La Compagnie des Bras Cassés (Episode 8)

Edit : Cet article a été initialement publié le 13 février 2006.

La Compagnie des Bras Cassés

Épisode 8 : Où l’on se dit qu’il faudrait quand même trouver un moyen de transport rapide

Vers l’Épisode 1…

Ils marchaient depuis plusieurs jours dans la forêt. Ils avaient de plus en plus de mal à trouver du gibier pour se nourrir. L’eau de pluie leur paraissait insipide. Et pire que tout, ils étaient perdus. Habalorm le leur avait annoncé le jour précédent. Le feuillage des arbres était si dense dans cette partie des bois qu’il était impossible de voir les étoiles pour se repérer à la nuit tombée. Tant et si bien que le bûcheron ignorait totalement où ils se trouvaient.

— C’est bien la peine de jouer les malins et les protecteurs, Môssieur Jesaistout ! avait râlé Nœil. Vous deviez nous guider hors des griffes des zenblogs…

— Des Zanlugs, l’avait coupé Habalorm.

— Ouais ! Bah on s’en fout de comment ils s’appellent ! avait renchérit Qwar. On est perdus au beau milieu du royaume de nulle part, alors ils risquent pas de nous retrouver de si tôt les asticots géants ! Serviteurs de Zorglabak ou pas !

Habalorm s’était éloigné en grommelant, avant de s’asseoir sur une vieille souche pour réfléchir, et surtout pour se calmer. Jamais il ne lui était arrivé de se perdre en forêt. Il avait un sens de l’orientation infaillible. C’était la première fois qu’il lui faisait défaut et cela lui laissait un désagréable arrière-goût dans la gorge.

Depuis, il n’avait pas bougé de cette carcasse végétale, et les quatre compagnons n’avaient pas cherché à l’en déloger, tout heureux qu’ils étaient de pouvoir prendre un peu de repos. Le bûcheron les obligeait à marcher constamment, et ils traînaient les pieds en renâclant. Ils n’aimaient pas devoir se déplacer ainsi, en devant faire fonctionner leurs propres muscles. C’était fatigant, et peu rapide de surcroît. Mais ils devaient reconnaître qu’un cheval aurait eu bien des difficultés à se mouvoir entre les racines qui se terraient, traîtresses, sous les feuilles et les broussailles qui encombraient chaque pouce de terrain. Il leur fallait trouver un autre mode de déplacement. Mais comment faire, perdus en plein cœur de cette forêt ?

Resei se mit subitement à gesticuler avec enthousiasme. Ses compagnons le regardèrent, surpris de tant d’animation chez le magicien.

— Calme-toi ! lança Qwar. Tu bégaies quand tu t’excites de trop comme ça !

Resei prit une profonde respiration et recommença, plus doucement, sa succession de gestes. Ses trois amis l’observèrent avec attention. Un sourire vint éclairer leurs visages. Nœil fut le premier à laisser poindre l’espoir qui venait de naître en eux.

— C’est un plan merveilleux mon ami ! Tu dis que tu peux lancer un sort pour parler aux animaux de la forêt et leur demander de nous guider. C’est fantastique !

Hoops éclata d’un rire un peu niais, tandis que Qwar donnait une accolade de son unique bras au magicien.

— Ha ha ha ! Il peut parler aux animaux ! s’exclama le guerrier. Il peut parl…

Il s’arrêta subitement de rire, ainsi que ses compagnons, sauf Hoops qui continuait à s’esclaffer bêtement.

— Quel plan débile ! conclut le guerrier manchot.

Mais Habalorm n’avait pas perdu une seule miette de cette conversation. Avec la période de disette qui s’annonçait pour eux, c’eût été un comble ! Un sourire énorme rendit à son visage toute la jovialité qui y était inscrite.

— Et s’il lançait le sort sur moi ? proposa-t-il. Je pourrais peut-être parler aux animaux.

Resei le regarda fixement, avec un air quelque peu ahuri, puis il haussa les épaules et se mit à danser en faisant d’amples mouvements des bras, tout en jetant diverses herbes, épices et fleurs. Habalorm donnait peu à peu l’impression de se détacher de ce monde, de planer en quelque sorte. Il entrait en transe, souriant béatement. Il siffla, de façon chaotique, cacophonique.

Un oiseau vint se percher sur son épaule et se pencha à son oreille. Il piailla quelques trilles aiguës, puis s’envola pour disparaître dans l’ombre des feuillages.

— Que t’a-t-il dit ? demanda Qwar.

Un sourire benêt illuminait toujours le visage du bûcheron.

— Il m’a expliqué comment trouver son ami baladin, qui pourra nous offrir de quoi poursuivre notre voyage.

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9 réflexions sur “La Compagnie des Bras Cassés (Episode 8)

  1. Je lirai tous ça plus tard!^^Je viens juste t’annoncert qu’un chaine t’attend sur mon blog!!!!^^Je te remercie aussi pour tous tes com qui tu as déposé à des heures impossible lolBizzzzzzzzzzsugi la fourmiz

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  2. l’autre jour une pensée m’a heuté l’esprit, as tu déjà publié ?
    Ne vas pas considérer ce qui suit comme du fayotage…quoique ^^
    pour être franc, il n’y a que trois auteurs de fantasy que je peux lire, Morcook, Tolkien ( et encore que Bilbo le hobbit) et…toi !
    Pourquoi ?
    Et bien , car les chapitres sont courts, agréables à lire, et surtout tes dialogues sont saisissants de réalismes, ce que je n’arrive pas à faire !
    Donc, je réitère la question, as tu déjà publié ? Si oui, pourras tu me donner les références de ton livre, si non, et bien dépêche toi ^^

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  3. Pingback: Semaine 28- La revue de Web « Agaboublog

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