Une seule phrase à retenir pour 2014

Pas de bonnes résolutions que je ne tiendrai vraisemblablement qu’à moitié au mieux, ni de to-do-list-de-la-mort dont je ne bifferai que trois lignes dans l’année, pas d’objectif clairement formulé non plus pour 2014 (même si vous vous doutez que mon LDVELH est LA priorité).

Juste retenir une phrase de Syven et l’appliquer chaque jour de cette année :

Du côté de chez Madeleine

Gros gros coup de nostalgie ce soir dans un magasin d’art. Carnets de croquis en promo, j’effleure la couverture de celui qui est sur le dessus de la pile, et là, c’est la remontée immédiate au travers de ce simple contact.
La texture est la même que celle des agenda que ma grand-mère ramenait de son travail pour que ma sœur et moi ayons de quoi dessiner quand on était gamins. Ces mêmes agendas dans lesquels j’avais ébauché l’écriture d’un premier LDVELH quand j’étais petit.
Tout ça est remonté d’un coup. Presque les larmes aux yeux quand les souvenirs ont afflué. Ce fut intense. Et je suis reparti avec ce carnet, en continuant de me remémorer tous ces bons moments avec ma mémé alors que la couverture continuait à m’envoyer des échos à travers le temps, sa texture sous ma main.
En écriture, on évoque souvent le déclic libérateur qui permet de se lancer ou se relancer dans son projet. Je tiens peut-être enfin le mien.

LA découverte du jour…

Je me posais la question ces derniers temps et après recherche rapide sur diverses librairies en ligne, ouvertes aussi bien aux édités qu’aux auto-édités, en français ou en langue étrangère, sur papier ou en numérique, la conclusion s’est dévoilée dans toute sa splendeur lumineuse :

Peut-être une future façon de me délester de ce nom de plume à la pseudo anglo-saxonne d’une folle originalité avec une initiale pointée en plein milieu… :-/

Cerebration in process…

L’Aube d’un Nouveau (?) Projet

C’est une évidence, je n’avance plus dans la réécriture de La Larme Noire. Trop de questions en suspens sur ce que je veux vraiment faire de ce récit-feuilleton-à-l’écriture-fleuve. Où dois-je mener mes personnages ? Et de quelle façon surtout ? L’idée de refondre beaucoup de choses dedans est très présente à mon esprit, et je ne me sens pas le détachement nécessaire pour cela.

Alors je vais me lancer dans un autre projet qui me titille depuis pas mal de temps maintenant : explorer et exploiter ce que le numérique peut offrir comme possibilités concernant les Livres dont vous êtes le Héros, en abrégé LDVELH. D’où la naissance d’une nouvelle catégorie dans les projets d’écriture.

Pas encore de pitch, ni même d’univers en tête pour cette aventure. Ce sera certainement de la fantasy (univers cybernétique ou pas ?), mais rien n’est figé. Dans mes pensées les plus folles, j’imagine même convertir La Larme Noire en LDVELH. Carrément. Et proposer par la suite la version jeu du récit et la version « linéaire ». Mais ça, c’est une idée folle qui a peu de chances de voir le jour.

J’avais lancé quelques unes de mes réflexions sur Twitter ce matin lors d’un échange avec @fnacbookeur (suivez-le, beaucoup d’infos et de réflexions intéressantes sur la lecture numérique).

De premières pistes que je vais explorer sans trop tarder. Tant de possibilités s’offrent désormais… Au moins, ça va bouger en 2013 par ici !

NaNo 2012

Le NaNoWriMo et moi c’est comment dire… une histoire compliquée. Frustrante. Aucune des éditions auxquelles j’ai participé ne s’est soldée par un succès (à part celle de 2009 où j’avais relativement bien avancé, sans atteindre le but fixé).

Cette année, c’est simple : pas de NaNo de mon côté. Et je pense que c’est une décision valable pour les prochaines sessions également. Pourquoi ? Simplement parce que ce n’est pas ma façon de travailler. Le duo écriture/lecture est une passion qui n’occupe au quotidien que le temps d’un simple loisir, mon quotidien étant déjà bien chargé au niveau professionnel. On pourra me dire que c’est une simple question d’organisation, et on aurait certainement raison.

Mais l’essentiel, c’est que je ne peux pas me forcer à écrire. Durant le mois de novembre comme à tout autre moment de l’année. Lors de mes tentatives, j’ai plus vécu ce moment comme une écriture sous contrainte (ce qui me hérisse l’échine) au lieu d’une écriture avec contrainte (ce qui est stimulant). Et ça, ça ne passe plus. Ce n’est pas pour une question de qualité de ce qui en ressort. C’est la règle du jeu et de toute façon qui proposerait un premier jet à l’édition ? En plus, je trouve ce moment convivial et important pour l’aspect émulation qui peut en ressortir pour certains.

Non, c’est une question de réalisme au bout de la route. Quand tu finis ton mois avec 800 mots au compteur comme l’an passé, que tu penses avoir quand même avancé en ayant des idées et qu’au bout du compte tu n’en fais rien, c’est pas franchement motivant pour la suite. Surtout quand ça se répète d’année en année. Quand je pense à Passé en otage… 10 000 mots durant ce mois de novembre 2009, rien depuis. Mais c’est amusant parce que, quand je relis cet article écrit un an après ce fameux NaNo 2009, je me rends compte que ce roman de fantasy cybernétique avait une barrière pour que je puisse me concentrer de nouveau dessus : apporter un point final à La Larme Noire. Tiens donc. Ne serais-je pas toujours en train de travailler dessus ?

Bref, ce n’est pas fait pour moi ce mois de « compétition ». Ce n’est compatible ni avec mon rythme d’écriture, ni avec ma façon d’aborder un texte. Bien entendu, je vais continuer de plancher sur La Larme Noire, notamment en écrivant une version totalement alternative du premier épisode pour voir ce que rend une idée qui me trotte dans la tête depuis longtemps et que ma lecture récente de La Horde du Contrevent m’a convaincu de tester.

Mais ça c’est une autre histoire, dont je vous parlerai les jours prochains !

Et vous, vous vous lancez dans le NaNo cette année ? Avec quel(s) projet(s) ?

Mener deux projets de front pour mieux avancer ?

Je lisais cet après-midi le bilan que Jean-Basile Boutak tirait de la réécriture qu’il a entreprise. Il s’est lancé dans la reprise d’un texte dont le premier jet a été écrit en 2005. Il a reçu ses premiers retours de bêta-lecture après ce lourd travail. Je vous laisse prendre connaissance de ce dont il retourne directement sur son blog (n’hésitez pas à faire un tour approfondi sur celui-ci, il y a des tas d »articles intéressant à lire).

Ce qui m’a fait réagir, entre autres, c’est qu’il faut absolument que je fasse en sorte de ne pas sombrer dans une certaine forme de lassitude face à un texte qui m’a suivi pendant 16 ans (la moitié de ma vie donc) et que je connais trop bien dans son déroulement.

Du coup, travailler un autre projet en parallèle me semble être une façon de ne pas s’enfermer dans cette seule réécriture et, ainsi, m’éloigner d’une démotivation. Réécrire, ce n’est pas créer. Du moins pas directement. Alors j’ai deux solutions : reprendre un texte du Projet CF et le poursuivre, par exemple Passé en otage (avec des extraits ici et ), qui garde toujours la même aura stimulante ; ou bien me lancer dans une nouvelle pour un appel à textes, celui d’Argemmios par exemple (Berceaux, Vies et Tombeaux) me tente bien. Dans ces deux derniers cas, l’aspect recherche historique/mythologique me botte bien, et ça fait un peu de temps que je ne l’ai plus fait.

Dans premier temps, je vais déjà lire quelques articles sur Babylone et Gilgamesh, histoire de voir si je me lance sur cette piste. Juste que mai 2013, c’est peut-être un peu loin pour être stimulé sur le moment. Il faut aussi que je regarde les AT se terminant en août.

Bilan final

J’ai créé mon propre badge pour cette fin de NaNo. Perdant en quantité (oui seulement 800 mots écrits sur les deux pauvres heures accordées à la « compétition » au cours du mois), mais au moins, des projets à écrire. C’est déjà une forme de victoire en soi. Projets qui se poursuivront bien au-delà de ce mois de novembre, rassurez-vous.

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Rendez-vous en 2012 pour faire moins pire ! 😉

Des nouvelles du NaNo + Bonus

Compteur bloqué à 800 mots. Je n’ai pu me dégager qu’une seule session d’écriture depuis le début du mois.

Peu importe. Le NaNo m’a permis de lancer une idée. Il est déjà une réussite à mes yeux. Et je poursuivrai (ça en même temps tout le monde le fait) au-delà de novembre pour aboutir à un résultat dès que possible.

Bonus, un (forcément) court extrait :

3.

Winilda arrache l’aile de la mouche et regarde la créature qui essaie de battre de celle qui lui reste. Nous nous esclaffons devant le grotesque de cette petite chose qui se débat.

— À ton tour, m’invite Winilda.

J’hésite un instant. Ses yeux noisette fixent avec avidité l’insecte agonisant. Son visage d’ange est recouvert d’un masque presque démoniaque. Bizarrement, je ne l’ai jamais trouvée aussi séduisante qu’en ce moment. Étrange. J’ai envie de lui faire plaisir, de lui offrir sur un plateau tout ce qu’elle peut attendre de moi. Elle pose son regard sur moi et je ne peux que lui obéir. Imitant son geste, je saisis la seconde aile de la mouche, tire dessus. Elle cède facilement et je la lève comme un trophée. Je me sens ridicule et nauséeux, mais j’essaie de n’en rien montrer. Winilda ne doit pas savoir, ne doit pas deviner comme cela m’écœure.

Pour lui en mettre plein les yeux, j’attrape deux pattes de la pauvre créature que nous torturons et les sépare du corps. L’espace d’un instant, les iris de ma voisine semblent flamboyer. Sa respiration devient saccadée et son baiser, inattendu, repousse au second plan tous mes doutes et mon dégoût pour ce que nous faisons subir à la mouche.

Seule demeure la volupté de ses lèvres gourmandes et nos souffles chauds qui les franchissent en se glissant entre les miennes.

Quand je redescends de mon nuage, je sais que ce soir encore je vomirai, que je pleurerai et que Mère s’inquiétera pour moi. Je lui répondrai que ce n’est pas grave, que les cours sont difficiles à l’Académie, et que je m’accroche avec beaucoup d’efforts pour ne pas me laisser distancer, que je fais de mon mieux mais que j’ai peur de ne pas réussir et de la décevoir. Elle me répète que je ne dois pas me préoccuper de tout cela, que tout ira bien et que mon travail portera ses fruits. Que je dois simplement être patient.

Elle ne savait heureusement pas la vérité.

Jamais elle ne se douterait qu’aujourd’hui j’ai encore évité les bancs humides et les pierres froides de l’école pour me rendre dans la forêt avec Winilda, Abélin et Félexine. Comme tous les trois jours depuis deux mois.

J’ai douze ans.

Ça ressemble à quoi ma p’tite dame ?

Hum hum… 10 jours, un bon tiers de NaNo écoulé et quel bilan ? Un changement de projet que je ne débute qu’aujourd’hui. Il suffit de voir le compteur que je viens d’ajouter à droite 138 mots à cette heure. Ça en fait combien de retard ? Je crois que dans ces proportions, cela n’a plus grande importance d’en tenir le compte.

Bref la cata pour m’en tenir à l’objectif fixé. Nouvelle barre à 15 000 mots, ce sera déjà pas mal vu mon rythme d’écriture depuis trois-quatre ans. Retour à mes premières amours, Fantasy, peut-être même en Noghaard. Envie d’une narration différente de ce que j’ai pu faire jusqu’à présent. L’idée est là, globalement, et je me lance enfin dans sa concrétisation. Une novella au bout du tunnel donc. Nom de code pour le moment : Projet Karma. On verra ce que je vais en sortir.

À suivre…