La Boîte de Schrödinger, Expérience 1 ~ Michael Roch

9782363761798Qu’y a-t-il dans la Boîte ? Dans celle de Michael Roch, il y a de vieux inspecteurs de police en prise avec des forces occultes et mystérieuses, il y a des asiles d’aliénés qui cachent des secrets impossibles à révéler. Il y a aussi des visions, certainement provoquées par des soirées arrosées mais… les visions ont-elles l’habitude de mordre si fort ? Ici des paysages souterrains et urbains se peuplent de créatures terrifiantes et de peurs ancestrales. Sortir le soir d’Halloween ? Pourquoi pas, si vous aimez les monstres hargneux… De fait, il y a toutes sortes de choses dans la Boîte. Oserez-vous l’ouvrir ?

Nouvelle découverte via Adopte un Auteur, voici un autre recueil de la collection la Boîte de Schrödinger, après celui de Jacques Fuentealba, publié par Walrus. Les “Expériences” sont plus courtes que les saisons (environ le tiers de la longueur). C’est donc Michael Roch que j’ai choisi d’adopter, un choix que je ne regrette aucunement.

Son recueil, et c’est suffisamment rare pour être relevé, présente huit nouvelles qui m’ont presque toutes vraiment emballé à la lecture. Est-ce dû au format court du recueil qui limite le nombre de textes ? Peut-être un peu, car les genres abordés sont moins variés, mais c’est surtout lié au style très fluide dont fait preuve l’auteur.

Le triptyque d’ouverture nous permet de suivre les aventures d’André Despérine, personnages qui aurait pu mériter un plein recueil de nouvelles tant il m’a paru sympathique. Des enquêtes qui ne manquent pas d’humour d’ailleurs. Il va s’en dire que ces trois nouvelles se suivent et sont liées entre elles. J’ai beaucoup apprécié ces enquêtes complètement décalées. Une superbe réussite d’entrée.

Dans la seconde partie du recueil, intitulée Antériorités, deux nouvelles dont un chouette Pathologie, jouant autour du thème classique de la surenchère entre amis se racontant des histoires. Et Deux francs, bien que l’on comprenne rapidement ce qui se passe, est tellement bien menée que je lui pardonne sa conclusion téléphonée.

La troisième partie du recueil, Urbanités, s’ouvre sur Du sang, et de la salive, qui nous place aux côtés de Gaspard, un gars avide de violence qui doit rejoindre sa famille pour le réveillon. Une nouvelle très courte, mais au style direct pas désagréable. La nouvelle suivante, Sous la ville, est l’un des moments qui m’ont le plus enthousiasmé du recueil (juste après les d’ores et déjà indispensables enquête d’André Despérine bien sûr). Tout commence par une soirée d’Halloween, et se termine par… Je vous laisse le découvrir. J’ai beaucoup aimé la façon dont est mené le récit. Ces allers-retours entre les deux temps où il se déroule intriguent et donnent constamment envie de poursuivre sa lecture. La gradation vers le fantastique et l’horreur est bien gérée. Une belle réussite en partant d’une situation initiale peu emballante (mais c’est là le propre d’un bon auteur que de partir d’un thème banal et de le mener de façon originale). La dernière nouvelle Le gnome de Mexico marque peu après ce voyage sous la ville, peut-être la nouvelle qui m’a un peu moins plu que les autres sans pour autant être désagréable à lire.

Adopte un Auteur se révèle une fois de plus être un excellent biais pour découvrir de nouveaux auteurs. Que ce soit Jacques Fuentealba ou ici Michael Roch, ce sont deux belles découvertes que je viens de faire. Leurs autres titres seront forcément attractifs après ce premier contact. N”hésitez pas à les découvrir vous aussi !

adopte-un-auteur-michael-roch

Michael Roch, un auteur à adopter

La Boîte de Schrödinger, Saison 2 ~ Jacques Fuentealba

Cela faisait pas mal de temps que je souhaitais lire un ouvrage de Jacques Fuentealba, diverses critiques de son Émile Delcroix et l’ombre sur Paris m’ayant intrigué, tout comme ses micro-nouvelles que l’on peut lire au gré des réseaux sociaux ou dans La Fabrique de Littérature Microscopique. Le tout nouveau concept d’Adopte un auteur m’a donné l’occasion rêvée de me plonger de ce recueil de nouvelles fantastiques publié par Walrus.

cover-boite-schrondinger-saison-2

Vous ne trouvez pas qu’il y a dans l’air comme une odeur de fantômes, de monstres, de bizarreries, de vampires et d’apocalypses en tous genres? Oui, c’est bien ce que je me disais! Voici donc la nouvelle saison de l’OVNI littéraire made in Walrus: la Boîte de Schrödinger est de retour pour une nouvelle saison, avec aux manettes le formidable auteur d’ « Émile Delcroix » précédemment publié chez Walrus, Jacques Fuentealba.

« La Boîte de Schrödinger » se veut devenir, toute proportion gardée, l’équivalent textuel de ce que « La Quatrième Dimension » fut pour la télévision il y a quelques dizaines d’années, à savoir un formidable laboratoire de scénaristes, de conteurs, d’auteurs et d’inventeurs. Des auteurs aussi célèbres que Richard Matheson, entre autres, ont travaillé d’arrache-pied à faire de cette série télé la référence en matière de Fantastique. La Boîte de Schrödinger, à sa hauteur, veut prolonger l’héritage, et offre donc aux auteurs désireux d’en être la possibilité de travailler à leur propre saison, avec leurs propres épisodes, dont chacun portera sa patte, son univers propre. En donnant un nouvel éclairage à ce genre injustement boudé qu’est la nouvelle, nous espérons ouvrir la voie à de nombreuses suites. La seule contrainte: proposer au lecteur des univers étranges, décalés, bancals, où le fantastique, la peur et l’extraordinaire surgissent dans notre quotidien pour ne plus jamais nous laisser en paix!

Comme toujours, même lorsqu’un seul auteur tient la plume, la critique d’un recueil de nouvelles est un exercice très particulier, et je vais faire de mon mieux.

Parmi les 21 nouvelles de cette Boîte de Schrödinger, il y a celles qui marquent indéniablement.

L’École de la vie déjà, certes à la thématique pas très originale, mais dont le style accroche rapidement le lecteur. Et puis l’évolution de la nouvelle n’est pas inintéressante.

Les Pluies du crépuscule, qui offre un traitement original au récit de super-héros.

L’Appel du cor, avec son aspect très progressif (quasiment au sens musical du terme) qui nous entraine aux côtés du narrateur jusque dans une folle cavalcade.

Indicible, l’une de mes nouvelles favorites du recueil, qui met en scène des versions francisées des plus fameux auteurs d’horreur anglo-saxons. Savoureuse.

Les Monstres, autre récit de super-héros se déroulant dans le même univers que Les Pluies du crépuscule (à quand un texte plus long dans celui-ci Jacques ?), avec une infiltration nerveuse à l’esprit très cyberpunk.

L’Ermite, au final savoureux de dérision.

Le métadragon, là aussi hilarante. L’idée est tout bonnement géniale. Une belle façon de tourner en dérision l’un des classiques du récit héroïque.

Trop de paperasse ! Sympathique nouvelle de SF à la conclusion pleine d’humour noir.

L’Accordeur de Miroirs revisite l’image du vampire et ses origines, à la façon d’un récit mythologique. J’adore.

Et puis La Troisième Voie, et sa structure poétique. Superbe ouverture de la cinquième partie du recueil, consacrée aux Apocalypses. Certainement la partie qui m’a le plus emballé, l’apothéose du recueil. La Puissance destructrice du mythe est une quête de la vérité, face à la régression de l’humanité, ouvrant sur une terrible révélation. Sous des cieux de flammes et de cendres… voit la Terre se consumer littéralement, envahie par des créatures de feu.  Les moins qu’humains, malgré quelques poncifs dans les noms des personnages, nous présente une humanité au-delà de l’agonie. Sera-t-elle finalement sauvée ?

Et se conclure par ce génial Épilogue qui m’a instantanément fait penser à la série Thursday Next de Jasper Fforde. Superbe façon d’en finir avec ce recueil, avec une nouvelle qui parlera aux lecteurs et aux auteurs.

Le reste du recueil est de bonne facture, malgré deux ou trois nouvelles peu marquantes, et le style de Jacques Fuentealba nous aide à nous délecter de ces textes. Un bémol cependant pour la nouvelle qui ouvre ce recueil, Ghost Dance, dont la thématique est intéressante mais avec un traitement que j’ai trouvé trop longuet, et une certaine lourdeur inhérente à un récit mettant en jeu des Indiens, avec des noms à rallonge qui surchargent la lecture. Mais il était difficile de faire autrement en même temps. Il faudra juste que le lecteur ne s’arrête pas à cette entame de recueil, car il raterait de bien bons moments par la suite.

Au final, un très bon recueil de nouvelles fantastiques, varié aussi bien dans les styles que dans les genres, avec des textes majoritairement marquants. À découvrir sans hésitation.

adopte-un-auteur-jacques-fuentalba

Jacques Fuentealba, un auteur à adopter.

Jésus contre Hitler, épisodes 1 à 3 ~ Neil Jomunsi

Le vendredi, sur les réseaux sociaux, c’est le jour de VendrediLecture, excellente initiative vous proposant de gagner des livres en partageant vos lectures. Alors quel meilleur jour dans la semaine pour vous parler de mes dernières lectures (pas toujours les plus récentes) ?

Cette semaine, je vais vous présenter une série que j’ai lue lors de la seconde moitié de 2012 et dont j’ai parlé régulièrement sur ce blog sans jamais la chroniquer : Jésus contre Hitler, écrite par Neil Jomunsi (à qui l’on doit notamment La Bilbliothèque Infernale et Menu Cthulhu, les deux Livres dont Vous Êtes le Héros qui ont remis le genre au goût du jour dans l’édition numérique, ainsi que Moi Bobby Bébé Zombie). 3 épisodes sont parus à ce jour et constituent la première saison de cette série publiée par Walrus.

Épisode 1 : Zombies nazis en Sibérie

jesus-contre-hitler-01Sibérie, fin des années 60. Grâce à la magie noire, le sinistre Adolf Hitler est de retour, plus dément que jamais. Son plan? Ressusciter le plus de cadavres possible et constituer une armée de zombies nazis invincibles! Pour certains, il s’agirait de la Fin du Monde. Pour d’autres, c’est simplement le début d’une nouvelle journée de travail. Car John J. Christ, chef de l’Agence B, connait bien le problème: il a plus d’une fois affronté le petit moustachu hystérique et sait comment déjouer ses plans démoniaques.

À l’aide de son nouveau coéquipier David Goldstein, qui se demande bien pourquoi on a absolument tenu à l’incorporer dans cette unité délirante, John va faire ce qu’il sait faire de mieux: botter les fesses des créatures de cauchemar, des monstres des abysses, des esprits frappeurs et autres méchants en tout genre. Ha oui, on ne vous avait pas dit? John J. Christ n’est autre que Jésus, le seul, le vrai, l’unique. Et il est en colère.

Vous l’aurez compris, ce n’est pas un récit qui va se prendre au sérieux. Et ça fait du bien ! C’est bien écrit, ça va vite, très vite. Une ambiance de série B assumée, avec des dialogues qui font mouche et des personnages bien campés. Ce premier épisode est l’occasion de poser les bases de la série, de faire connaissance avec l’Agence B, David, John et même un certain “petit moustachu hystérique”. L’occasion de rappeler que l’on peut rire de tout.

L’action est au rendez-vous et la part belle est réservée à l’humour… noir bien entendu ! Une lecture à ne surtout pas prendre au premier degré (de toute façon comment pourrait-on le faire ?) et rien ne vous retiendra de découvrir cette série, puisque ce premier épisode délirant est GRATUIT ! Et puis ce final… Bref, on en redemande et ça tombe bien pour ceux qui découvrirait aujourd’hui car il y a encore 2 épisodes derrière.

Épisode 2 : Tentacules en folie

jesus-contre-hitler-02Vous connaissez Cthulhu ? Pour vous, il ne s’agit peut-être que d’une création imaginaire de H.P. Lovecraft. Mais John J. Christ, lui, le connait bien : c’est une vieille connaissance. Alors, lorsque le démoniaque dieu poulpe décide de se réveiller pour semer la terreur sur la planète, il faut agir et vite ! David Goldstein, le fidèle bras droit de John, ne le sait que trop bien: depuis peu, les rêves du militaire sont peuplés de créatures de cauchemar. Y aurait-il un lien avec l’Apocalypse à tentacules en préparation ? C’est ce que nos deux comparses découvriront. Mais pour mener à bien cette mission, il leur faudra de l’aide. De l’aide hautement qualifiée…

Ce deuxième épisode c’est, comment dire… mon préféré des 3 ! Déjà pour le sujet, le ton employé et pour les idées qui foisonnent dedans (cette aide “hautement qualifiée” et son environnement, j’adore). On y retrouve la sauce cocktail au bon goût de série B du premier épisode, mais en plus développé, prenant un peu plus le temps de poser les choses. Il faut dire que ce second épisode est deux fois plus long que le premier.

Là aussi on dévore le récit sans se prendre la tête, toujours accompagné par l’humour pas toujours du meilleur goût, mais tellement délectable, inhérent à ce type d’histoire. Il va sans dire que si le premier épisode vous avait convaincu, celui-ci vous confirmera votre attachement à la série. Sinon, cette autre façon d’aborder le conflit entre Jésus et Hitler (car on se doute qu’il finira par faire son apparition), respectant malgré ses délires l’esprit des récits lovecraftiens (dont Neil est un grand fan), pourra vous accrocher. Surtout que dans mon souvenir (lu en octobre dernier, ça commence à dater), il y avait un peu moins de passages nawak dans cet épisode-ci.

Bref, on continue à en redemander et ça tombe bien parce que…

Épisode 3 : Heil Yéti !

jesus-contre-hitler-03Le Tibet est une terre pleine de mystères et Lhassa — sa capitale — une ville qui renferme de lourds secrets. Et c’est un véritable nid de vipères qui attend John J. Christ et David Goldstein à leur arrivée: il leur faudra aussi bien composer avec les troupes chinoises qu’avec des créatures beaucoup plus coriaces… et poilues! Car ici, au pied des imposantes montagnes de l’Himalaya, le Yéti n’est pas qu’une vieille légende servie aux touristes en mal de sensations fortes.

Le troisième épisode des aventures de John J. Christ et David Goldstein entraîne nos héros sur les traces d’une conspiration ésotérique dont les conséquences pourraient bien être catastrophiques. Et il va de soi que lorsqu’il est question d’Apocalypse, Adolf Hitler n’est jamais loin. Les deux hommes d’action de l’Agence B devront déjouer tous les pièges tendus, éviter les embûches et les cadavres, jusqu’au final à couper le souffle!

Nouvelle Apocalypse en vue ! Et cette fois-ci, c’est au Tibet que John et David vont devoir se rendre. La série ne fait que se bonifier au fil des épisodes (même si comme dit plus haut, je garde ma préférence pour Tentacules en folie) et celui-ci montre une meilleure maîtrise encore du récit. On se rapproche dans l’esprit d’un bon vieux Indiana Jones (un mix entre les Aventuriers de l’Arche Perdue – la partie au Népal – et le Temple Maudit), à la sauce Neil Jomunsi. Là encore, j’ai senti une sorte d’hommage à ces films d’aventure fantastique derrière le texte, sans pour autant sombrer dans le pastiche, loin de là.

L’humour reste naturellement omniprésent, certaines rencontres étant destinées à devenir culte ! Et la présentation de l’éditeur ne nous ment pas en annonçant un “final à couper le souffle”. Il l’est littéralement. Un sacré final, qui nous fait attendre la seconde saison avec une impatience non feinte.

Au bilan, une série comme on aimerait en voir plus souvent, mêlant pulp et série B, hyper référencée, un pur moment de bonheur geek. De quoi se détendre, tonifier ses zygomatiques et cesser de réfléchir le temps d’une lecture, en se laissant porter par les aventures épiques des deux agents de l’Agence B !

Comment, vous n’êtes pas déjà en train de télécharger le premier épisode gratuit ?

En ce vendredi plein de Follow Friday sur Twitter, je vous invite à suivre Neil Jomunsi /@NeilJomunsi et Walrus /@studiowalrus qui publie cette série géniale.

Et vous, que lisez-vous en ce vendredi ? Partagez donc votre lecture sur les réseaux sociaux dans le cadre de VendrediLecture !

La Geste de Klarg le Troll, Première Époque : c’est parti !

La voici, la voilà, la fameuse saga poético-fantasyco-humoristico-épique mettant en scène le Troll qui sera bientôt le plus connu du multivers des Imaginaires.

Bref, il est grand temps de découvrir les 26 Chants composant cette première saison, illustrée avec talent par Marine Karmowski et chapeautée par le Collectif Hydrae. Et si ça vous plait et que vous êtes sages, mon Klargounet rempilera pour une deuxième saison (les contrats sont déjà prêts pour lui et ses compagnons).

Alors qu’attendez-vous ? Un clic sur la couverture, et à vous l’aventure !

KlargLeTroll_NicolasBWulf_Page_01

Et si vous avez aimé, parlez-en sur vos blogs, sur les réseaux sociaux, dans la queue à la boulangerie ou chez le boucher, soudoyez les crieurs publics… en un mot : n’hésitez pas à faire connaitre la Geste autour de vous. 😉

La Geste de Klarg le Troll : la couverture et premiers extraits

À découvrir sans plus tarder alors que nous sommes en train d’apporter les dernières retouches, la couverture (ci-dessous, on peut cliquer dessus pour la voir en plus grand) et quelques pages du PDF à venir (sur le tumblr de Marine Karmowski, où je vous conseille de vous attarder pour découvrir ses réalisations), les trois premiers chants en fait sur les 26 que compte cette première époque de la Geste. Enjoy !

couv-klarg-par-mar-k

La Geste de Klarg le Troll : une version inédite du Chant 1

Alors que les toutes dernières retouches sont en cours (je viens d’envoyer les ultimes corrections du texte), je vous propose aujourd’hui une version inédite du Chant 1 : la version de travail en mode papier/crayon ! Avec de vrais moments de ratures dedans…

Une autre occasion de découvrir ce qui vous attend et de patienter avant la sortie !

klarg-chant1-manuscrit

Klarg le Troll se présente

Alors qu’en coulisses se finalise le prochain numéro du Codex Poeticus consacré à ce cher Troll, je lui laisse la parole (enfin je reprends son « interview » du 21 février 2006, déjà 7 ans…) pour qu’il se présente à vous. Histoire que vous fassiez déjà un peu connaissance.

Viens mon petit Klargounet, n’ait pas peur les gens ne vont pas te manger, n’oublie pas que c’est toi le troll !

Voilà, installe-toi confortablement devant le clavier. Oui, les touches servent à mettre les lettres (on n’est pas mal barré là quand même…). Tu es prêt à répondre aux questions ? Alors vas-y, lance-toi !!! (je tiens à faire une ultime précision, Klarg ne sait écrire qu’en quasi phonétique, veuillez donc excuser l’incorrection syntaxique de tout ce qui va suivre…)

– Qui suis-je ?
Je mapel Klarg, je sui un troll (sa je sé lékrir) pas trè kourageu… Ma moman me disé toujour : « T’es rien quin sale ramaci de morvedelf ! ». A chak foi sa me rendé trist… Paske moi je lémeu bokou ma moman ! Snif…

– Quel âge ai-je vraiment l’impression d’avoir ?
Moi je voudré toujour resté un bébé troll… Mais moman di toujour en me crian decu : « Soi un troll virille kom ton pair ! ». Mé moi je sé pas ce ke sa veu dir…

– Qui me connaît le mieux ?
Personn ! Jé po enkor dami… Snif…

– Je porte toujours ?
La poiss au zotre.

– La chose la plus importante de ma vie ?
Ma vie (sa je sé lékrir oci paske sé ékri o decu !).

– Ce que je fais toujours ?
Fuire kan jé peur !

– Je suis toujours le plus heureux quand ?
Jé kouru plu vitte ke le monstr !

– Le lundi matin vous pouvez me trouver…
Je kompran pas la kession. Cékoi lundi matin ?

– Mon moyen de transport favori.
La kata poulette de tonton Mufthakh ! Cé maran kan el menvoi en lair ! Hihihihi !

– Mes yeux sont…
Kom deufiantes o mille lieu dune fauss apurin (cé moman ki le di ! El é jenti avec moa ma moman !)

– L’objet que je préfère posséder
Lé dan de mon popa ke jé dan une bours au fon de ma poch. Cé mon seul sous venir de lui…

Merci Klarg pour ce portrait de toi !

Maintenant lâche ce clavier, lâche…

Me### mon doigt !

PAF !!!

Saleté de troll dég…

Hem hem ! Je crois qu’on va s’arrêter là pour aujourd’hui ! Retrouvez très bientôt Klarg pour la première saison de ses aventures !

Delag Onak

Edit : Ce texte a été intialement mis en ligne le 14 décembre 2006. Il n’a jamais atteint son destinataire. Tant pis pour lui ! Je pense que je le recyclerai en un « Au Comptoir du Coupe-Jarrets » si un jour je décide de compiler les Bras Cassés, il est parfaitement dans l’esprit.

Voici le texte que je propose pour le concours de Mille-Visages sur les fantômes. Le blog de ce dernier n’ayant pas connu de mise à jour depuis un bon mois, et ne parvenant pas à le joindre pour savoir comment lui transmettre cette courte nouvelle, je la mets en ligne dans les Chroniques pour le moment, et la lui transmettrai dès qu’il sera de nouveau disponible.

Delag Onak

Vrourk, Grink et Prak s’étaient enfin décidés. Aujourd’hui, ils braveraient le Grand Interdit. Ils prirent une grande inspiration et s’engagèrent dans l’allée principale du village.

— Où allez-vous les enfants ? grogna une voix gutturale.

— On va se promener dans le bois Tante Ralg, répondit Grink.

— Ne vous éloignez pas trop alors ! Et soyez de retour pour le dîner. Votre Oncle Baurk a chassé ce matin, et je vais préparer un succulent civet d’humains. Alors tâchez d’être à l’heure !

— Oui, Tante Ralg, lancèrent les trois frères avant de s’élancer en courant vers la forêt.

Aucun enfant orque du village n’ignorait les légendes que contaient les Anciens lors des veillées. Celles qui touchaient au Bois de Vlak étaient les plus effrayantes. Le sage Golg’Rak répétait souvent ses mises en garde. La plupart des rejetons du Clan craignaient les horreurs qui se terraient dans l’ombre des arbres. Et plus encore, les histoires des vénérables ancêtres désignaient un lieu comme le plus horrible qui soit. Delag Onak, le château du vieux clan Mak’Orkod, dont les ruines reposaient en paix au coeur de la forêt. C’était là que les triplés se rendaient.

L’après-midi était bien avancé. Les rayons solaires demeuraient encore lumineux et transmettaient une certaine chaleur au Bois de Vlak. Vrourk et ses deux frères pénétrèrent avec entrain dans la sylve, rassurés en voyant que les ombres restaient en retrait du sentier. Rien ne semblait pouvoir les empêcher d’atteindre leur but.

Ils chantaient en cours de route, beuglant les paroles de Il était un petit vampire ou Il mordait une bergère à tue-tête. Ils jouaient à saute-dragons le long du chemin. Tout à leur amusement, ils ne virent pas la nuit tomber.

Les ombres devinrent plus épaisses, plus menaçantes, n’hésitant pas à venir s’emmêler dans leurs cheveux gras et épars. La lumière de la pleine lune perçait à peine au travers des feuillages. Grink commença à claquer des crocs. Le froid prenait vite possession des ténèbres. La peur s’insinuait dans l’esprit des jeunes orques.

Le sentier fit un dernier détour, et ils pénétrèrent dans la gigantesque clairière qui s’ouvrait autour de Delag Onak. Les ruines les toisaient, comme une mandibule de pierres prête à les engloutir. Une forte rafale de vent s’engouffra dans leur dos. Une branche sembla les pousser dans l’espace dégagé et le jeu de la bourrasque dans les feuilles fut comme un rire moqueur.

Prak se retourna pour se précipiter vers le village, mais la forêt s’était refermée sur leur passage. Il n’y avait plus trace du chemin par lequel ils étaient arrivés. De grands yeux globuleux et injectés de sève brune s’ouvrirent sur le tronc d’arbre, face à lui. En hurlant, le petit orque se précipita dans la direction opposée, ses deux frères lui emboîtant le pas. Ils se réfugièrent dans le château hanté sans même en prendre conscience. Soulagé d’avoir échappé à la menace des arbres vivants, Vrourk s’appuya contre le mur, un peu trop violemment. Une pierre se délogea, en entraînant une autre dans sa chute, puis une autre. Tout un pan de la paroi s’effondra ainsi, dans un vacarme assourdissant.

Qui vient donc m’éveiller de mon sommeil éternel ? tonna une voix gutturale.

Les trois enfants orques poussèrent à l’unisson un cri d’effroi alors que se matérialisait devant eux une silhouette de forte carrure, translucide. L’être immatériel avait une peau verdâtre, des cheveux noirs qui retombaient sur sa cape brune en une longue queue, un regard profond sous ses arcades sourcilières proéminentes. Il sortit de sous sa pèlerine un long cimeterre, venu d’on ne sait trop où.

Je suis Dunk Mak’Orkod, du clan Mak’Orkod. Qui êtes-vous pour venir ainsi me défier sur la terre de mes ancêtres ?

Prak, Grink et Vrourk tremblèrent de tous leurs membres, leurs dents jouant des castagnettes. Le guerrier posa un regard soudain attendri sur les enfants.

Seriez-vous des descendants de ma descendance ? Des Fils du Clan ?

Les frères acquiescèrent de concert, avec vigueur. Le fantôme lâcha son épée à terre et s’assit sur le sol, les jambes croisées.

Ma malédiction se lève enfin alors. Que l’un de vous monte à l’étage et prenne l’épée de pierre aux pieds de la statue.

Grink s’élança vers les escaliers et les monta en vitesse.

─ C’est trop lourd ! cria-t-il à l’intention de ses frères.

Les deux autres enfants orques se précipitèrent alors pour l’aider à porter l’arme, qui pesait en effet un bon poids. En titubant, ils revinrent auprès de Dunk Mak’Orkod.

─ On fait quoi maintenant ? demanda Vrourk.

Vous devez me trancher la tête, pour libérer mon Kik Ning. Seul un enfant du Clan peut le faire. Alors mon âme sera délivrée du maléfice.

En s’y reprenant à plusieurs fois, les trois frères parvinrent à accomplir la volonté du guerrier fantôme. Le spectre se dissipa en filets de brume verte, avec un grand éclat de rire soulagé.

Avec l’impression d’avoir accompli un haut fait, les petits orques retournèrent au village. La forêt ne chercha pas à les ennuyer, elle semblait soupirer d’aise. Certes les garnements se firent gronder par leur tante Ralg, furent privés de cervelle en gelée pour le dessert, mais depuis ce jour, nul ne parla plus des ruines de Delag Onak, qui finirent par être avalées par le Bois de Vlak.

Au Comptoir du Coupe-Jarrets (5)

Edit : Ce texte a été initialement mis en ligne le 1er juillet 2009.

Le sage Kylock observait le ciel par la fenêtre de l’auberge depuis une bonne heure. Ses traits étaient tendus. Dans la salle commune, chacun guettait ses réactions avec appréhension. Mais le vieil homme ne bougeait pas. Si ce n’est sa mâchoire qui se crispait un peu plus à chaque instant. Elle semblait prête à craquer.

Un jeune commis, embauché depuis peu au Coupe-Jarrets, après que son prédécesseur ait été dévoré par un ogre de passage, osa interrompre la concentration du vénérable Kylock.

– Kylock, vénérable Kylock, ne voyez-vous rien venir ?

– Je ne vois que le ciel qui rougeoie et l’herbe qui flamboie.

Le silence fit écho à ses paroles.

– Et qu’est-ce que cela signifie, ô puits de sagesse ?

Kylock se retourna lentement.

– Il va apocalypser… Les dragons volent bas…