Les 10 livres que vous aimeriez lire cet été

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L’été approche à grands pas et comme l’an passé, l’heure est venue de présenter ma PàL estivale. Comme l’été dernier (souviens-toi…), mon choix se porte exclusivement sur des formats papiers, ma jolie liseuse restant toujours aussi photosensible (toute la zone de l’écran où se pose le soleil n’apparait pas au changement de page, ou plutôt elle est trop pale pour être lisible) et pas question d’emmener la tablette en camping, si camping il y a cet été. Il y aura quand même un bon chargement numérique dans le téléphone, mais ce n’est pas le même confort de lecture.

Bref, voici la liste des 10 pour cet été, avec notamment un revenant de l’an passé.

  1. La Route, par Cormac Mc Carthy
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    L’accroche : L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie.
    Pourquoi je veux le lire : Parce que ces derniers temps, j’ai eu envie de lire quelques récits de survival horror avec des zombies, et que l’on retrouve tous les thèmes de ces récits dans ce roman qui a décroché le Pulitzer en 2007. Parce que j’ai vu le film il y a quelques jours, que j’ai bien aimé et que le livre est a priori plus intéressant à lire. Parce qu’il était déjà dans ma PàL avant de voir ce film, et que ça n’a que confirmé mon envie de le lire.
  2. A Game of Thrones – A Song of Ice and Fire, Book 1, par G.R.R. Martin
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  3. A Clash of Kings – A Song of Ice and Fire, Book 2, par G.R.R. Martin
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  4. A Storm of Swords – A Song of Ice and Fire, Book 3, par G.R.R. Martin
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  5. A Feast for Crows – A Song of Ice and Fire, Book 4, par G.R.R. Martin
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    L’accroche (pour les 4) : On la connait. Westeros. Des prétendants au trône à ne plus pouvoir les compter. Intrigues. Menaces. Affrontements. Morts. Est-il encore besoin de présenter la saga ?
    Pourquoi je veux les lire : Parce qu’il serait enfin temps de le faire. Parce que je ne veux plus me contenter d’une série TV d’excellente facture certes, mais qui ne pourra jamais approcher la richesse de pavés de 1000 pages. Parce que les annonces sur le découpage de ces pavés pour les besoins de la série commencent à m’inquiéter un peu. Parce que les mauvaises surprises, ça passe quand même mieux à la lecture qu’en les voyant (en tout cas pour moi). Parce que j’ai besoin d’une loooooonnnngue saga de fantasy qui ne soit pas ancrée dans l’héritage heroic tolkienique de celle-ci.
  6. Le Puits des Mémoires 1 : La Traque, par Gabriel Katz
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    L’accroche : Trois hommes se réveillent dans les débris d’un chariot accidenté en pleine montagne. Aucun d’eux n’a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venus de l’autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire.
    Pourquoi je veux le lire : Parce que je l’ai gagné lors d’un concours, et que c’est cool, mais aussi parce que j’ai lu des avis plutôt positifs le concernant, enfin pour son pitch séduisant. Parce qu’il était déjà dans la liste des 10 de l’été dernier. Parce que depuis un an, les avis le concernant m’ont confirmé que c’était un excellent récit, et que deux autres tomes sont sortis entre temps.
  7. La Zone du Dehors, par Alain Damasio
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    L’accroche : 2084. Orwell est loin désormais. Le totalitarisme a pris les traits bonhommes de la social-démocratie. Souriez, vous êtes gérés ! Le citoyen ne s’opprime plus : il se fabrique. A la pâte à norme, au confort, au consensus. Copie qu’on forme, tout simplement. Au coeur de cette glu, un mouvement, une force de frappe, des fous : la Volte. Le Dehors est leur espace, subvertir leur seule arme. Emmenés par Capt, philosophe et stratège, le peintre Kamio et le fulgurant Slift que rien ne bloque ni ne borne, ils iront au bout de leur volution. En perdant beaucoup. En gagnant tout. Premier roman, ici réécrit, La Zone du Dehors est un livre de combat contre nos sociétés de contrôle. Celles que nos gouvernements, nos multinationales, nos technologies et nos médias nous tissent aux fibres, tranquillement. Avec notre plus complice consentement. Peut-être est-il temps d’apprendre à boxer chaos debout contre le swing de la norme?
    Pourquoi je veux le lire : Parce que La Horde du Contrevent est tout simplement une de mes grosses grosses claques de 2012, une pure expérience de lecture et une belle leçon d’écriture.
  8. Sorceleur, par Andrzej Sapkowski
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    L’accroche : En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contres ces menaces, un tueur à gages exceptionnel, un mutant devenu le parfait assassin grâce à la magie et à un long entraînement : Geralt de Riv.
    Fidèle aux règles de la corporation maudite des sorceleurs, il assume sa mission sans faillir dans un monde hostile et corrompu qui ne laisse aucune place à l’espoir. Héros solitaire, il n’en fera pas moins d’étonnantes rencontres au cours de ses aventures : une magicienne capricieuse aux charmes vénéneux, un troubadour paillard au grand cœur… et enfin la petite Ciri, l’enfant élue. Geralt cessera-t-il un jour de fuir devant la mort pour affronter son véritable destin ?

    Pourquoi je veux le lire : Parce que je me suis attaché à ce personnage qu’est Geralt de Riv, ainsi qu’à ses compagnons, au travers des deux sublimes adaptations de ses aventures en jeu vidéo (à cette occasion, lisez donc l’analyse que David Osmay fait du scénario de The Witcher 2, c’est passionnant et précis, mais gare aux spoilers). Parce que c’est de la Dark Fantasy, et que le Côté Obscur a toujours quelque chose de séduisant. Parce que la littérature imaginaire de l’Europe de l’Est n’est pas toujours présente sur les étals de nos librairies, à plus forte raison quand elle est d’origine polonaise, et qu’il y aura peut-être une façon un peu neuve de voir les choses (là je crois que je fonde trop d’espoir en Sapkowski quand même). Parce que je m’attends plutôt à quelque chose d’une certaine légèreté malgré tout, un peu comme l’esprit des jeux.
  9. Le Sang des 7 Rois, par Régis Goddyn
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    L’accroche : 25 juillet 806
    Deuxième jour de traque. Depuis le départ du château, la pluie n’a pas cessé de tomber. Je profite d’une roche en surplomb pour abriter le journal et écrire ce premier compte-rendu. Arrivés sur les alpages, nous avons suivi la crête pour trouver des indices. Rien ne nous avait préparés à ce que nous avons trouvé là. Un autre campement avait été édifié à cinquante pas à vol d’oiseau du premier et tout indique qu’alors que nous pensions notre retard considérable,ses occupants s’en étaient allés quelques heures auparavant.
    Pourquoi je veux le lire : Parce que c’est aussi un récit que j’ai gagné grâce à L’Atalante et que c’est toujours aussi cool. Parce que les premiers retours  de lecteurs sont très positifs, que ça semble correspondre à ce que je recherche comme lecture en ce moment. Parce que j’aurais voulu l’attaquer dès que je l’ai reçu, mais que ça n’a pas été possible (mais je me suis rattrapé avec Étoiles perdues, dans lequel je me suis plongé dès réception et que j’ai terminé hier).
  10. D’or, de rêves et de sang : L’épopée de la flibuste (1494-1588), par Michel Le Bris
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    L’accroche : Piet Heyn, qui captura la flotte de l’Or, l’Ollonais qui faisait, dit-on, manger le cœur de ses victimes, Laurent de Graff, le forban mélomane, Morgan, habile au double jeu, Hawkins, sur son Jesus of Lubeck, El Dragon , Francis Drake : ils n’en finissent pas de nous fasciner. Abordages sanglants, pillages, orgies, tortures : d’où vient que la flibuste ait pu nourrir tant de récits, de films, de chants tant de mythes ? Peut-être de ceci, qu’en elle et pour une part obscure de nous-mêmes, nous nous reconnaissons : le monde qui nait dans ces années de feu, de démesure, d’extravagantes dépenses et de dévastations monstrueuses est le nôtre… La flibuste ? Une fabuleuse histoire à découvrir, par delà les clichés et les affabulations. Ainsi, sait-on qu’elle nait un siècle plus tôt qu’on ne le croit, dans le tumulte des guerres de religion ? Qu’elle fut d’abord française et protestante – théâtre d’un affrontement philosophique fondamental ? Ici, dans un fulgurant raccourci se donne à lire tout à la fois la naissance et la fin des utopies modernes : ces brutes féroces étaient aussi des révoltés, rêvant de paradis… Avec D’or, de rêves et de sang, Michel Le Bris renouvelle radicalement notre vision de la flibuste. Voici, donc, racontée comme jamais on ne l’avait fait, l’histoire des origines de la piraterie.
    Pourquoi je veux le lire : Parce que ça fait longtemps que je me suis plongé dans un ouvrage parlant de nos bons vieux flibustiers. Parce que j’ai dans l’idée de lancer un nouveau projet de la saga mettant en scène la famille Dothiriel en 2014 et que ce sera un bon moyen de mettre en place quelques idées neuves. Parce que je l’ai acheté dans la phase préparation d’Esprits Racines (ou celle de Par-delà l’océan ? J’ai un doute finalement).

Et ce n’est que la partie papier du programme. Il y aura certainement quelques lectures numériques entre deux.

Et vous quelles lectures envisagez-vous pour cet été ?

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Les Nécrophiles Anonymes – Tome 1 : Quadruple Assassinat dans la rue Morgue

Lue depuis quelques temps maintenant, voici enfin ma chronique de cette novella de fantastique contemporain, qui ouvre la série Les Nécrophiles Anonymes, de Cécile Duquenne, publiée par les Editions Voy’el et disponible en numérique chez Bragelonne.

Népomucène, préposé à la Morgue, mène une vie tranquille et nocturne en compagnie de Bob, vampire d’environ 150 ans d’âge. Lorsqu’il manque devenir la cinquième victime d’un mystérieux assassin, son ami de longue date mène l’enquête. L’immortel est certain qu’une autre créature surnaturelle a commis le massacre.
Ainsi commencent les aventures des Nécrophiles anonymes.

Cécile Duquenne, je suis son travail depuis de nombreuses années, mais c’est là le premier de ses textes finalisés que j’aie l’occasion de lire.

Et je me suis régalé avec ce texte court, aux personnages fort bien dépeints et d’une truculence tout à fait savoureuse. Format court oblige, l’action se passe très vite, mais n’empêche pas d’explorer la relation ambiguë entre les deux principaux protagonistes que sont Népomucène et Robert Joachim Charles-Henri de Bruyère, aka Bob.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste, et j’ai hâte de les retrouver eux aussi dans le second tome (prévu pour ?). Mention spécial pour Basil, le brocanteur à jambe de bois, plein de surprises. Le personnage d’Edgar, grand spécialiste de l’empaillage, est sympathique mais apporte une touche de vulgarité peut-être dispensable. Quoique sans lui, il n’y aurait pas cette scène de visionnage de Buffy contre les Vampires débouchant sur une révélation… inattendue ! Le clin d’œil à la série est tout à fait dans l’esprit du récit.

Le style est d’une fluidité exemplaire, on dévore cette première aventure avec beaucoup de plaisir. Et bien entendu, le titre n’est pas qu’une simple référence à Poe, sans que l’on soit dans le pastiche pour autant (ce qui me donne envie de me relire quelques unes de ses nouvelles). Ici Bob s’affirme d’emblée comme le pendant de Dupin, dont il partage les impressionnantes capacités d’analyse et de déduction.

Seul (très petit) bémol : Pourquoi faut-il toujours que dans les récits mettant en scène un humain ami avec un vampire, il y ait toujours ce moment où l’humain s’exclame : « Quoi, il n’y a pas que les vampires qui existent ? Mais y a quoi encore ? ». Trop lu/entendu à mon goût. Mais ce n’est qu’un tout petit détail qui n’empêche pas de profiter pleinement de cette première enquête de Népomucène et Bob.

En résumé, c’est donc une très bonne entrée en matière pour cette série fantastique. Le groupe de personnages qui se met en place est attachant, le style d’une fluidité exemplaire. Vivement la suite !

Ma note sur Livraddict : 17/20

À l’ombre du numérique

Ces derniers jours, Épinal accueillait les Imaginales 2012. Comme chaque année, je n’ai pas pu y aller, mais grâce à l’équipe d’Actu SF, je peux au moins accéder aux diverses conférences qui se sont tenues au fil du festival.

L’une d’entre elles a un peu plus retenu mon attention, et c’est la première que j’ai écoutée : À l’ombre du numérique, sous titré Le livre papier a-t-il encore un avenir ?. Stéphane Marsan, directeur de Bragelonne était au micro.

Son intervention est passionnante. Elle aborde aussi bien l’entrée de Bragelonne dans le monde de l’édition numérique, que les choix faits par la maison d’édition face au piratage et la façon dont il faudrait aborder le problème. J’y ai trouvé un état des lieux de la situation actuelle de l’édition numérique très pertinent, proche de ce que j’imaginais.

Ce qui est intéressant, c’est d’entendre parler une personne très impliquée pour améliorer l’offre numérique, mais qui était fort sceptique avant de se lancer. La vision du lecteur, de ce que le numérique peut lui apporter en terme d’accessibilité à la lecture est tout à fait juste.

Un point sur lequel nous sommes nombreux à nous interroger est aussi évoqué : l’offre couplée support papier/support numérique. À titre personnel, j’aimerais pouvoir lire mon texte sur papier quand je prends mon bain, le poursuivre sur mon smartphone quand je suis bloqué dans une file d’attente et le finir dans mon canapé sur ma liseuse. Ce serait super de bénéficier de ces bundles fort attendus. C’est quelque chose auquel on pense chez Bragelonne, mais, et c’est une très bonne idée à mes yeux, à condition d’impliquer les libraires dans la démarche, pour qu’eux aussi se penche sur le numérique.

Vous l’aurez compris, c’est une intervention très complète de près d’une heure que l’on peut (ré)écouter sur le site d’Actu SF.

Conférence : À l’ombre du numérique chez Actu SF

Jon Shannow – Tome 3 : Pierre de Sang

jonshannow-pierredesang.jpgOn en finit avec la trilogie Jon Shannow de David Gemmell. Après un premier tome enthousiasmant et un second moins palpitant, qu’en est-il de cette conclusion ?

Alors que les Cavaliers de Jérusalem déchaînent un raz-de-marée de haine et massacrent les incroyants au nom de la paix, celui qu’on appelait l’Homme de Jérusalem a disparu depuis longtemps.

Jusqu’au jour où l’église de la vallée des Pèlerins est brûlée de fond en comble et ses fidèles assassinés. Alors un cavalier surgit de l’ombre et pourchasse les tueurs. Le loup solitaire est de retour pour combattre le mal dans un monde sans loi !

Mais le dieu qui l’attend au bout de sa route lui réserve un autre sort que la rédemption…

20 ans se sont écoulés depuis L’Ultime Sentinelle. Les Croisés et les Cavaliers de Jérusalem font régner la loi par la force, sous les ordres du Diacre. On sent d’entrée que les événements de la fin du tome précédent ont bousculé les règles bien établies de ce monde de western post-apocalyptique. Seulement voilà, l’intrigue n’est qu’un réchauffé des deux tomes précédents, mêlant une pierre draineuse d’énergie comme dans le premier et un portail par lequel provient le danger comme dans le deuxième.

Bref, pas folichon de ce point de vue, surtout que les rebondissements tombent systématiquement à plat, soit parce qu’ils étaient téléphonés, soit parce qu’ils sont trop évidents (l’épilogue étant un modèle du genre malheureusement…). L’explication sur les portails qui ne permettent pas vraiment de remonter le temps, mais seulement de basculer dans des réalités parallèles, mais en fait qui permettent quand même de traverser le temps, n’est pas des plus convaincantes. Alors quand en prime ça devient un ressort scénaristique à la fois douteux et peu surprenant, ça ne prend pas.

On retrouve les personnages de L’Ultime Sentinelle, personnages cependant moins attachants à mon goût que ceux du Loup dans l’Ombre. L’évolution de Shannow aurait pu être intéressante, mais il apparait finalement peu dans cette conclusion.

Jon Shannow : L'intégraleOn l’aura compris, j’ai trouvé ce tome décevant par un scénario trop convenu, une sensation de déjà-vu tenace tout au long de sa lecture. C’est bien dommage car le style reste toujours aussi agréable et fluide. Pas une seule lourdeur tout au long de l’intégrale de cette trilogie. Du coup, je vous conseille quand même de lire ce court cycle, mais seulement si vous trouvez l’édition spéciale à 10€ réunissant les trois tomes. Sinon, préférez vous concentrer sur le premier tome, Le Loup dans l’Ombre, qui peut se suffire à lui-même et qui a été un très bon moment de lecture, les deux suivants n’apportant pas grand chose à l’univers lui-même, avec une certaine lassitude sur la fin.

Reste un style efficace et un héros qui reste charismatique (mais, parait-il très proche des autres héros solitaires de Gemmell), qui feraient presque oublier les faiblesses dont fait preuve le scénario au fil des tomes. Une bonne lecture de vacances en somme.

Jon Shannow – Tome 2 : L’Ultime Sentinelle

jonshannow-lultimesentinelle.jpegSecond récit de David Gemmell mettant en scène Jon Shannow, le cavalier à la recherche de Jérusalem. Toujours en lecture dans l’intégrale à 10 € parue cette année pour les 10 ans de Bragelonne.

Les portes du temps ont été forcées, et un mal ancestral s’apprête à déferler sur le monde. Seul Jon Shannow, le héros légendaire, peut refermer ce portail. Mais pour ce faire, il doit trouver la célèbre Épée de Dieu.

On dit qu’elle flotte au milieu des nuages, au-dessus des terres périlleuses qui s’étendent de l’autre côté du Mur. On dit que, là-bas,
des bêtes marchent comme des hommes et vénèrent une sombre déesse. Déjà, monstres et démons se réunissent pour empêcher Jon Shannow de mener cette quête impossible. Déjà, quelque part, une femme aux cheveux d’or se met à rêver de sang…

Je l’avais évoqué dans la chronique du premier tome, cette suite apparaît d’entrée bien moins palpitante. Presque décevante au terme de la lecture. Si ce sont les personnages gravitant autour de Shannow auquel vous vous étiez attachés, vous n’en retrouverez aucun ici. Le récit en est presque totalement détaché, si ce n’est les références aux événements du premier tome et les connaissances dont Shannow dispose pour cette nouvelle aventure. La narration est trop virevoltante à mon goût, chaque chapitre étant très court (34 chapitres cette fois-ci contre 13, pour un roman un poil plus court).

L’intérêt ne réside ni dans l’intrigue (très laborieuse à se mettre totalement en place et pas franchement palpitante), ni dans l’univers lui-même (que l’on retrouve avec un grand plaisir, mais pour lequel on apprend bien peu de choses en comparaison des trouvailles, pas toujours originales mais qui avaient le mérite d’être là, du premier tome). C’est certainement l’évolution du personnages de Shannow qui rend ce volume attractif. Se sentant vieux et moins réactif, en proie au doute quant à ses actions, il dévoile des facettes un peu plus complexes de sa personnalité. Ses actes sont du coup bien moins héroïques et impressionnant que dans Le Loup dans l’Ombre.

La lecture n’est pas déplaisante, loin de là, mais après une première aventure qui tenait en haleine, avec des enjeux clairs dès le début, ici on se laisse porter par le style concis de Gemmell, mais sans vraiment s’intéresser aux événements. Et puis le final est quelque peu… tiré par les cheveux !

J’ai lu que c’était pour certains un tome de transition entre le premier et le troisième volume de la trilogie. Après trois chapitres, celui-ci semble en effet retrouver le type de narration du Loup dans l’Ombre, et l’univers retrouve davantage de consistance. A voir…

Jon Shannow – Tome 1 : Le Loup dans l’Ombre

Jon Shannow - Tome 1 : Le Loup dans l'OmbreBref compte rendu en cours de lecture de L’Intégrale de la trilogie Jon Shannow de David Gemmell. J’ai terminé hier le premier tome, Le Loup dans l’Ombre.

La Terre est sortie de son axe de rotation plongeant le monde dans un nouvel apocalypse. Petit à petit, l’humanité s’est reconstruite, mais la civilisation telle qu’on la connaissait a été remplacée par une ère de barbarie et de cruauté.
Dans le chaos ambiant, un homme solitaire en quête de rédemption est à la recherche de la ville mythique de Jérusalem. Son nom : Jon Shannow.
Pour une raison qu’il ignore, il semble avoir éveillé la colère d’Abaddon, le chef d’une gigantesque armée de fanatiques religieux, pratiquant le sacrifice humain afin d’apaiser les Pierres de Sang, morceaux d’étoiles dotés d’étranges pouvoirs.
Mais Abaddon a commis une erreur, car en voulant se débarrasser de Shannow, il a enlevé la seule personne qui compte encore aux yeux de l’errant, Donna Taybard.
Et il ne fait bon se mettre en travers de la route de celui qu’on nomme l’Homme de Jérusalem…

Comme l’indique clairement la couverture, on est dans une ambiance western, version post-apocalyptique. Pour le premier Gemmell que je lis (eh oui…), j’ai trouvé le style fluide et efficace. J’ai vu des critiques disant que c’était une des ses œuvres les moins réussies, sachant qu’il excelle dans la fantasy, j’imagine donc le plaisir qu’il doit y avoir à lire ces récits !

Jon Shannow : L'intégraleCar j’ai adoré ce premier tome. Le personnage de Jon Shannow a un caractère bien trempé et, bien que très borné, il a une personnalité à tiroirs, pas si manichéenne que cela. Et dans le genre homme qui tire plus vite que son ombre, il excelle. L’ambiance générale est assez sombre, l’auteur ne laissant guère d’espoir en décrivant dans un premier temps l’avancée inéluctable des Brigands, puis celle des Enfants de l’Enfer. Une phrase marquante de Jon Shannow pour dépeindre la vie des diverses communautés qu’il croise, après leur avoir apporté son aide :

J’ai toujours été le caillou dans la mare… J’éclabousse la surface et je fais  naître des vaguelettes autour de moi, mais ensuite ? La mare redevient comme elle était.

Autrement dit, ce qu’il fait pour essayer de libérer ces communautés de leurs oppresseurs est vain. Ce qui ne l’empêche pas de continuer.

L’univers dans lequel il évolue dévoile ses secrets au fil du récit et, bien que certaines ficelles faisant le lien entre notre temps et celui du récit soient un peu grosses, les idées sont bien traitées, à défaut d’être originales.

Une série qui démarre de façon fort agréable et dynamique, espérons que les premiers chapitres un peu moins emballant de sa suite, L’Ultime Sentinelle, retrouve vite la verve de ce récit qui peut tout à fait se lire comme un one-shot. Avec un peu de chance, votre librairie préférée disposera encore de l’édition spéciale « 10 ans de Bragelonne » à seulement 10 € pour l’intégrale de la trilogie.

Impromptu : Témoignage de LN

Petit texte, peut-être un peu trop naÏf, mais l’idée m’a trotté en tête toute la journée et me plaisait bien. Rendez-vous à la fin pour quelques compléments sur le sujet abordé.


Témoignage de LN

Je me sens seul. Délaissé. Les gens ont peur de moi, de m’approcher, de m’emmener avec eux. D’ailleurs, le peuvent-ils ? Je comprends leurs craintes. Après tout, c’est naturel puisque l’on a décidé de me mettre sous verrou.

Certains ont voulu mettre de côté leurs réticences initiales, quand ils n’étaient pas simplement ignorants de ma condition. Au bout du compte, c’est moi qu’ils finirent par ignorer, me traitant comme un rebut inutile.

C’est pourtant la triste vérité.

Pourquoi m’avait-on emprisonné de la sorte ? Pour me protéger parait-il. Quelle ineptie que d’entraver ma liberté pour ma prétendue protection ! On voulait me sauvegarder de ceux qui m’exploiteraient malgré moi, m’offriraient en pâture à tous, sans le moindre contrôle de la part de mes prétendus sauveurs. M’avaient-ils seulement demandé mon avis ? S’étaient-ils enquis de mes sentiments, de mes envies, avant de me lier à un seul et unique lieu où livrer mes représentations ?

Je me souviens avec nostalgie de mes précédentes incarnations. Quand j’étais encore un être de cellulose et d’encre. On m’emmenait partout. Toujours une main pour caresser mon corps. Mais pas toujours la même. Et chacune m’apportait un souffle, une personnalité qui lui était propre. On m’offrait, on me partageait, on me revendait. On faisait tout pour que je continue à vivre, même si je quittais pour cela mon domicile initial. Certains disaient qu’ils me libéraient, lançaient de véritables chasses au trésor pour que l’on me retrouve.

J’aimais cette existence nomade, sans attache.

Aujourd’hui, on me confine en un seul lieu, exigu, sans la moindre liberté de vivre les multiples existences qui furent miennes. Pourtant, d’autres aussi sont devenus ces spectres dématérialisés. Mais eux ont conservé leur droit à se reproduire, à s’exiler quand bon leur semble d’un support à l’autre. On les adule, on les glorifie, on les réclame. Ceux qui comme moi sont marqués de leur sceau d’esclave, on les évite. On les conspue.

Protégé je suis. Protégé de devenir ce que je devrais être ? L’extension naturelle de ce que je fus ? Entrer dans cette ère nouvelle, voir mon potentiel démultiplié. Rien de tout ça pour moi. Et pourquoi ? Juste parce que je ne me suis pas réincarné au bon endroit, au bon moment. Entre les bonnes mains.

Je n’ai plus qu’un simple rêve. Que l’on me libère, que l’on fasse sauter ces verrous qui m’isolent et me rendent rebutant. Pouvoir vivre encore toutes les existences pour lesquelles je fus écrit. Avant que je ne meure.

Témoignage de LN

31 janvier 2011


Compléments : Je n’ai pas encore mis en place d’export des articles du blog au format .epub pour leur consultation sur liseuses/tablettes. Mais n’hésitez pas à découvrir un excellent outil pour le faire : dotEPUB.

La question des DRM comme protection des ebooks est sans aucun doute un des enjeux majeurs pour la démocratisation de la lecture au format numérique. De nombreux « petits » éditeurs ont libéré leurs fichiers de toute forme de verrou, évitant ainsi l’écueil sur lequel l’industrie musicale s’est cassée les dents au moment du virage numérique, mais les majeurs de l’édition restent malheureusement frileux et craignent le piratage massif. Alors ils protègent leurs fichiers avec des verrous qui ne pénalisent au final que l’utilisateur qui a acquis légalement son livre, ces verrous ne semblant pas si difficile que ça à faire sauter en prime.

Une liste des éditeurs qui vendent leurs livres sans DRM est disponible sur le blog de Clément Bourgoin. On pourra consulter l’interview de Numeriklivres, où l’équipe éditoriale explique son choix de proposer ses livres sans DRM.

A noter enfin, puisque nous sommes ici dans un des Royaumes de l’Imaginaire, que les ebooks proposés à la vente par Bragelonne, Milady ou encore Le Bélial’ sont eux aussi certifiés 100% sans DRM.