Quête du soir, espoir… enfin pas toujours !

Une fois n’est pas coutume, parlons un peu de votre serviteur et de sa dernière dépouille, pas plus tard que ce soir…

Comme cela arrive parfois à ce brave chevalier, Baldwulf s’est rendu dans la cuisine de son château, pour y faire la popote. But de cette héroïque quête culinaire : faire une succulente flammenküche pour sa Douce et lui-même. Cette épreuve digne des légendes les plus légendaires, le sieur Bald l’a déjà accomplie avec succès à maintes reprises, et s’attendait à en faire de même une fois de plus, sans rencontrer de farouche opposition de la part des ingrédients.

Premier adversaire à vaincre, et non le moindre, les oignons. Eh oui ! Cette quête a ceci de difficile que l’épreuve la plus douloureuse est celle qui vient d’entrée… N’écoutant que son courage, notre valeureux héros occit donc trois beaux oignons, armé d’un simple couteau, et les découpe en petites lamelles. Un combat épique et sanglant, dont il ressortira le visage innondé de larmes, le pouce et l’index de la main gauche entaillés. Mais il aura vaincu !

Vient ensuite l’épreuve des lardons à ne pas carboniser dans la poêle, avant de se débarasser de la matière grasse qu’il aura fait sourdre des petits dés fumés, via le supplice du bûcher. Et comme ce formidable héros des temps modernes sait se montrer un bourreau parfaitement intraitable, les pauvres lardons pourtant déjà frits devront endurer en sus le supplice de la cuisson avec des oignons. S’ils avaient encore eu de la graisse à pleurer, croyez qu’ils l’auraient fait plutôt deux fois qu’une durant cette immonde torture.

Dernière épreuve, celle de la pâte. Et face à cet ultime adversaire, le courageux chevalier se prend les pieds dans le tapis. L’eau était-elle trop chaude ? Présente en trop grande quantité ? Avait-il ajouté trop d’huile à la pâte ? La légende ne le dit point. Seule certitude, c’est qu’une fois la garniture déposée, agonisante, sur cette pâte (au préalable protégée d’un fin drap de fromage blanc) à la texture inhabituelle, la substance flasque et visqueuse n’a jamais voulu véritablement cuire dans le four, malgré près d’une heure sur le bûcher. Elle restait désespérément liquide, ou presque, tandis que la pauvre garniture affrontait les pires touments qu’une telle fournaise pouvait engendrer, desséchée, assoiffée, brûlée par la chaleur.

Notre infortuné héros parvint néanmoins à sauver ce repas catastrophique du mieux qu’il put, bien aidé en cela par le mage Luss Thukru, qui lui avait concoté de quoi  se sustenter le lendemain midi sur la champ de bataille…

Mais l’histoire de la tarte flambée qui ne voulait pas cuire ne s’arrête pas ici ami lecteur. Car le sieur Baldwulf dans sa grande stupidité bonté… enfin bref après coup, décida malgré tout de goûter sa création quelque peu pâteuse. Tout ce que retiendra la légende, c’est qu’au moment où je vous conte cette histoire, il connaît encore certaines aigreurs d’estomac !

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5 réflexions sur “Quête du soir, espoir… enfin pas toujours !

  1. Ca sent le vécu!!!
    Moi, les oignons, je prends un malin plaisir à les émincer, même quand la recette ne l’impose pas (juste pour me venger!!!)
    Mais bon, quelques larmes pour un bon repas, ça le fait quand même!!!

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