. La série ne fait que se bonifier au fil des épisodes (même si comme dit plus haut, je garde ma préférence pour Tentacules en folie) et celui-ci montre une meilleure maîtrise encore du récit. On se rapproche dans l’esprit d’un bon vieux Indiana Jones (un mix entre les Aventuriers de l’Arche Perdue – la partie au Népal – et le Temple Maudit), à la sauce Neil Jomunsi. Là encore, j’ai senti une sorte d’hommage à ces films d’aventure fantastique derrière le texte, sans pour autant sombrer dans le pastiche, loin de là.

L’humour reste naturellement omniprésent, certaines rencontres étant destinées à devenir culte ! Et la présentation de l’éditeur ne nous ment pas en annonçant un “final à couper le souffle”. Il l’est littéralement. Un sacré final, qui nous fait attendre la seconde saison avec une impatience non feinte.

Au bilan, une série comme on aimerait en voir plus souvent, mêlant pulp et série B, hyper référencée, un pur moment de bonheur geek. De quoi se détendre, tonifier ses zygomatiques et cesser de réfléchir le temps d’une lecture, en se laissant porter par les aventures épiques des deux agents de l’Agence B !

Comment, vous n’êtes pas déjà en train de télécharger le premier épisode gratuit ?

En ce vendredi plein de Follow Friday sur Twitter, je vous invite à suivre Neil Jomunsi /@NeilJomunsi et Walrus /@studiowalrus qui publie cette série géniale.

Et vous, que lisez-vous en ce vendredi ? Partagez donc votre lecture sur les réseaux sociaux dans le cadre de VendrediLecture !

Nouveau : Avec les Points Lire™, plus vous lisez, plus vous lirez !

C’est la grande nouveauté depuis vendredi chez Numeriklivres : les Points Lire™, programme de fidélisation vous permettant de cumuler des points au fil de vos achats dans le catalogue de Numeriklivres et, tous les 5 points, de choisir un titre gratuit dans ce même catalogue.

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Comment gagner vos Points Lire™ ? C’est simple :

  • 2 points à l’ouverture de votre compte (sympa !)
  • 1 ou 2 points (selon le texte) en l’achetant puis en le chroniquant en 70 mots minimum que ce soit sur votre blog ou sur un réseau social dédié à la lecture (Livraddict, Babélio, Sens Critique, Libfly ou Goodreads).

Facile, n’est-ce pas ? Alors inscrivez-vous vite pour pouvoir en bénéficier (l’adhésion – gratuite – est obligatoire pour gagner vos Points Lire™).

ocean3dsimpleEt puis, pourquoi ne pas en profiter pour découvrir Par-delà l’océan, ma novella mêlant Fantasy, pirates et vaudou ?

Ce sera 2 Points Lire™ de plus pour accompagner ceux de votre adhésion. Ou alors utilisez les Points Lire™ vous aurez gagnés pour vivre à bord de la Dalvénia une grande aventure sentant bon la poudre et les embruns.

Partagez vos lectures pour lire encore plus !

Des auteurs à adopter

Quelques mots ce samedi pour parler d’une excellente initiative lancée officiellement cette semaine : le site Adopte un Auteur.

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Le concept ? Simple : les lecteurs veulent lire et les auteurs veulent être lus. Partant de ce principe, Adopte un Auteur propose un espace où les lecteurs pourront rencontrer des auteurs et les “adopter”, c’est-à-dire demander un texte offert par l’auteur en échange d’une chronique. Une fois la chronique postée, le lecteur pourra faire la demande d’un nouveau texte. Un principe donnant/donnant que je trouve tout à fait bien trouvé. Toutes les infos sont à retrouver sur cette page : http://www.adopteunauteur.fr/comment-ca-marche/

Précision utile : tous les textes offerts le sont dans leur version numérique, mais ne soyez pas effrayés, vous pourrez les lire sur votre tablette, votre liseuse, votre smartphone et même votre PC !

Pour ma part, la première vague d’adoption s’est faite en direction de Jacques Fuentealba, de Michael Roch et de Guillaume Giordano (quoique je ne sache pas si l’on peut adopter plusieurs auteurs simultanément, ou alors un à la fois).

Faites un tour sur le site Adopte un Auteur pour découvrir les auteurs qui se sont déjà joints à cette initiative et en adopter quelques uns vous aussi ! Surtout qu’il y a déjà du beau monde dans la liste. 🙂

Et puis n’hésitez pas à suivre le compte @AdopteunAuteur sur Twitter ou à liker la page Facebook.

Rec, Stop and Play

Cette chronique est effectué dans le cadre d’un partenariat avec Mes Petites Idées et Numériklivres.

L’accroche de ce récit de SF dystopique, paru dans la collection 2.0.12 de Numériklivres :

Et si les Mayas n’annonçaient pas la fin du monde le 21 décembre 2012 mais la fin d’un monde ? À quelques mois de l’échéance funeste, Bruno décide d’enregistrer, sur un dictaphone ses réflexions au jour le jour, comme de multiples témoignages de sa vie, de sa famille, de la société. Une société qui va mal. Une société mal alimentée, surmédicalisée, gavée de produits aux effets douteux, dangereux. Le monde de Bruno se délite, sa famille se fracture, des phénomènes étranges se manifestent. Jeunes et moins jeunes sont atteints de crise de démence. Mais le plus inquiétant, ce sont les « Arrêtés » qui sont de plus en plus nombreux, provoquant de véritables catastrophes. Le chaos s’installe progressivement et de façon irréversible.

C’est le deuxième texte de Charlotte Charpot que je lis, après Le Cas Nathalie Solenblum. Rec, Stop and Play est un récit sombre dont il est difficile de parler sans trop en dévoiler. Une pure dystopie où l’humanité, gavée de médicaments, se déconnecte petit à petit.

Le choix narratif est original et très réussi. Bruno raconte au quotidien les événements marquants de sa vie, à l’aide de son dictaphone. Au début, ce qui n’était qu’un jeu va devenir de plus en plus oppressant pour le lecteur, à mesure que le monde sombre dans l’horreur. J’ai pleinement adhéré au concept, qui est fort bien traité par l’auteur. Faire se dérouler l’histoire à partir de fin juin 2012 donne également une impression étrange quand la chronologie du récit rattrape notre propre calendrier, on a subitement l’impression de basculer dans le futur.

On se doute bien sûr tout au long de cette longue nouvelle que le point de bascule sera le 21 décembre 2012. Mais de quelle façon ? Je n’en révèlerai rien ici. Sachez juste que la fin, si certains la trouveront facile, je l’ai vraiment appréciée, tant elle est à la fois inattendue (parce qu’on se dit que ça ne peut pas se finir ainsi), et finalement logique, voire prévisible.

Après, il ne faut pas perdre de vue que l’on est sur un format court (qui aurait eu sa place dans la collection 45 min. de Numériklivres). Du coup tout se passe vite, peut-être un peu trop rapidement. Ce serait mon seul bémol si je devais en formuler un. Mais le récit est suffisamment marquant, avec sa vision d’une évolution qu’aurait pu suivre (que suit actuellement ?) notre monde, pour que le plaisir soit intact à la lecture.

Un texte qui me donne envie de relire Le Cas Nathalie Solenblum, que j’avais lu cet été de manière trop hachée pour parvenir à accrocher. J’aurais donc l’occasion d’en reparler. Ce Rec, Stop and Play m’a permis de reprendre contact avec le style de Charlotte Charpot, cette fois-ci avec réussite.

Merci à Delph et Numériklivres pour ce partenariat et ce bon moment de lecture.

Ma note sur Livraddict : 8/10

La Mémoire Froissée – Tome 1

L’accroche du premier tome de cette saga médiévale :

Anne, orpheline, s’installe comme herboriste et guérisseuse à Bourgueil, en Touraine, dans la maison de ses parents. Une rencontre étonnante, et un mystérieux livre, vont la pousser à entreprendre un voyage vers Amsterdam. Ce livre, outre tous les dangers qu’il lui fera vivre, sera en quelque sorte le doigt du destin. Un destin qui bousculera irrémédiablement sa vie, qu’elle croyait pourtant toute tracée.

Une bonne surprise que cette lecture. Passé des premiers chapitres un peu laborieux pour placer le contexte et amener à la situation présente de l’héroïne, le point de bascule que constituent le mystérieux livre et son détenteur permet au récit de se mettre en route. Le style est dès lors plus fluide et on se plonge plus aisément dans le voyage qu’entreprend Anne.

Voyage qui sera l’occasion de multiples rencontres, marquantes comme celles du libraire/alchimiste Michel Chauverson ou la présence de Nicolas Flamel en fin de tome. Et le mystère sur ce livre, auquel on aimerait voir apporter une réponse (mais on est loin de la fin de cette saga).

L’un des intérêts de ce texte, c’est la plongée dans le Moyen-Âge de la Guerre de Cent Ans, avec sa médecine encore balbutiante et ses praticiens avides de nouvelles connaissances dans une société où la découverte celles-ci n’est pas toujours encouragée.

Je n’aurais que deux regrets à formuler : la présentation des personnages qui dévoile des éléments de l’intrigue qui ne sont pas encore survenus à la fin de ce tome 1 et un style auquel je n’ai pas toujours adhéré en cours de lecture (changements de temps en cours de paragraphe, un de mes péchés mignons dont je tente de me débarrasser en écrivant ; deux-trois scènes où le point de vue change avant de revenir à celui de la narratrice).

Au final, une lecture agréable (en plus à 0,99 € le tome 1, c’est une bonne raison pour découvrir) et dont je pense lire la suite dans les mois qui viennent, cette entrée en matière ayant éveillé ma curiosité. Le tome 3, sur les 5 prévus, est d’ailleurs paru cette semaine. Les deux derniers volets paraîtront en novembre.

Une saga à découvrir chez Numériklivres.

Ma note sur Livraddict : 6,5/10

À l’ombre du numérique

Ces derniers jours, Épinal accueillait les Imaginales 2012. Comme chaque année, je n’ai pas pu y aller, mais grâce à l’équipe d’Actu SF, je peux au moins accéder aux diverses conférences qui se sont tenues au fil du festival.

L’une d’entre elles a un peu plus retenu mon attention, et c’est la première que j’ai écoutée : À l’ombre du numérique, sous titré Le livre papier a-t-il encore un avenir ?. Stéphane Marsan, directeur de Bragelonne était au micro.

Son intervention est passionnante. Elle aborde aussi bien l’entrée de Bragelonne dans le monde de l’édition numérique, que les choix faits par la maison d’édition face au piratage et la façon dont il faudrait aborder le problème. J’y ai trouvé un état des lieux de la situation actuelle de l’édition numérique très pertinent, proche de ce que j’imaginais.

Ce qui est intéressant, c’est d’entendre parler une personne très impliquée pour améliorer l’offre numérique, mais qui était fort sceptique avant de se lancer. La vision du lecteur, de ce que le numérique peut lui apporter en terme d’accessibilité à la lecture est tout à fait juste.

Un point sur lequel nous sommes nombreux à nous interroger est aussi évoqué : l’offre couplée support papier/support numérique. À titre personnel, j’aimerais pouvoir lire mon texte sur papier quand je prends mon bain, le poursuivre sur mon smartphone quand je suis bloqué dans une file d’attente et le finir dans mon canapé sur ma liseuse. Ce serait super de bénéficier de ces bundles fort attendus. C’est quelque chose auquel on pense chez Bragelonne, mais, et c’est une très bonne idée à mes yeux, à condition d’impliquer les libraires dans la démarche, pour qu’eux aussi se penche sur le numérique.

Vous l’aurez compris, c’est une intervention très complète de près d’une heure que l’on peut (ré)écouter sur le site d’Actu SF.

Conférence : À l’ombre du numérique chez Actu SF