Ateliers d’écriture 2009 (Episode 2)

Compte rendu de la deuxième séance d’atelier d’écriture !

Je me suis follement amusé durant celle-ci, du coup ma plume a fait davantage mouche qu’à la première séance. Deux textes sont sortis cette fois-ci, correspondant chacun à un exercice.

Le premier a servi d’échauffement. Le but était de décrire un objet commun en prose poétique, à la façon de Francis Ponge. J’ai choisi la page blanche. Le caractère sensuel de ce court texte a été souligné. 🙂

Le second était l’exercice principal. Deux objets parmi ceux qui avaient été décrits furent tirés au sort par une main innocente. Un crayon et un verre. A partir de là, il fallait imaginer… un dialogue entre les deux ! Et je me suis régalé ! Plus en osmose avec ce texte qu’avec celui de la précédente séance, j’ai eu la chance et le bonheur de recevoir quelques éclats de rire sincères durant ma lecture. Ce texte a beaucoup plu !

Je ne pourrai pas assister à la prochaine séance, ce samedi, d’autres impératifs prenant le pas. Mais deux semaines après, je serai de retour pour essayer d’explorer d’autres pistes encore, au gré des exercices proposés… Maintenant, place à la lecture ! 😉

Texte 1 :

Tu me dévisages, tu me nargues, hautaine et immaculée. Ta peau de lait, pure et éclatante, telle la première neige de l’hiver, est une invitation aux caresses, pleines de courbes délicatement déliées. J’oserais sur ton corps, tout en douceur, déposer quelques signes issus du plus intime de mon être, si seulement je savais lesquels. Tu appelles en un murmure quasi magnétique mes mots vers ta surface encore vierge de toute trace. Ô vile tentatrice que tu es ! Car tu sais que ma Muse a déserté l’encre de ma plume et tu sais comme j’ai soif de délivrer mes idées de leurs entraves.

Texte 2 :

— Il était temps ! s’exclama le crayon en tapant du bout de la gomme sur le bureau.

— Que t’arrive-t-il encore ? lui demanda le verre, encore haletant après sa traversée du studio.

— Regarde-toi ! Tu respires avec tant de force que tu en es tout embué.

— Mais ce n’est pas ça qui te met dans tous tes état, je pense ? Tant de sollicitude n’est pas dans ta nature.

— C’est certain ! Mais ai-je demandé à être si dur avec les autres ? Un 4H que l’on a fait de moi. Tu te rends compte ? Je rêve chaque nuit que je suis un 6B, si tendre, prêt à me dissoudre au moindre contact avec le papier. Ou mieux encore, être aquarellable et me fondre dans la moindre larme.

Le crayon soupira bruyamment, fendant quelque peu le bois autour de sa mine émoussée.

— C’est vrai que tu as une sale mine aujourd’hui, glissa malicieusement le verre. Mais tu n’es pas le seul à ne pas vivre le grand destin que tu aurais souhaité. Il faut faire avec. Moi aussi j’aurais voulu être l’hôte des nectars les plus délicats, être ce Graal qu’on ne dévoile aux invités que lors des grandes occasions. Mais ce n’est pas le cas. Un verre à soda gazeux, simple cadeau d’une célèbre chaîne de fast food. Voilà ce à quoi la Création m’a destiné. Pour autant, est-ce que je fais de l’aérophagie ? Non ! Alors tu n’es pas obligé de te comporter aussi durement avec les autres.

— C’est facile à dire pour toi. Avec ton teint, les pailles ne fuient pas. Tandis que moi, on m’évite. Je ne marque pas assez les rares feuilles sur lesquels je passe.

— Euh… tu sais, répliqua le verre, le rose fluo n’a pas bonne presse ces derniers temps. C’est plutôt le grand retour du transparent et des paillettes.

— Mouais… Mais comme tu le disais, ce n’est pas pour ça que je t’ai bippé.

— Je me doute bien que tu ne m’aurais pas fait quitter l’égouttoir où je dorais la pilule juste pour papoter. Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?

— Eh bien… J’ai un rencard ce soir avec une jeune et jolie feuille un peu sanguine, et j’aurais bien besoin d’une petite coupe histoire de réussir à esquisser quelques courbes sur sa surface.

— Je ne vois toujours pas en quoi ça me concerne, rétorqua le verre en étouffant un baillement.

— Un de mes… euh… amis est tailleur et a accepté de me redonner gratis une mine plus digne et piquante. Seulement, il est un peu maniaque (tu sais bien comment sont les tailleurs, ajouta-t-il en flanquant un coup de gomme dans les côtes du verre) et ne voudrait pas salir le bureau. Alors te voilà !

— Super… J’ai encore le fond humide, tes copeaux vont me coller au c…

— Ah non ! Pas de vulgarité s’il te plaît, le coupa le crayon.

— Je t’y verrais toi, si le fouet te demander de le remplacer pour faire la pâte à crêpes ! T’aurais l’air fin avec ta mine enfarinée !

Le crayon le regarda, interloqué.

— Tu veux dire que…

— C’est ça. Débrouille-toi tout seul ! Salut !

Et le verre repartit comme il était venu, conscient que de toute façon on avait davantage besoin de lui ailleurs.

— Ah, sentir les bulles caresser ma peau presque lisse, songea-t-il alors que l’humain qui partageait leur habitat le remplissait.

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6 réflexions sur “Ateliers d’écriture 2009 (Episode 2)

  1. Merci à vous trois ! 🙂
    En effet, pas besoin d’épée, de dragon, de prophétie, de peuple à sauver ici, je trouvais que le récit avait déjà une bonne part d’imaginaire dans son essence même (mais sommes-nous vraiment certains que les objets ne parlent pas entre eux sans que nous le sachions…). 😉

    *divague un peu à partir de cette heure… ferait mieux d’aller se coucher…*

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