La Boîte de Schrödinger, Expérience 1 ~ Michael Roch

9782363761798Qu’y a-t-il dans la Boîte ? Dans celle de Michael Roch, il y a de vieux inspecteurs de police en prise avec des forces occultes et mystérieuses, il y a des asiles d’aliénés qui cachent des secrets impossibles à révéler. Il y a aussi des visions, certainement provoquées par des soirées arrosées mais… les visions ont-elles l’habitude de mordre si fort ? Ici des paysages souterrains et urbains se peuplent de créatures terrifiantes et de peurs ancestrales. Sortir le soir d’Halloween ? Pourquoi pas, si vous aimez les monstres hargneux… De fait, il y a toutes sortes de choses dans la Boîte. Oserez-vous l’ouvrir ?

Nouvelle découverte via Adopte un Auteur, voici un autre recueil de la collection la Boîte de Schrödinger, après celui de Jacques Fuentealba, publié par Walrus. Les “Expériences” sont plus courtes que les saisons (environ le tiers de la longueur). C’est donc Michael Roch que j’ai choisi d’adopter, un choix que je ne regrette aucunement.

Son recueil, et c’est suffisamment rare pour être relevé, présente huit nouvelles qui m’ont presque toutes vraiment emballé à la lecture. Est-ce dû au format court du recueil qui limite le nombre de textes ? Peut-être un peu, car les genres abordés sont moins variés, mais c’est surtout lié au style très fluide dont fait preuve l’auteur.

Le triptyque d’ouverture nous permet de suivre les aventures d’André Despérine, personnages qui aurait pu mériter un plein recueil de nouvelles tant il m’a paru sympathique. Des enquêtes qui ne manquent pas d’humour d’ailleurs. Il va s’en dire que ces trois nouvelles se suivent et sont liées entre elles. J’ai beaucoup apprécié ces enquêtes complètement décalées. Une superbe réussite d’entrée.

Dans la seconde partie du recueil, intitulée Antériorités, deux nouvelles dont un chouette Pathologie, jouant autour du thème classique de la surenchère entre amis se racontant des histoires. Et Deux francs, bien que l’on comprenne rapidement ce qui se passe, est tellement bien menée que je lui pardonne sa conclusion téléphonée.

La troisième partie du recueil, Urbanités, s’ouvre sur Du sang, et de la salive, qui nous place aux côtés de Gaspard, un gars avide de violence qui doit rejoindre sa famille pour le réveillon. Une nouvelle très courte, mais au style direct pas désagréable. La nouvelle suivante, Sous la ville, est l’un des moments qui m’ont le plus enthousiasmé du recueil (juste après les d’ores et déjà indispensables enquête d’André Despérine bien sûr). Tout commence par une soirée d’Halloween, et se termine par… Je vous laisse le découvrir. J’ai beaucoup aimé la façon dont est mené le récit. Ces allers-retours entre les deux temps où il se déroule intriguent et donnent constamment envie de poursuivre sa lecture. La gradation vers le fantastique et l’horreur est bien gérée. Une belle réussite en partant d’une situation initiale peu emballante (mais c’est là le propre d’un bon auteur que de partir d’un thème banal et de le mener de façon originale). La dernière nouvelle Le gnome de Mexico marque peu après ce voyage sous la ville, peut-être la nouvelle qui m’a un peu moins plu que les autres sans pour autant être désagréable à lire.

Adopte un Auteur se révèle une fois de plus être un excellent biais pour découvrir de nouveaux auteurs. Que ce soit Jacques Fuentealba ou ici Michael Roch, ce sont deux belles découvertes que je viens de faire. Leurs autres titres seront forcément attractifs après ce premier contact. N”hésitez pas à les découvrir vous aussi !

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Michael Roch, un auteur à adopter

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Le Tribut

Edit : Ce texte a été initialement mis en ligne le 30 décembre 2005.

Les hommes ont toujours persisté à vivre dans la vanité, l’orgueil, l’égoïsme. Je ne les comprends pas. S’ils connaissaient la réalité, s’ils avaient pris un simple instant de leur précieux temps pour tourner leurs regards vers l’univers et ses conglomérations infinies et insondables, peut-être prendraient-ils enfin conscience de l’inéluctabilité de leur néantisation passée, présente et à venir. Bientôt, la race humaine sera anéantie à cause de son envie constante de connaissance, de son avidité à toujours posséder des moyens d’autodestruction qu’elle ne sait maîtriser. Je sais qu’Il arrive, je l’ai vu au travers des Miroirs du Néant et de l’Infini. Il approche, et bientôt Il sera là. Il détruira l’humanité, peut-être la planète entière si Son appétit est trop grand.

Il a bâti l’homme à Son image, destructeur et manipulateur. Ses pensées sont obscures, impénétrables, incompréhensibles, pourtant Il les instille en Ses Élus. Il est proche. Leurs chants malfaisants et intelligibles aux seules horreurs cosmiques, inconnues de l’homme, se font plus violents, plus chaotiques, plus attirants. Ses sphères protoplasmiques se meuvent au travers des frontières universelles de l’espace et du temps, franchissant le vide stellaire et temporel en bouillonnant, se déformant, dévorant les univers sur leur passage.

Il vient, et Son approche fait grandir en l’homme ses instincts meurtriers. La bassesse humaine, sa folie homicide se déploient en un déluge guerrier, en une orgie sanguinaire et insensée où l’homme se fait tour à tour victime et tortionnaire. Sans que la cause en soit visible à ses yeux, les éléments se déchaînent autour de lui. Les flots issus du limon originel de toute vie envahissent les terres, déferlante diluvienne anéantissant la civilisation humaine. Les océans s’éventrent, laissant à vif les cicatrices suppurantes de magma d’une Terre agonisante. Les ruines cyclopéennes de quelque temple oublié de la mémoire humaine renaissent au cœur des eaux tumultueuses, laissant s’écouler par tout orifice des milliers de créatures céphalopodes, cortèges s’envolant pour ouvrir la route à leur géniteur, le Tout-puissant Seigneur de R’lyeh.

Des volcans à tout jamais éteints se vident à nouveau de leur sang de braise, comme blessés à mort par la divinité païenne et innommable qui approche inéluctablement de la Terre. Sur son passage, les Autres Dieux se lèvent et le saluent, cessant leurs danses impies autour du Sultan des Démons. Même le Chaos Rampant, Nyarlathotep, arrête de divertir Azathoth pour saluer le passage de Tawil at’Umr, Celui dont la vie est prolongée.

Il est si proche que les étoiles se fardent déjà de ténèbres, alors que leur feu intérieur se convulse, agonisant. Les corps célestes cessent leur ballet dérisoire. Le temps se fige. Le Maître de l’Espace et du Temps s’est frayé un passage au travers du Chaos pour réclamer son tribut à l’Homme, à qui Il offrit la Connaissance.

Une fois rassasiées de folie et de destruction, Ses sphères iridescentes s’éloignent, plus vives que la lumière. Derrière Lui ne reste que de titanesques roches inertes, privées de leur soleil et de toute vie.

Le Tribut
Par Baldwulf
Débuté le 4 juin 1998
Complété le 30 décembre 2005

La missive…

Edit : Ce texte a été initialement mis en ligne le 14 mars 2006.

Il arrive parfois des choses curieuses. Comme cette lettre jaunie qui m’est parvenue ce matin. Elle était rédigée en anglais, d’une magnifique écriture calligraphiée. Je n’ai eu que le temps de la traduire rapidement, avant que le papier ne s’effrite complètement, ne laissant que poussière ocre entre mes mains. Je vous livre ici la traduction de cette missive surprenante…

Londres
14 mars 1906

Je ne peux plus supporter ces horreurs qui encombrent mon esprit depuis bien trop longtemps.

En ce jour, j’écris une lettre qui, je l’espère, saura parvenir à son destinataire.

Depuis maintenant trois semaines, je fais chaque nuit un rêve, toujours le même. Je ne comprends pas pourquoi, mais je crois que le fait de transposer sur un support tangible la nature de mon songe pourra m’aider à progresser dans ce que je qualifierais d’errances nocturnes.

Toutes les nuits, mon esprit vagabonde en des temps lointains, en des terres lointaines, celles de l’Égypte antique. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai la certitude que c’est de l’Égypte dont il s’agit. Si je fais cette précision, c’est parce que je n’ai jamais été féru d’histoire et qu’il n’y a donc aucune raison pour que je puisse distinguer cette période d’une autre. Pourtant c’est  le cas, comme si je retrouvais une chose faisant partie de ma mémoire mais que j’aurais occultée pendant tout le début de mon existence. Je n’ai aucun doute, je reconnais cette terre comme si elle était la mienne.

Mon rêve débute toujours de la même façon. Une grande lumière qui emplit tout, qui m’aveugle. Rien d’autre n’existe. Seule cette lumière est présente. Puis elle se fragmente, des taches se forment, brisent son homogénéité, ma vision se sépare en deux parties quasi gémellaires, longitudinalement. Le ciel en haut, le désert en bas. Tout n’est qu’azur et sable. Les reflets de deux mondes que tout oppose, l’un lié au céleste, l’autre au terrestre. Cependant ils sont si similaires, tous deux si monotones dans leur homogénéité chromatique. Puis je sens la chaleur, insoutenable brûlure sur ma peau déjà desséchée, la soif qui m’envahit, charriant un flot de souffrance le long de chacun de mes nerfs. Ma langue est sèche, si sèche. Tout mon être semble une momie en devenir. Par chaque pore de ma peau, ma vie s’échappe en torrents de sueur. La soif. Elle est si forte, si oppressante que je ne sais combien de temps je vais pouvoir y résister.

Puis je vois une improbable nappe d’eau au loin. Tout cela ne peut-être que mirage. Pourtant je cherche à y aller. Je m’approche, de plus en plus. Le vent s’éveille. Le sable commence à s’élever du sol, à m’attaquer, à ronger ma chair dévoilée, abandonnée à ses assauts vindicatifs contre moi qui aie osé troubler la quiétude du désert. Les Djinns se soulèvent, tourbillonnant, de plus en plus nombreux face à l’intrus en ce lieu sacré. Bientôt sphère céleste et sphère terrestre se joignent, deviennent une unique entité. Je sens ma chair qui est arrachée de mes os par lambeaux. La douleur est térébrante, terrasse tout mon être. Puis ce sont les ténèbres. Cris. Réveil.

Et tout autour de moi, je vois les pierres et les colonnes démesurées d’un temple. De titanesques cobras au regard cruel ornent chacun des piliers. Des hommes et des femmes nus, aux corps déformés de manière grotesque, dansent lascivement en scandant des chants incompréhensibles. Leurs ombres se contorsionnent vulgairement sur les parois, projetées par la lumières de braseros.

Je repose sur un autel de marbre, nu, la peau striée de coupures ensanglantées dessinant des symboles ésotériques. Je ne souffre pas. Un curieux détachement m’emplit. Je sens une présence malveillante qui approche, plus près à chaque nouvelle note dissonante du chœur des danseurs.

Jamais je n’ai ressentit pareille haine en une créature. Celle qui arrivait était précédée des fragrances immondes de la malignité. Déjà je vois son ombre qui apparaît, troublée mais suffisamment matérielle pour y déceler toute l’horreur de son apparence. J’imagine déjà une abomination couverte de tentacules suintant d’humeurs visqueuses, venue dévorer notre monde.

Je m’éveille de nouveau, mais dans mon lit. Chaque nuit, ce songe revient me hanter. Et chaque nuit, l’horreur est de plus en plus tangible.

J’ai peur. Et si mes rêves l’aidaient à pénétrer notre dimension ?

Depuis deux jours, je n’ose plus dormir. Lors de mon dernier songe, elle était devenue palpable. Je sentais son odeur méphitique, j’entendais le bruit de succion de ses tentacules sur le sol quand elle se déplaçait. Quand je rêverai à nouveau, elle franchira la porte entre les mondes. J’en suis persuadé. Je résisterai autant que possible au sommeil, même si je dois en mourir.

Je lègue à travers cette lettre mon unique témoignage, en espérant qu’il parviendra entre les bonnes mains et qu’il aidera à combattre cette abomination qui ne devrait pas être. Peut-être faudrait-il

[La suite de la lettre est malheureusement illisible…]

Je reconnais être intrigué par ce message. Pourquoi l’ai-je reçu ? Pourquoi aujourd’hui justement, exactement un siècle après son écriture ? Y a-t-il un rapport avec mon rêve de la nuit précédente ? Beaucoup de questions m’assaillent, et je n’ai aucune réponse…

Nocturne #1 : Encre et ténèbres

Juste une brève note pour signaler la parution du premier numéro de Nocturne : Les Charmes de l’Effroi, fanzine d’horreur qui connait sa résurrection (Herbert West ne doit pas être très loin…). On y trouvera notamment une nouvelle inédite de Syven, se déroulant dans l’univers d’Au Sortir de l’Ombre !

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Chambre close, noirceur à peine percée d’un rai de lumière qui filtre par une lucarne. Vous êtes dans la pièce d’un sous-sol. Vous venez de vous réveiller et vous êtes déboussolé. Cette douleur qui vrille votre crâne ? Vous a-t-on assommé ? Cette douleur dans le cou, ces blessures que vous y palpez, sont-ce des morsures ? Vous tâtonnez autour de vous, mû par une panique soudaine : vous êtes en danger, il faut sortir d’ici, où est la porte ? Vous sentez le bord d’une table et vous y agrippez malgré le liquide poisseux et chaud, à l’odeur métallique, sous vos doigts. Des bêtes rampent et trottinent autour de vous, frôlant vos jambes. Vous vous immobilisez pour calmer votre cour qui menace de rompre votre cage thoracique. Ce bruit que vous percevez enfin. Une respiration ? Vous n’êtes pas seul ! Bienvenue dans l’antre du fanzine de l’horreur. Dans cette pièce sombre, dans ce monde où les ténèbres règnent en maîtresse, venez nous éclairer de votre luxuriante plume et nous révéler une facette supplémentaire de Nocturne !

A commander, par exemple, sur le site d’Amazon !

3 ATs pour le fanzine Nocturne

Je fais suivre les trois appels à textes en cours pour le fanzine Nocturne, LE fanzine de l’Horreur :

AT 18 : « Encre et Ténèbres »

Les larmes du démon brûlent toujours l’âme du poète, qui de sa plume enchanteresse, exhibe ce mal sur un parchemin ardent. L’encre en est la matière, les ténèbres en sont l’inspiration. 
N’avez-vous jamais sondé plus profondément ce marasme noirâtre, aperçu l’infâme portail qui vous mène vers des mondes inférieurs ? N’avez-vous jamais cauchemardé de monstres sordides jaillissant de grossières formules ésotériques ? Laissez libre cours à votre imagination et faites de ces deux termes une sulfureuse alchimie !
Que l’encre engendre l’horreur ! Que les ténèbres encensent vos écrits !

Support de publication: Format papier

Date limite de soumission : 30 novembre 2010 à 23h59.

Genre : Horreur, épouvante.

Nombre de signes (espaces compris) : minimum 5000, maximum 13000 (+/- 5%).

Manuscrit à envoyer via le formulaire de soumission

 

AT 19 : « Toiles et Démence »

La folie se soustrait de sa conscience animale et l’incite à tisser ses funestes fils dans le vide spectral de la nuit. La toile en est le fruit, la démence en est le trouble.
N’avez-vous jamais observé cette toile de maître, vous meurtrissant, de part son exécrable perfection, jusqu’au plus profond de votre âme ? N’avez-vous jamais succombé à l’horreur qui, perfidement, s’affirme sur le web ? Laissez libre cours à votre imagination et faites de ces deux termes un tableau cramoisi !

Que les toiles embaument l’horreur ! Que la démence écorche vos écrits !

Support de publication: Format papier

Date limite de soumission : 31 Mars 2011, à 23h59

Genre : fantastique, horreur, épouvante

Nombre de signes (espaces compris) : minimum 5000, maximum 13000 (+/- 5%)

Manuscrit à envoyer via le formulaire de soumission

 

Projet d’écriture : « les chroniques de Lili »

« Je m’appelle Lili, j’ai 10 ans. Je suis une petite fille blonde et gentillette, aux yeux bleus, qui adore rire et s’amuser. Je vis dans une grande maison lumineuse, avec mon papa et ma maman chérie. Ma tendre maman avec qui je veux me marier quand je serai plus grande ! J’adore le chocolat, et les bonbons qui collent aux dents. Faire de la corde à sauter avec mes copines pendant la récréation, jouer, dans ma chambre, avec mes poupées et les faire parler surtout ! Quand il fait beau, j’aime bien sortir dans la grande cour de la maison, regarder les arbres et les fleurs. »

Qu’est-ce que le projet « les chroniques de Lili » ?
Il s’agit d’un projet d’écriture qui s’articule sur plusieurs épisodes. Un épisode étant traité par numéro, nous aurons donc quatre épisodes