Ne plus y croire

Article de fond aujourd’hui pour aborder un problème délicat qui se soulève pour moi à l’heure actuelle : que faire quand on ne croit plus en son récit ?
Il faut que je reconnaisse qu’après plus de 14 années à essayer de faire avancer La Larme Noire / L’éclat de Miriel Ithil, je commence à avoir trop conscience des lacunes qui pèsent sur ce qui demeure mon récit le plus long (en taille, pas seulement en temps passé dessus). Jusqu’à présent, ça ne me gênait pas plus que ça, écrire les aventures de Baldwulf et ses compagnons se révélant relativement fun en soi. Et en même temps, une forme de lassitude s’est installée inexorablement au fil des années. Certes, cela m’a fait beaucoup de bien de retrouver ces personnages durant l’été en faisant un peu avancer leurs péripéties, mais j’en arrive au stade où je n’ai plus trop le feu sacré pour poursuivre cette histoire somme toute banale. Il faudrait pourtant y apporter un point final, parce que malgré tout j’y tiens à ce récit.
Alors quoi faire ?

Première possibilité, abandonner malgré tout et passer à autre chose (qui a parlé d’étoffer le Projet CF, aux abonnés absents depuis un an et le NaNo 2009 ?). Solution de facilité, tentante, avec un bel aspect côté obscur de la Force… Mouais. Ca me tente moyennement. Par respect pour mes personnages et pour les lecteurs de cette saga de (trop) longue haleine, il me faut parquer cette solution au pilori pour bien montrer à tous que c’est mal de ne pas finir ce qui a été commencé et sorti de l’ombre.

Deuxième possibilité, bâcler la fin du récit. J’avoue que c’est celle qui me tente le plus actuellement. Un bon deus ex machina, une apocalypse, un bébé chat à adopter qui prend la place de toutes les préoccupations de nos héros, n’importe quelle solution serait bonne ici pour tout faire avorter et aboutir au mot FIN en sifflotant… Malheureusement, ce ne serait pas très honnête non plus et donnerait une impression de film hollywoodien qui a déjà claqué tout son budget alors qu’il restait au bas mot 20 minutes de film à tourner pour une fin cohérente (c’est pas grave les gars, même si c’est pas dit avant, on a qu’à faire comme si le héros y savait conduire un hélico, et qu’il en restait un qui flotte au milieu de l’océan et que comme ça il quitte vite son île, 3 minutes de film et c’est plié). Bref ça le ferait très moyennement.

Troisième possibilité, qui comme l’auront compris ceux qui suivent encore risque d’être celle que je vais suivre, donner à cette aventure une fin décente, un minimum cohérente et acceptable pour le lecteur. Mais là c’est subitement plus difficile. Il faut essayer de laisser de côté son empressement à conclure, oublier que ce récit n’est pas et ne sera probablement jamais publiable, même au prix d’un travail titanesque sur le texte. Au pire certains personnages, certaines scènes, certains lieux connaîtront une seconde vie dans d’autres récits. J’avais quelques idées pour la fin de ce qui devait être un premier tome, mais qui restera un one shot, et ces idées il va me falloir les amener. Tout en prenant en compte qu’elles ne pourront pas avoir exactement les mêmes conséquences que s’il y avait l’optique d’une suite. Nombre de questions devront aussi connaître une réponse (et à ce jeu là, je vais tenter de ne pas être trop mauvais parce qu’avec une aussi longue période d’écriture sans prendre de notes, c’est forcément le gros bordel à ce niveau…) pour que l’adjectif satisfaisante puisse qualifier la conclusion à venir.

Reste la question de la longueur de cette fin. J’ai un chapitre en cours qu’il faut terminer. Avec un autre chapitre ? Un simple épilogue ? Une fin hyper ouverte comme au terme de la série Angel ? Ceci aura aussi une importance capitale. Tout en gardant à l’esprit qu’il ne faut pas bâcler les choses…

Et pendant ce temps là, je n’écris toujours pas. Mais ça vous avez l’habitude !

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6 réflexions sur “Ne plus y croire

  1. Et pourquoi ne pas le laisser reposer encore un peu en attendant de retrouver le feu sacré ? Pourquoi vouloir finir un texte si tu le penses non publiable ? Il vaut mieux attendre d’avoir l’énergie pour le revoir de fond en comble et en faire quelque chose de super. Parfois, il suffit de peu pour faire d’un texte qui ne nous plait pas quelque chose qui dépote. Je ne pense pas que se forcer à écrire ce qu’on n’a pas envie d’écrire soit une bonne chose. Il vaut mieux laisser de côté et revenir à des choses plus plaisantes. Mais ce n’est que mon avis. Quoi qu’il en soit, bon courage à toi.

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  2. Merci pour tes encouragements et conseils Bénédicte !
    Le revoir de fond en comble n’est pas envisageable. Personnages caricaturaux (avec le héros qui devient hyper puissant au fil des chapitres et ses compagnons qui lui sont de plus en plus inutiles), intrigue convenue (le Dark Evil One qui veut revenir), trop d’événements destinés à arriver et donc libre arbitre artificiel des personnages, monde sans réelle particularité… bref c’est une histoire un peu fun, qui m’a permis de faire mes armes, mais qui ne vaut pas la peine d’être retravaillée.
    Elle a reposé deux années pleines sans que le feu sacré ne revienne véritablement de toute façon. Si je ne la termine pas, de toute façon, je sais que son absence de fin va m’empêcher de me focaliser sur un autre projet et parasiter mes tentatives d’écriture. Alors il va falloir que je me force pour boucler la boucle et passer à autre chose ! 😉

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  3. Pingback: Où le Projet CF repointe le bout de son nez « Les Chroniques de Noghaard

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