Le Tribut

Edit : Ce texte a été initialement mis en ligne le 30 décembre 2005.

Les hommes ont toujours persisté à vivre dans la vanité, l’orgueil, l’égoïsme. Je ne les comprends pas. S’ils connaissaient la réalité, s’ils avaient pris un simple instant de leur précieux temps pour tourner leurs regards vers l’univers et ses conglomérations infinies et insondables, peut-être prendraient-ils enfin conscience de l’inéluctabilité de leur néantisation passée, présente et à venir. Bientôt, la race humaine sera anéantie à cause de son envie constante de connaissance, de son avidité à toujours posséder des moyens d’autodestruction qu’elle ne sait maîtriser. Je sais qu’Il arrive, je l’ai vu au travers des Miroirs du Néant et de l’Infini. Il approche, et bientôt Il sera là. Il détruira l’humanité, peut-être la planète entière si Son appétit est trop grand.

Il a bâti l’homme à Son image, destructeur et manipulateur. Ses pensées sont obscures, impénétrables, incompréhensibles, pourtant Il les instille en Ses Élus. Il est proche. Leurs chants malfaisants et intelligibles aux seules horreurs cosmiques, inconnues de l’homme, se font plus violents, plus chaotiques, plus attirants. Ses sphères protoplasmiques se meuvent au travers des frontières universelles de l’espace et du temps, franchissant le vide stellaire et temporel en bouillonnant, se déformant, dévorant les univers sur leur passage.

Il vient, et Son approche fait grandir en l’homme ses instincts meurtriers. La bassesse humaine, sa folie homicide se déploient en un déluge guerrier, en une orgie sanguinaire et insensée où l’homme se fait tour à tour victime et tortionnaire. Sans que la cause en soit visible à ses yeux, les éléments se déchaînent autour de lui. Les flots issus du limon originel de toute vie envahissent les terres, déferlante diluvienne anéantissant la civilisation humaine. Les océans s’éventrent, laissant à vif les cicatrices suppurantes de magma d’une Terre agonisante. Les ruines cyclopéennes de quelque temple oublié de la mémoire humaine renaissent au cœur des eaux tumultueuses, laissant s’écouler par tout orifice des milliers de créatures céphalopodes, cortèges s’envolant pour ouvrir la route à leur géniteur, le Tout-puissant Seigneur de R’lyeh.

Des volcans à tout jamais éteints se vident à nouveau de leur sang de braise, comme blessés à mort par la divinité païenne et innommable qui approche inéluctablement de la Terre. Sur son passage, les Autres Dieux se lèvent et le saluent, cessant leurs danses impies autour du Sultan des Démons. Même le Chaos Rampant, Nyarlathotep, arrête de divertir Azathoth pour saluer le passage de Tawil at’Umr, Celui dont la vie est prolongée.

Il est si proche que les étoiles se fardent déjà de ténèbres, alors que leur feu intérieur se convulse, agonisant. Les corps célestes cessent leur ballet dérisoire. Le temps se fige. Le Maître de l’Espace et du Temps s’est frayé un passage au travers du Chaos pour réclamer son tribut à l’Homme, à qui Il offrit la Connaissance.

Une fois rassasiées de folie et de destruction, Ses sphères iridescentes s’éloignent, plus vives que la lumière. Derrière Lui ne reste que de titanesques roches inertes, privées de leur soleil et de toute vie.

Le Tribut
Par Baldwulf
Débuté le 4 juin 1998
Complété le 30 décembre 2005

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Une réflexion sur “Le Tribut

  1. Les anciens commentaires :
    Salut encore moi lol Je te souhaite une Bonne et Merveilleuse Année 2006.;)
    Commentaire n° 1 posté par: Vger(site web) le 31/12/2005 – 21:53:14

    Bravo, un récit digne de Lovecraft.Ca me ramène quelques années en arrière à l’époque où j’étais MdJ à l’appel de Cthlhu. Le bon vieux temps…
    Commentaire n° 2 posté par: Len Janak(site web) le 02/01/2006 – 13:53:07

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