Bilan de l’appel à textes « A corps et à cris » pour Solstice

    Voici le bilan du premier appel à textes auquel j’aie participé. Il s’agissait d’un appel du webzine Solstice des Editions 5ème Saison sur le thème "A corps et à cris". J’avais envoyé deux écrits : un poème (Sanctuaire) et une nouvelle (L’instinct du prédateur). La réponse a été négative pour les deux. Pour autant, je suis très satisfait du retour.
    Pour Sanctuaire, je dois reconnaître avoir fait une belle bourde puisque les poèmes ne font pas partie de la ligne éditoriale de Solstice. Donc refus immédiat. Par contre, j’ai eu la confirmation que ce long poème méritait d’être retravaillé et que sa chute était vraiment inattendue. C’est surtout le début qu’il va me falloir revoir, un peu lourd à la lecture. Je le savais maladroit par rapport à la seconde moitié, j’en ai une vérification ici. Il reste à l’améliorer, et à le proposer à l’occasion à un autre appel à textes en rapport avec la poésie.
    En ce qui concerne L’instinct du prédateur, il s’agit d’une nouvelle qui cadre avec le sujet et la ligne éditoriale. Des points positifs et des encouragements ressortent de la critique que j’ai reçue. Le style, le point de vue employé, la façon dont est mené le récit ont été salués, l’accent ayant été mis sur les descriptions qui ont été bien appréciées. Par contre, on m’a reproché un manque de fil conducteur au récit, un aspect un peu désordonné de l’évolution des sensations du narrateur, ce qui perd le lecteur en cours de récit, et le fait décrocher de sa lecture.
    C’est malheureusement un de mes gros défaut sur ce style de nouvelles. Je favorise une focalisation interne sur l’état d’esprit du narrateur, en restreignant les perceptions extérieures. Du coup, il manque des éléments au récit pour bien le comprendre. Le narrateur étant lui-même perdu au coeur de ses perceptions. J’ai tendance à oublié que cela perd le lecteur, qui n’a pas en tête certains détails qui sont limpides pour moi. Je sais que c’est un point qu’il va falloir travailler, et ma prochaine nouvelle destinée à un appel à textes en tiendra compte (d’autant qu’elle sera encore une fois pour Solstice).
    Au final, je ressors avec une grande motivation malgré ces refus, car j’avais peur d’avoir à retravailler mon style d’écriture (je craignais qu’il ne soit jugé trop lourd à la lecture). Au contraire, à travers cette critique de ma nouvelle, on m’encourage à poursuivre dans cette voie et à conserver cette façon d’écrire. Maintenant je sais ce qu’il me faut travailler pour améliorer mes textes, il ne reste plus qu’à le faire !
    Pour finir, voici le début de L’instinct du prédateur. Si vous souhaitez lire la nouvelle dans son intégralité, n’hésitez pas à me contacter.

L’instinct du prédateur

    J’entre dans la pièce avec un soupçon d’appréhension. La nuit est totalement opaque, un impénétrable rideau de ténèbres. Un léger courant d’air caresse ma peau couverte de sueur, me hérissant l’échine. Chaque parcelle de mon être vibre en parfaite harmonie avec tout cet environnement a priori hostile. Une cabane au milieu d’une forêt inconnue, la demeure de quelque trappeur qu’un ours affamé a sûrement dévoré pour son petit déjeuner, tel est le lieu où je cherche refuge pour la nuit. Le sommeil, la faim sont si forts. Je ne peux plus y résister. Pas de lumière. L’obscurité m’a envahi quelques instants auparavant. Je souffre de la morsure du froid sur ma chair tuméfiée. Que m’est-il donc arrivé ?
    Je me souviens avec peine de bribes incohérentes des dernières heures. Tout s’entremêle. Une route. Un animal. Choc. Bruit. Puis plus rien. Ou plutôt si. La pluie. Partout. Omniprésente, oppressante. Et la nuit, les arbres, partout autour de moi. La douleur. Le sang qui ruisselle sur mon corps meurtri. Un éclair. Le tonnerre. Des craquements. La douleur. Si vive, obstruant le corridor de mes pensées pour n’y laisser que l’empreinte indélébile de la souffrance. Puis un cri, dans le lointain. J’essaie de progresser dans sa direction approximative. Là encore je sens poindre la douleur, manifestation primaire d’un être conscient qui cherche à obtenir une quelconque aide de la part d’un de ses semblables.
    J’approche toujours et encore du lieu d’agonie de cet être de souffrance qui revendique de toute la force de sa voix son droit à l’algie. Peut-être déciderai-je d’abréger sa peine, peut-être augmenterai-je celle-ci. Je ne le sais pas encore. Néanmoins je continue d’avancer, presque mécaniquement, en prenant peu à peu conscience du fait que mon entêtement à vouloir en savoir plus ne vient que de cet instinct immanent à l’animal et qui le pousse à affronter avec une satisfaction presque morbide la douleur de ses semblables.
    Aussi subitement qu’il avait brisé le silence nocturne, le cri se tarit, se tût complètement. Mon unique point de repère venait de s’éteindre. C’est alors que commence à monter la peur, cette terreur ancestrale inscrite dans l’inconscient collectif, la peur qui étreint le solitaire lorsqu’il se retrouve pris au piège d’un lieu inconnu, cette phobie incoercible que je n’ai jamais pu réfréner.

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5 réflexions sur “Bilan de l’appel à textes « A corps et à cris » pour Solstice

  1. Ce qui est remarquable, c’est que Solstice renvoie des commentaires! C’est vraiment professionnel et encourageant. Voilà qui change des sempiternels: "Nous sommes au regret…"!
    Bonne chance!

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  2. J’aime bien ce genre d’article, ça montre vraiment la démarche qui te fait entrer dans le monde de l’écriture et tout ce qui s’y rattache.Tout n’est jamais négatif, tu as raison, et au contraire, certains refus, s’ils sont motivés, te poussent à améliorer, revoir et peaufiner un écrit alors que tu n’y songeais peut-être que vaguement. Que du bon quoi!Bonne journée et bon courage pour la réécriture alors… (déjà, tu sais où cibler: la lourdeur, donc, alléger le tout, comme une coiffure pour que ça ne fasse pas trop tignasse choucroutée, comme on dit)

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  3. Bon, que dire, sinon que tu as la bonne démarche. Et que l’écriture de nouvelles, c’est pas simple (surtout quand on aime écrire des pavés), mais que c’est formateur 🙂 Alors tu as bien raison de vouloir travailler certain points !
    Sinon, pour le début de texte, je sais où trouver la suite :)Bizz d’un apprenti à un autre,Syven

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  4. Pingback: Nouvelle inédite : L’instinct du prédateur « Les Chroniques de Noghaard

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